Région de Casablanca-Settat: la moitié des projets au point mort

Abdellatif Maâzouz, président du conseil régional de Casablanca-Settat.

Abdellatif Maâzouz, président du conseil régional de Casablanca-Settat. . DR

Revue de presseÀ six mois de la fin de son mandat, le Conseil régional de Casablanca-Settat n’a pas réalisé la moitié de son Programme de développement régional 2022-2027. De nombreuses voix au sein de la majorité ont profité de la session d’octobre pour dénoncer ce qu’elles appellent l’usage de la « fraude langagière » dans la présentation de résultats erronés de ce programme quinquennal, dont 45% des projets n’ont pas vu le jour après plus de quatre années de gestion. Les détails dans cette revue de presse tirée du quotidien Assabah.

Le 06/10/2026 à 21h17

Lors de la session d’octobre du Conseil régional de Casablanca-Settat, tenue en présence du wali de la région, il a été constaté qu’après plus de quatre années, le Programme de développement régional affichait un taux de réalisation de seulement 55%. Dans son édition du mercredi 7 octobre, le quotidien Assabah rapporte que ce constat amer ne vient pas de l’opposition, mais des rangs mêmes de la majorité chargée de sa gestion, composée du Rassemblement national des indépendants (RNI), du Parti authenticité et modernité (PAM) et de l’Istiqlal (PI). Cet écart est d’autant plus inquiétant qu’il ne reste que quelques mois pour achever ce programme quinquennal. Pire, il était prévu, dès son lancement, que 45% du programme seraient déjà mis en œuvre au cours des six premiers mois.

Plusieurs voix de la majorité ont critiqué l’écart abyssal entre «la mise en œuvre du programme, qui reste du domaine des déclarations d’intention, et les réalisations concrètes, puisque la moitié des projets et des engagements pris n’ont même pas atteint le stade de la mise en œuvre, malgré un lancement il y a quelque cinq ans». Elles ajoutent que «cette situation soulève de sérieuses questions quant aux raisons des retards et à la capacité du Conseil à transformer les accords et les moyens financiers correspondants en réalisations concrètes».

À l’instar de l’opposition, qui a toujours pointé du doigt de nombreux « dysfonctionnements qui retardent la mise en œuvre des projets, ainsi que les lenteurs procédurales qui révèlent un déficit chronique de gestion et un manque de coordination entre les différents intervenants », la majorité reprend aujourd’hui ces critiques à son compte. Est-ce à cause du divorce qui vient d’être consommé entre le Tracteur et la Colombe? Probablement. Cela sans parler des conventions qui n’ont jamais dépassé le stade de la programmation ni, a fortiori, atteint celui de l’exécution.

Selon les données dévoilées au cours de cette session d’octobre, le Conseil a adopté 123 projets inscrits au Programme de développement régional, pour une enveloppe de 39 milliards de dirhams. Leur taux de réalisation n’a finalement atteint que 55% après plus de quatre années. Quid alors du budget colossal consacré aux projets restés sur le papier ? Une telle question se pose avec acuité quand on sait que la région de Casablanca-Settat est la plus importante du Royaume, non seulement par son poids économique et démographique, mais aussi par son Programme de développement régional 2022-2027, dont la réussite aurait servi de référence nationale.

Même si la gestion de ce programme peut être considérée comme complexe au vu du nombre d’intervenants (secteurs gouvernementaux, collectivités territoriales…), il n’en reste pas moins que toute la responsabilité en incombe, politiquement du moins, à la majorité actuelle qui pilote le Conseil. La modification récente de conventions relatives à l’eau potable, à l’assainissement et à la réutilisation des eaux usées révèle, d’autre part, que certains projets ont été mal ficelés dès le départ, selon des critiques émanant, là encore, des rangs de la majorité.

Par le360
Le 06/10/2026 à 21h17