En quelques heures, pas moins de 87 migrants d’origine maghrébine et subsaharienne ont échoué sur les côtes des Baléares. Selon EFE, la première intervention a eu lieu dans la nuit de mardi, lorsque la Garde civile a intercepté «12 personnes d’origine maghrébine sur le littoral de Cala Barca, dans la commune majorquine de Santanyí».
Au cours de cette même nuit, quatre opérations distinctes ont permis d’intercepter et de porter secours à 75 migrants au large et sur les côtes des Baléares. Tout d’abord, la Garde civile et le Sauvetage maritime sont intervenus à un demi-mille au sud de l’île de Cabrera pour secourir 21 personnes d’origine subsaharienne. Un deuxième bateau transportant 27 personnes de même origine a ensuite été localisé à 4,6 milles plus au sud.
Plus tard, 15 personnes d’origine maghrébine ont été recueillies à 19 milles de Cabrera, avant qu’un dernier groupe de 12 migrants maghrébins ne soit intercepté directement sur la côte, à Cala Galiota. Ces migrants proviennent majoritairement d’Algérie, principal vivier de ce corridor selon Frontex. Et chaque arrivée ressemble aux autres: bateaux de fortune, naufrages programmés, une route dont personne n’a endigué l’expansion... Car ces migrants ne sont que le symptôme d’une fuite structurelle depuis Alger.
Entre janvier et août, Frontex a compté 6.654 ressortissants algériens qui ont traversé clandestinement vers les îles Baléares ou le sud de l’Espagne continentale. Ils représentent 40% des 15.909 migrants ayant emprunté cette route méditerranéenne.
Sur un an, la route Algérie-Espagne a gagné 34%. C’est le seul passage en expansion depuis l’Afrique du Nord vers l’Europe. Les autres itinéraires s’effondrent: les Canaries accusent un recul de 58%, l’Italie de 55%, la Grèce de 25%. On apprend que les tactiques des passeurs ont évolué. Ils privilégient la dispersion via des «bateaux-taxis» ciblant successivement Alicante, Murcie, Almería et les Baléares.
Aucune concentration en un point du littoral ne trahit l’axe, rendant le dispositif espagnol réactif mais fragmenté. Plus récemment, une deuxième route émerge. Le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés a enregistré 2.498 arrivées algériennes en Sardaigne à la fin septembre 2026, contre 983 l’année précédente. Le doubling de cet axe signale une nouvelle géographie de l’exode.
Tebboune promet... les Algériens fuient
Selon les données de Frontex du 11 septembre, les Algériens sont la troisième nationalité des entrées clandestines en Europe, devancés seulement par les Bangladais et les Soudanais. Sur tous les trajets confondus, 7.910 Algériens ont rejoint clandestinement le Vieux Continent entre janvier et août 2026.
Dans son nouveau bavardage périodique, le président algérien Abdelmadjid Tebboune promet un produit intérieur brut atteignant 400 milliards de dollars d’ici le premier trimestre 2027. La croissance algérienne devrait dépasser 3,8% annuels, avec un potentiel de 4,02%.
Parallèlement Abdelmadjid Tebboune a mis en avant le succès de 20.000 projets d’investissement comme preuve du retour de la confiance dans l’économie nationale. Ces annonces s’accompagnent d’un discours martelé: l’Algérie possède des réserves pétrolières et gazières. Pourtant, sa jeunesse fuit.
Les statistiques macroéconomiques d’Alger ne retiennent personne. Chaque jour, des centaines de jeunes algériens préfèrent l’incertitude d’une traversée en mer aux perspectives que leur pays leur promet depuis le rivage. Les promesses de croissance et de stabilité économique n’ont pas arrêté la migration... Elles ne l’ont même pas ralentie.




