Élections au Brésil: Lula et Flávio Bolsonaro espèrent l’emporter dès dimanche

Élections au Brésil: duel Lula-Bolsonaro. (Photomontage)

Le président brésilien de gauche Lula et son rival conservateur Flávio Bolsonaro ont bouclé samedi leurs campagnes par de grands bains de foule, affichant tous deux leur confiance dans une victoire dès le premier tour de l’élection présidentielle, dimanche 4 octobre.

Le 04/10/2026 à 07h32

Luiz Inácio Lula da Silva, qui brigue un quatrième mandat à bientôt 81 ans, a parcouru la mégalopole de São Paulo, dans le sud-est du pays, entouré d’une foule vêtue de rouge, la couleur de son Parti des travailleurs (PT), qui a occupé la célèbre avenue Paulista.

L’ancien syndicaliste a brandi l’étendard de la souveraineté durant la campagne, mettant en garde contre une ingérence du président des États-Unis, Donald Trump, qui a dit suivre «de très près» l’élection.

«Je lutterai de toutes mes forces (...) pour le peuple brésilien, qui vaincra l’extrême droite», a lancé Lula. À ses yeux, l’élection se résume à un combat entre «la démocratie et la souveraineté», d’un côté, et «la barbarie et la corruption», de l’autre.

«Demain, nous gagnerons les élections au premier tour», a-t-il assuré.

C’était déjà à São Paulo qu’il avait terminé sa campagne il y a quatre ans, avant de battre de peu, au second tour, son prédécesseur Jair Bolsonaro, père de son principal rival cette année.

Comme le faisait son père, actuellement en résidence surveillée, Flávio Bolsonaro, sénateur de 45 ans, a réuni des centaines de motards pour un cortège dans l’intérieur de l’État de São Paulo.

Il espère profiter de la progression de la droite en Amérique latine, notamment en Argentine et en Colombie, encouragée par l’administration Trump.

«Allez, le Brésil veut un changement!», a lancé le parlementaire dans une vidéo, appelant à trancher «en une seule fois dimanche», afin d’éviter un second tour le 25 octobre.

Le sondage Datafolha publié samedi, réalisé auprès de 4.006 personnes, crédite Lula de 45% des intentions de vote parmi les suffrages valides, contre 42% pour Flávio Bolsonaro, avec une marge d’erreur de deux points. Un second tour sera organisé si aucun candidat n’obtient plus de la moitié des suffrages valides.

«Make Lula president again»

À l’appel de Lula, des milliers de sympathisants ont défilé à São Paulo, certains portant des casquettes ou des tee-shirts frappés des mots «Make Lula president again». Un clin d’œil au slogan trumpien «Make America great again».

«Le Brésil a besoin de quelqu’un qui défend les couleurs de notre drapeau, pas de quelqu’un qui veut le livrer aux États-Unis», estime Tiago Lorureto, comptable de 35 ans.

Donald Trump n’a pas soutenu ouvertement Flávio Bolsonaro, mais il l’a reçu à la Maison Blanche en mai. Le président américain est un allié de Jair Bolsonaro, qui purge une peine de 27 ans de réclusion pour tentative de coup d’État contre Lula.

«Trump doit intervenir»

«Trump doit intervenir. (...) Aujourd’hui, nous ne vivons pas en démocratie. Nous, les gens simples, n’arrivons pas à avoir une vie digne», dit Eliane Boscolo, femme au foyer de 47 ans.

Elle a rejoint un parc de la localité de Santa Bárbara d’Oeste, où des files de motos et de 4x4 se sont formées pour le cortège baptisé «Caravane de la victoire». Conduite par Flávio Bolsonaro, la manifestation a parcouru une vingtaine de kilomètres jusqu’à la ville voisine d’Americana.

Flávio Bolsonaro, qui cherche à capitaliser sur le mécontentement lié au coût de la vie et à l’insécurité, portait le maillot jaune de l’équipe nationale de football, avec les mots «Mon parti, c’est le Brésil».

À la différence de son père, il n’est pas monté sur une moto, mais s’est juché sur un camion en tête du cortège.

Lula et le fils Bolsonaro se sont attaqués sans répit avant le scrutin. Il n’y a toutefois eu aucune confrontation directe entre eux lors de débats télévisés.

La campagne a été marquée par plusieurs affaires, notamment une enquête visant le sénateur conservateur pour corruption et blanchiment d’argent.

La droite rappelle sans relâche que Lula a été emprisonné en 2018 et 2019 pour corruption, avant que sa condamnation ne soit annulée pour des motifs de procédure.

À la veille du premier tour, certains électeurs avaient encore du mal à se décider, telle Patricia Catherine de Sousa, 35 ans, habitante de Rio de Janeiro: «Comme c’est déjà demain, je fais des recherches pour pouvoir bien voter, pour ne pas le regretter après.»

Par Le360 (avec AFP)
Le 04/10/2026 à 07h32