Avant les élections, Israël rend hommage aux victimes de l’attaque du 7-octobre

Une Israélienne se recueille au mémorial dédié aux victimes des attaques du Hamas de 2023, sur le site du festival Nova à Réïm, dans le sud d'Israël, le 6 octobre 2026. (Photo d'Ilia YEFIMOVICH/AFP). AFP or licensors

Israël rend hommage mercredi aux victimes de l’attaque du Hamas il y a trois ans, juste avant des élections marquées par la mémoire du 7 octobre 2023, journée la plus meurtrière de l’histoire du pays dont les défaillances sécuritaires n’ont toujours pas fait l’objet d’une enquête indépendante.

Le 07/10/2026 à 09h01

À Réïm, sur le site du festival de musique Nova, pris d’assaut lors de l’attaque du mouvement islamiste lancée depuis la bande de Gaza, des proches des victimes ont observé une minute de silence à 06H29 (03H29 GMT), heure précise du début de l’attaque qui avait fait plus de 360 ​​morts.

«C’est la minute qui a changé nos vies à jamais», a confié à l’AFP Katia Zohar, mère de Bar, tuée à l’âge de 23 ans à Nova. «Je me souviens de tout», dit-elle, «le moment où elle m’a appelée pour que je vienne la chercher parce qu’il y avait des missiles dans les airs. Puis (...) quand elle a appelé depuis la route, en hurlant qu’on lui tirait dessus».

Ces commémorations interviennent en pleine campagne électorale, à l’approche des élections législatives prévues en Israël le 27 octobre, - les premières depuis le 7-Octobre -, et sont aussi les premières depuis l’entrée en vigueur, l’an dernier, du cessez-le-feu à Gaza, territoire ravagé par la guerre menée par Israël après le 7-Octobre.

Des cérémonies sont prévues tout au long de la journée dans plusieurs endroits du pays pour rendre hommage aux victimes de cette attaque sans précédent qui a entraîné la mort de 1.221 personnes, selon un décompte de l’AFP. Ce jour-là, 251 personnes avaient également été enlevées et emmenées à Gaza, dont 44 corps.

Trois ans après l’attaque, les appels se poursuivent en Israël en faveur de la création d’une commission d’enquête indépendante sur les défaillances sécuritaires ayant marqué cette journée.

«Terriblement désolée»

Naftali Bennett, un ancien Premier ministre qui a reproché à l’actuel chef du gouvernement Benjamin Netanyahu de ne pas avoir empêché l’attaque, s’est joint aux personnes en deuil à Nova. «Ce fut un échec colossal de l’État d’Israël», a-t-il déclaré aux journalistes.

Dès 06H29, le parti de gauche israélien d’opposition Les Démocrates a mis en ligne un site internet retransmettant en temps réel les émissions des chaînes d’information telles qu’elles avaient été diffusées le matin du 7 octobre 2023.

«Nous ne devons permettre à aucune entité de remodeler notre mémoire. Les images des civils qui se sont levées et ont agi alors que l’État ne venait pas», a fustigé sur X Yaïr Golan, chef du parti.

Au milieu des portraits de victimes ornés de fleurs, Anna Davitashvili, 53 ans, a rendu hommage à son fils aîné Shaun, tué à l’âge de 25 ans à Nova aux côtés de ses amis, en diffusant le dernier morceau de musique techno sur lequel les fêtards dansaient lorsque l’attaque a commencé.

«Je suis terriblement désolée de ne pas avoir pu le sauver», dit-elle, les larmes aux yeux. «Il me manque.»

Également présent sur le site, Bruno Retailleau, le candidat du parti Les Républicains à la présidentielle française, a déclaré que le Hamas avait «défiguré» la cause palestinienne par son attaque, qui a déclenché la guerre à Gaza et contribué à l’embrasement d’un parti du Moyen-Orient, divisant profondément les opinions publiques à travers le monde.

En représailles au 7-octobre, Israël a lancé une vaste offensive dans la bande de Gaza qui a fait plus de 74.200 morts, selon le ministère de la Santé du territoire palestinien, placé sous l’autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l’ONU.

Des journalistes de l’AFP présents sur le site du festival Nova, près de la frontière, ont entendu mercredi de fortes explosions provenant du territoire palestinien. L’hôpital al-Chifa de la ville de Gaza (nord) a rapporté que deux personnes avaient été tuées dans des frappes israéliennes.

La veille, Israël avait ordonné à son armée de renforcer sa vigilance, en invoquant des renseignements sur de possibles attaques du Hamas contre ses forces.

À Gaza, la situation humanitaire reste désastreuse malgré un fragile cessez-le-feu négocié sous l’égide des États-Unis et entré en vigueur en octobre 2025. Des centaines de milliers de Palestiniens vivent toujours sous des tentes ou dans des abris temporaires.

Par Le360 (avec AFP)
Le 07/10/2026 à 09h01