Premier cours à 9H00, bâtiments adaptés au réchauffement climatique et moins de pression sur l’orientation: il y a presque un an, ces propositions, au coeur des actuelles revendications des lycéens, avaient déjà été faites par une convention citoyenne, dont le gouvernement n’a rien fait, regrettent ses participants.
La mobilisation lycéenne massive commencée il y a une semaine, «fait un écho très fort à la convention citoyenne», relève Morgane Josses, 34 ans, co-présidente de l’association constituée avec d’anciens participants à la Convention citoyenne sur les temps de l’enfant organisée sur l’année 2025.
Dans les blocus et les manifestations lycéennes, les revendications portées rejoignent «les constats qu’on avait faits: un rythme inadapté aux besoins physiologiques des jeunes, organisé principalement autour des contraintes des adultes (...), un manque de temps libre et une pression forte surtout au lycée et à l’approche de Parcoursup», poursuit Mathieu Alison, 45 ans, également co-président de l’association.
Pendant six mois, la Convention sur les temps de l’enfant avait réuni au 133 citoyens adultes tirés au sort et 20 jeunes de 12 à 17 ans. Elle a été organisée par le Conseil économique, social et environnemental (Cese) - chambre consultative du Parlement représentant la société civile - en réponse à une demande du président Emmanuel Macron et du Premier ministre de l’époque François Bayrou.
Depuis le rapport rendu en novembre 2025, une rencontre a eu lieu en début d’année avec le ministre de l’Education Edouard Geffray, qui a renvoyé à la présidentielle de 2027 tout débat sur les rythmes scolaires, puis fin septembre au ministère de la Culture sans suite à ce stade, rapportent les participants.
Des «suites très légères» de la part de ceux-là mêmes qui avaient demandé la tenue de cette convention, estime Mathieu Alison, relevant néanmoins que certains partis politiques ou organismes se sont saisis des travaux dans le cadre notamment des municipales passées ou de la présidentielle à venir.
«Sur un exercice de démocratie participative, le fait qu’il y ait eu zéro retour est frustrant», regrette Morgane Josses.
«Ce qui était une alerte il y a un an est aujourd’hui exprimé directement par une partie de la jeunesse, alors écoutons-les», a plaidé sur Instagram l’association de la Convention citoyenne sur les temps de l’enfant.
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«Ce qui se passe à l’heure actuelle n’est pas étonnant. (...) C’est bien dommage que nous n’ayons pas été entendus, ça aurait quand même pu montrer à ces jeunes qu’ils étaient écoutés», considère Marie-Josée Balducchi, membre du Cese au nom de l’Union nationale des associations familiales (Unaf), qui faisait partie du comité de gouvernance de la convention. Elle évoque un «goût amer» laissé par «tout ce travail», mais compte continuer à interpeller les pouvoirs publics sur les préconisations de la convention.
Parmi les vingt propositions formulées par la Convention citoyenne, plusieurs concernaient l’organisation du temps d’apprentissage, avec notamment un recul à 9h du début des cours au collège et au lycée, une pause déjeuner d’une heure et demie minimum et une semaine scolaire de cinq jours pleins, mais moins denses, ainsi que la mise en place d’un plan pour le bâti sur 20 à 30 ans.
«Je pense que (les lycéens) disent avec leurs mots ce qu’on disait à l’issue de la Convention citoyenne: il faut pouvoir améliorer le système éducatif pour qu’il soit pensé pour eux et pas l’inverse», estime Mme Josses.
Après plusieurs jours de blocage d’établissements, le Premier ministre Sébastien Lecornu a écrit dimanche une lettre à plusieurs de ses ministres avec une feuille de route sur cinq chantiers à mener notamment sur les professeurs non remplacés ou la rénovation des bâtiments scolaires.
«Cela faisait clairement partie des alertes qu’on a laissées il y a un an et il aura fallu attendre que ça s’envenime pour qu’il y ait une vraie démarche publique sur ces sujets», regrette Morgane Josses.




