Le port de Casablanca franchit un cap symbolique dans sa modernisation opérationnelle. Il a en effet été décidé d’ouvrir, à titre temporaire, la porte numéro 4 tous les jours entre 00h00 et 7h00 du matin, afin d’alléger la pression et de fluidifier le trafic des poids lourds. Cette mesure, actée par le gouverneur des arrondissements de Casablanca-Anfa, concerne l’ensemble des administrations publiques opérant dans l’enceinte portuaire ainsi que les exploitants et concessionnaires. Cette nouvelle organisation est entrée en vigueur le 1er juin.
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Cette ouverture nocturne marque une évolution importante vers un fonctionnement élargi du port, longtemps réclamé par les professionnels du transport et de la logistique. Elle intervient dans un contexte tendu, marqué par une congestion persistante et des retards importants dans les opérations de déchargement.
Preuve de cette tension, les transporteurs avaient initialement prévu une grève le 1er juin, à l’initiative de plusieurs associations professionnelles. Ce mouvement a finalement été suspendu après une série de réunions tenues les 20 et 21 mai avec le gouverneur de Casablanca-Anfa, en présence du directeur général de l’Agence nationale des ports. Une réunion décisive s’est ensuite tenue le 25 mai 2026 sous la présidence du wali de la région Casablanca-Settat, Mohamed Mhidia, en présence des gouverneurs concernés ainsi que des responsables des différentes administrations sécuritaires et techniques opérant dans le port.
Parmi les principales doléances des professionnels figurait la congestion extrême du port, illustrée par la présence de plus de 80 navires immobilisés en rade, visibles depuis Dar Bouazza et Mohammedia. «Ces bateaux attendent leur tour pour accoster et décharger. C’est inadmissible qu’un port de l’envergure de Casablanca ne fonctionne pas 24h/24», déplore Mohamed Rihai, président de la Fédération marocaine du transport routier aux ports. Il souligne que chaque retard engendre des pertes importantes pour les importateurs et perturbe les chaînes de production.
Le fonctionnement en continu était en effet une revendication récurrente. «Nous avons longtemps milité pour un système 24h/24, mais sa mise en œuvre était complexe en raison de la multiplicité des intervenants et des contraintes horaires de certaines administrations», rappelle Rihai, tout en saluant les efforts des autorités pour mobiliser l’ensemble des acteurs de la chaîne logistique.
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Autre avancée notable, la réouverture de la porte 4. Jusqu’à présent, les opérateurs étaient contraints de fonctionner essentiellement avec une seule entrée, la porte 6, en raison notamment de l’ouverture de la nouvelle route maritime et des préoccupations liées à la circulation dans le centre-ville. Si les professionnels espéraient l’ouverture de plusieurs accès supplémentaires, ils estiment que cette décision constitue un compromis acceptable. «Une porte de plus vaut mieux que rien», reconnaissent-ils.
S’agissant de la porte 4, le choix du créneau nocturne n’est pas anodin. Il vise à éviter tout impact sur la circulation urbaine, en permettant aux camions d’opérer en dehors des heures de pointe. Une pratique déjà en vigueur dans de nombreuses grandes métropoles à travers le monde.
Pour autant, cette mesure ponctuelle suffira-t-elle à résoudre durablement la congestion du port de Casablanca? De nombreux observateurs en doutent. Car au-delà des contraintes organisationnelles, la saturation du port semble aussi liée à d’autres facteurs, notamment la hausse soutenue des flux commerciaux ces dernières années, mettant sous pression les infrastructures existantes. Une situation qui ravive l’idée, longtemps repoussée, d’une extension du port.
L’ouverture nocturne du port constitue donc une avancée réelle et saluée. Mais elle apparaît davantage comme une solution transitoire que comme une réponse structurelle à un problème devenu systémique.




