À El Hajeb, l’un des principaux bassins de production d’oignons du Royaume, le stockage de la nouvelle récolte a démarré début octobre. Cette étape pèse autant que la récolte elle-même: elle conditionne la qualité du produit et sa commercialisation tout au long de l’année. Une partie de l’excédent est par ailleurs orientée vers les marchés africains et européens.
À Bouderbala, localité rurale dans la province El Hajeb, la caméra du média Le360 a constaté un recul net des entrepôts traditionnels, appelés localement «grayer» ou «chichouarat». Les unités frigorifiques les remplacent peu à peu et attirent un nombre croissant de producteurs. Exposées aux aléas climatiques et à l’humidité, les méthodes anciennes ont montré leurs limites, avec des pertes en quantités stockées.
Younes Souini, agriculteur de la région, indique que le recours aux unités frigorifiques a connu une nette affluence cette année, qu’il devient difficile pour plusieurs producteurs d’y décrocher une place. Selon lui, la récolte de la campagne en cours est de meilleure qualité que celle de l’an dernier, marquée par une baisse sensible de la qualité des oignons.
Il rappelle que les conditions climatiques et les précipitations de la saison pluviale ont influé sur la production. Le problème de l’eau persiste néanmoins pour certains agriculteurs, qui n’ont pas pu couvrir les besoins d’irrigation de leurs exploitations.
Toujours selon Younes Souini, l’oignon quitte actuellement les exploitations à un prix compris entre 3 et 4,70 dirhams le kilogramme. Quant aux modes de stockage, il précise qu’environ 80% des agriculteurs de la région se sont tournés vers les unités frigorifiques, tandis que 20% s’en tiennent aux méthodes traditionnelles. Le stockage au froid protège le produit des variations de température, du vent et de la fraîcheur excessive. Il limite aussi les risques de détérioration et de germination, et permet de conserver la qualité plus longtemps.
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De son côté, Mohamed Ahrimech, investisseur agricole dans la région, a indiqué, dans une déclaration pour Le360, que Bouderbala occupe une place de premier plan dans la production nationale d’oignons. La récolte se déroule généralement fin juillet et durant le mois d’août. Le produit est ensuite rassemblé, séché puis disposé en nattes, avant que le stockage ne commence en septembre.
Il revient sur la mutation observée ces dernières années. Les agriculteurs recouraient principalement aux «grayer» ou «chichouarat», des entrepôts traditionnels bâtis en pierres et en paille, recouverts de matériaux isolants. Les unités frigorifiques se sont imposées progressivement, car elles permettent de maîtriser les conditions de stockage grâce à des équipements qui absorbent l’humidité et préservent la qualité des oignons jusqu’à leur arrivée chez le consommateur.
Un surcoût pour limiter les pertes
Cette évolution est liée avant tout à la réduction des pertes qu’entraînaient les méthodes traditionnelles, explique l’investisseur. Le coût de stockage atteint environ 1,70 dirham par kilogramme dans les unités frigorifiques, contre près de 0,50 dirham dans les «grayer». Ces dernières peuvent toutefois provoquer la perte d’environ deux tiers de la récolte, selon son estimation. Les agriculteurs préfèrent donc supporter un coût plus élevé pour préserver des volumes plus importants.
Sur le plan des prix, Mohamed Ahrimech indique que l’oignon a affiché des niveaux élevés au début avant de se stabiliser. Il se négocie aujourd’hui à la porte des exploitations et dans les centres de production entre 3,50 et 4,50 dirhams le kilogramme. Les agriculteurs de Bouderbala poursuivent, dans le même temps, la refonte de leurs méthodes de stockage, à la recherche d’un équilibre entre qualité du produit, réduction des pertes et maîtrise des coûts de production.




