À Laâttaouia, les premiers jours de la campagne oléicole sont marqués par des perspectives contrastées. Dans les vergers comme sur les étals du marché de gros, les professionnels s’attendent à une récolte moins abondante que celle de l’année dernière, tout en misant sur la qualité du produit local. Une situation qui se répercute déjà sur les échanges commerciaux et les prix pratiqués en ce début de saison.
Selon plusieurs agriculteurs et professionnels interrogés sur place, la production d’olives devrait enregistrer un recul estimé entre 25 et 30% par rapport à la campagne précédente, particulièrement généreuse. Ils attribuent cette baisse à plusieurs facteurs, notamment les conditions climatiques et le retard pris dans les opérations de récolte lors du précédent exercice agricole.
À cette diminution des volumes s’ajoute la hausse des charges supportées par les producteurs. La cueillette représente notamment un coût supplémentaire, avec une rémunération de la main-d’œuvre qui atteint désormais environ 1,50 dirham par kilogramme d’olives récoltées. Une dépense qui pèse davantage sur les exploitants dans un contexte où les quantités disponibles s’annoncent moins importantes.
Au marché de gros de Laâttaouia, la campagne commence également à se dessiner à travers les prix et le rythme des transactions. Les olives destinées à la trituration ou à la conservation se négocient entre 4 et 4,50 dirhams le kilo. Certaines variétés réputées pour leur qualité, désignées localement sous les appellations de «selaâ bida» ou «machqouq», atteignent, quant à elles, environ 5 dirhams le kilo. Du côté de l’huile d’olive nouvelle, les prix oscillent entre 45 et 50 dirhams le litre. Les écarts dépendent notamment de la qualité des olives, du procédé d’extraction et du type de moulin utilisé.
Démarrage de la saison de récolte et trituration des olives à Laâttaouia dans la province d'El Kelaâ des Sraghna (M.Lamrikhi/Le360).
Mais au-delà des prix, c’est surtout la prudence qui caractérise les premiers échanges. Les commerçants constatent une activité encore relativement modérée, en partie liée aux stocks d’huile de la précédente campagne que de nombreux ménages détiennent toujours. Cette disponibilité contribue à freiner les achats de la nouvelle production et à maintenir un certain équilibre entre l’offre et la demande en attendant l’accélération de la récolte.
Malgré les perspectives de baisse des volumes, les professionnels restent attachés à la réputation de l’huile d’olive de Laâttaouia. La qualité du produit demeure l’un des principaux arguments mis en avant par les producteurs et les commerçants, qui accordent une attention particulière à la période de récolte. Les olives cueillies entre la fin du mois d’octobre et novembre sont notamment appréciées pour les caractéristiques de l’huile qui en est extraite.
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Certains consommateurs évoquent également une faible acidité de certaines huiles produites dans la région, qui pourrait descendre sous la barre de 1%. Un indicateur associé à la qualité de l’huile d’olive vierge extra, même s’il ne suffit pas, à lui seul, à en déterminer le classement. Les conditions de récolte, de stockage et de trituration restent tout aussi déterminantes pour préserver les propriétés du produit.
Les méthodes d’extraction, qu’elles soient traditionnelles ou modernes, occupent elles aussi une place importante dans cette recherche de qualité. Les professionnels soulignent leur rôle dans la préservation des caractéristiques organoleptiques de l’huile, notamment sa saveur et son arôme, qui participent à la réputation de la production locale.
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Au-delà de son poids agricole, la campagne oléicole constitue un véritable moteur économique pour Laâttaouia et ses environs. Elle fait vivre agriculteurs, ouvriers saisonniers, commerçants et propriétaires de moulins, tout en donnant un coup d’accélérateur à l’activité commerciale locale.
Alors que les opérations de récolte et de trituration doivent s’intensifier dans les prochaines semaines, les regards se tournent désormais vers l’évolution des volumes disponibles et des prix. Pour les professionnels, l’enjeu sera de maintenir la qualité de l’huile locale tout en composant avec une récolte annoncée en recul et un marché qui reste, pour l’heure, dans l’expectative.



