Une croissance solide de 4,5% en 2026 selon le FMI, mais une économie menacée par les fluctuations des marchés mondiaux

Le siège du Fonds monétaire international à Washington

Revue de presseAlors que le Fonds monétaire international prévoit un rythme de croissance de l’économie marocaine de 4,5% en 2026, soutenu par une inflation maîtrisée et un chômage en baisse, le Royaume doit faire face à une nette dégradation de son solde courant. Entre chocs énergétiques, tensions géopolitiques et réformes des aides publiques, analyse des perspectives et des défis majeurs qui attendent l’économie nationale dans un environnement mondial incertain. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Les Inspirations Eco.

Le 14/10/2026 à 20h38

Dans ses dernières prévisions sur l’économie mondiale, le Fonds monétaire international esquisse pour le Maroc le portrait d’une activité résiliente, mais confrontée à d’importants défis extérieurs. L’institution de Bretton Woods anticipe ainsi une progression du produit intérieur brut national de 4,5% en 2026, dans le prolongement d’une croissance estimée à 4,9% pour l’exercice 2025. Même si un léger tassement est envisagé à 4, % pour l’année 2027, le Royaume conserve un rythme de croissance supérieur aux moyennes mondiales, qui devraient plafonner à 3,1% puis à 3,4%. «Cette trajectoire témoigne de la capacité du pays à maintenir un niveau d’activité soutenu, en dépit d’un contexte macroéconomique international perturbé par la multiplication des chocs géopolitiques et commerciaux», indique le quotidien Les Inspirations Eco du 15 octobre.

Cette dynamique favorable s’accompagne de signaux encourageants sur le plan de la stabilité macroéconomique interne, à commencer par une maîtrise remarquable de l’évolution des prix. Alors que l’inflation mondiale devrait tourner autour de 4,7% en 2026 sous la poussée des coûts énergétiques et alimentaires, la hausse des prix à la consommation au Maroc resterait contenue à 0,9%, avant de remonter très légèrement à 1,4% en 2027. Dans le même sens, le marché du travail montrerait des signes de détente progressive, avec un taux de chômage projeté à 12,2% en 2026 puis à 11,3% en 2027, contre 13% en 2025. Si ces perspectives dessinent une amélioration notable de l’emploi, elles ne préjugent pas encore de la qualité intrinsèque des postes créés ni de leur répartition au sein de la population.

En contrepartie de cette vitalité, les équilibres extérieurs du Royaume se dégradent nettement, ce qui constitue l’un des enseignements les plus préoccupants du rapport. Le déficit du compte courant devrait en effet bondir à 4,9% du PIB en 2026, contre 2,4% un an plus tôt, soit un creusement brutal de 2,5 points en douze mois. Bien qu’une résorption partielle soit attendue à 4,1% en 2027, le besoin de financement extérieur restera nettement plus lourd qu’auparavant. «Pour une économie structurellement importatrice de ressources brutes comme le Maroc, ce déséquilibre reflète une sensibilité directe aux fluctuations des marchés mondiaux, à la volatilité des matières premières et aux tensions qui pèsent sur l’approvisionnement mondial», écrit Les Inspirations Eco.

La facture énergétique demeure le principal facteur de vulnérabilité de cette trajectoire économique. Travaillant sur la base d’un baril de pétrole estimé à 95,74 dollars en 2026 et à 87,39 dollars en 2027, les analystes du FMI rappellent que des cours soutenus pèsent lourdement sur les coûts de production et les finances nationales. Même si l’économie mondiale a fait preuve d’adaptation grâce à la diversification des sources de ravitaillement et à l’efficacité énergétique, sa capacité d’absorption face à d’éventuels nouveaux chocs pétroliers s’amenuise. Dans ce contexte, la persistance de tensions au Moyen-Orient fait courir le risque permanent d’une hausse imprévue du coût des importations, venant alourdir la charge des ménages comme des entreprises.

Face au risque de crises répétées du coût de la vie, le rapport consacre une analyse approfondie à la pertinence des instruments d’intervention publique. Le FMI y démontre l’incurie relative des subventions généralisées sur les produits de première nécessité, estimant qu’elles exigent entre 3 et 22 fois plus de ressources budgétaires que des aides financières ciblées pour offrir un niveau de protection équivalent aux ménages modestes. L’institution invite donc fermement les gouvernements à abandonner les soutiens aveugles au profit de transferts monétaires directs et temporaires, seuls capables de préserver le pouvoir d’achat des populations les plus exposées tout en garantissant la viabilité des finances publiques à long terme.

Ces projections s’inscrivent dans une économie mondiale de plus en plus polarisée, oscillant entre repli commercial et accélération technologique. D’un côté, la multiplication des barrières douanières et des conflits géopolitiques bride les échanges traditionnels; de l’autre, les investissements massifs dans l’intelligence artificielle stimulent la productivité des nations les plus avancées. Ce paysage à deux vitesses favorise les économies intégrées aux chaînes de valeur technologiques, tandis que les pays dépendants des importations énergétiques restent exposés au renchérissement des coûts. En définitive, si le Maroc parvient à maintenir le cap d’une croissance solide, la fragilisation de son compte courant rappelle la nécessité de renforcer ses fondamentaux face aux incertitudes mondiales.

Par La Rédaction
Le 14/10/2026 à 20h38