Infrastructures majeures du fret maritime et du commerce internationale, les ports se retrouvent aujourd’hui au cœur d’une «concurrence normative et géographique qui redessine les routes maritimes globales», indique le magazine Challenge, selon lequel les membres de la Commission des infrastructures, de l’énergie, des mines, de l’environnement et du développement durable de la Chambre des représentants poursuivent actuellement l’examen des dispositions prévues par le projet de loi n°34.25.
Le texte législatif à l’examen, qui encadre la transformation de l’Agence Nationale des Ports (ANP) en société anonyme (SA), viendra modifier les dispositions prévues par la loi n°15.02 relative aux ports. Validé en Conseil de gouvernement en décembre 2025, le projet de loi avait fait l’objet d’une analyse détaillée lors de la réunion des membres de la Commission des infrastructures, le mercredi 20 mai 2026.
Cette transition statutaire permettra de moderniser le cadre institutionnel et organisationnel du secteur portuaire, dans le but principal de «doter l’écosystème d’un mode de gouvernance plus souple et intégré, capable d’accompagner les stratégies sectorielles nationales dans les domaines de l’industrie, de l’énergie, de l’agriculture, de la pêche et de la logistique», écrit Challenge.
Le projet de loi prévoit aussi «d’améliorer la coordination entre les opérateurs publics et privés à travers une vision de développement unifiée», une restructuration qui «doit optimiser la planification et la gestion des grands projets d’infrastructure afin d’accroître l’impact économique et territorial des investissements». Dans les dispositions prévues dans son article 5, le texte de loi «définit précisément les modalités et le calendrier de cette restructuration institutionnelle». Sous son nouveau statut juridique, une société anonyme (SA), l’ANP, aura pour mission «la supervision de plusieurs actions structurantes, en collaboration avec les parties concernées, dans un délai de cinq ans maximum à compter de la promulgation du texte», et donc une «migration de l’ensemble des entreprises publiques de son périmètre vers le statut de Société anonyme (SA) avec un Président-directeur général (PDG) et de la transformation des établissements publics relevant de son périmètre en SA à conseil d’administration, présidée par un PDG», indique le magazine selon lequel une «amélioration de la gouvernance des EEP de son périmètre et la substitution progressive de l’Agence à l’État dans le capital des entreprises publiques de son périmètre, conformément à la réglementation en vigueur», est également prévue dans les dispositions du projet de loi.
Ce processus législatif qui suit actuellement son cours s’inscrit «dans le prolongement de la réforme globale des Entreprises et Établissements Publics (EEP), initiée pour corriger les dysfonctionnements structurels et réduire les lourdeurs administratives», précise Challenge. Une réorganisation stratégique qui a «débuté par la mise en place de l’Agence Nationale de Gestion Stratégique des Participations de l’État (ANGSPE), chargée de veiller à la gouvernance, au suivi des performances et à la rentabilité des entités concernées».
À l’image d’autres mutations d’ores et déjà opérées dans d’autres secteurs d’activité, comme pour l’Office National des Hydrocarbures et des Mines (ONHYM), «la transformation en sociétés anonymes vise à garantir une meilleure complémentarité des politiques publiques tout en établissant des conditions de neutralité concurrentielle sur le marché national», écrit le magazine, qui précise que la modernisation du cadre juridique de l’ANP intervient alors que le secteur portuaire marocain «consolide ses positions et cherche à capter de nouveaux flux de commerce, malgré les tensions géopolitiques globales». Des investissements soutenus sont donc prévus, tant pour renforcer les plateformes existantes (Casablanca et Tanger Med) que pour développer de nouveaux pôles maritimes (Nador West Med et Dakhla Atlantique).




