Économie: un net ralentissement de la croissance malgré le rebond agricole

Selon le HCP, au deuxième trimestre 2026, la croissance de l’économie marocaine a marqué le pas, s’établissant à 4%, contre 5,8% un an auparavant.

Revue de pressePorté par la forte embellie du secteur primaire, le PIB national s’est accru de 4 % entre avril et juin 2026. Toutefois, ce dynamisme agricole masque un net essoufflement des activités non agricoles et un repli du secteur secondaire, tandis que la demande intérieure reste le principal moteur de l’activité, malgré un investissement en décélération et un besoin de financement accru. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien L’Economiste.

Le 30/09/2026 à 21h03

Au deuxième trimestre 2026, la croissance de l’économie marocaine a marqué le pas, s’établissant à 4%, contre 5,8% un an auparavant, selon les données publiées par le Haut-Commissariat au Plan. «Ce ralentissement global intervient malgré un net rebond du secteur primaire, dont la valeur ajoutée a bondi de 21,2%. Cette hausse a été portée par la bonne santé de l’agriculture et le redressement de la pêche, dont la valeur ajoutée a progressé de 15,9 %, après une contraction de 8,5% l’année précédente», indique le quotidien L’Economiste dans son édition du jeudi 1er octobre.

En revanche, le tableau s’avère bien plus contrasté pour les activités non agricoles, dont la progression s’est limitée à 1,5%, loin des 4,9% enregistrés un an plus tôt. Le secteur secondaire s’est ainsi contracté de 3,9%, contre une hausse de 5,8% au deuxième trimestre 2025. Cette chute est particulièrement visible dans les activités extractives, qui ont accusé une forte baisse de 28,6%, après une progression de 13,7%, ainsi que dans les industries de transformation, qui ont reculé de 3,2%, contre une hausse de 4,3% un an auparavant. Le secteur de la construction a également ralenti, affichant une progression de sa valeur ajoutée de 2,8%, contre 7,6%. Il en va de même pour la production d’électricité et d’eau, dont la croissance est passée de 3,8% à 1,9%.

Du côté des services, la croissance a atteint 4%, contre 4,5% l’année précédente, témoignant d’une résistance relative malgré des dynamiques hétérogènes selon les branches. La croissance des activités financières et des assurances a accéléré pour atteindre 7,7%, tandis que l’éducation, la santé et l’action sociale ont progressé de 6,4 %. L’hébergement et la restauration ont, quant à eux, maintenu une hausse soutenue de 6,6 %, bien qu’inférieure aux 9,5 % précédents. «Le commerce et les transports ont vu leur croissance ralentir, respectivement à 2,8% et à 2,7%», écrit L’Economiste.

La demande intérieure est demeurée le principal moteur de l’activité économique, progressant de 5%, contre 7,5%, et contribuant à la croissance à hauteur de 5,6 points. Les ménages ont renforcé leur contribution grâce à une hausse de leur consommation en volume de 4,1%, faisant passer leur contribution directe à la croissance de 1,1 à 2,3 points. Celle des administrations publiques s’est établie à 0,8 point, pour une augmentation de leur consommation de 4,6%. En revanche, l’investissement brut, bien qu’en hausse de 6,8% en volume, a vu son rythme de progression fortement décélérer par rapport aux 20,3% enregistrés un an auparavant, réduisant sa contribution à la croissance de 8,3 à 2,4 points.

Sur le plan extérieur, les échanges ont continué d’afficher un solde défavorable, mais moins pénalisant. La croissance des exportations de biens et services a accéléré pour atteindre 7,6% en volume, contre 3,6%, tandis que les importations ont progressé de 9,1%, après une hausse de 12,1%. La contribution des échanges extérieurs à la croissance du PIB est ainsi restée négative, à -1,6 point, mais elle a été moins pénalisante que les -4,5 points enregistrés au deuxième trimestre 2025. Enfin, la situation macroéconomique fait apparaître un besoin de financement accru de l’économie, qui atteint 5% du PIB, contre 2,4% un an plus tôt. L’épargne nationale s’est établie à 30,6% du PIB, tandis que l’investissement brut a atteint 35,6%, creusant de 2,6 points de PIB l’écart entre les ressources dégagées et l’investissement.

Par La Rédaction
Le 30/09/2026 à 21h03