L’association professionnelle Justicia Guardia Civil (Jucil) a saisi la Audiencia Nacional (la haute juridiction pénale espagnole) suite à la fuite massive d’un fichier contenant les données personnelles de près de 1.000 policiers nationaux, gardes civils et militaires espagnols.
Le document en question, qui compte près de 500 pages, compile noms, prénoms, photographies, numéros de téléphone, identifiants Telegram ainsi que des contacts issus des répertoires personnels de certains agents ciblés, selon les révélations publiées sur cette fuite.
Le fichier s’ouvre sur un en-tête écrit en russe portant la mention «Liste des forces de sécurité espagnoles». Bien que la diffusion du document soit attribuée par la presse spécialisée au groupe de pirates informatiques prorusses NoName057, les autorités espagnoles n’ont pas encore confirmé officiellement cette paternité.
La Police Nationale et le Centro Nacional de Inteligencia (CNI, les services de renseignement) ont ouvert une enquête afin de déterminer l’origine de cette brèche et l’objectif visé par une telle publication. De son côté, l’association Jucil a exigé que les investigations établissent si ces données ont été dérobées à la suite d’une intrusion illégale dans des systèmes informatiques, des appareils mobiles, des comptes personnels ou des bases de données institutionnelles.
Dans sa plainte déposée devant la Audiencia Nacional, l’organisation réclame l’identification formelle de tous les acteurs impliqués dans l’extraction, la compilation et la diffusion de ce document confidentiel.
Jucil exige également l’adoption en urgence de mesures conservatoires visant à retirer ou bloquer l’accès au fichier partout où cela reste possible. Parallèlement, l’association demande la mise en sécurité de toutes les preuves numériques indispensables pour retracer le parcours du document et identifier les canaux de diffusion, notamment sur la messagerie Telegram.
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L’organisation syndicale tire la sonnette d’alarme: le croisement de ces informations sensibles pourrait permettre d’identifier, de géolocaliser ou de contacter directement les agents concernés. La mise à disposition de ces données expose en outre les forces de l’ordre à des risques accrus de surveillance, d’ingénierie sociale, d’usurpation d’identité, d’intimidation ou de ciblage malveillant.
«La sécurité et la vie privée de nos collègues gardes civils ainsi que de leurs familles ne peuvent servir de monnaie d’échange ni être exposées en toute impunité sur Internet», a martelé le secrétaire général de Jucil, Ángel Lezcano.
L’organisation a mis ses services juridiques à la disposition des adhérents impactés, leur recommandant de conserver toute preuve de la publication de leurs données, de redoubler de vigilance face aux tentatives de fraude ou d’usurpation et de signaler immédiatement le moindre contact suspect.
Il appartient désormais à la Audiencia Nacional de décider de la recevabilité de la plainte et de l’ouverture d’une instruction judiciaire. Pour l’heure, les autorités n’ont pas encore déterminé si ces informations proviennent d’une faille de sécurité unique, ni arrêté le nombre exact de personnels affectés.




