Sur une distance de 1.400 mètres, la construction du plus grand viaduc ferroviaire destiné au train à grande vitesse Al Boraq se poursuit activement dans la ville de Settat. Cet ouvrage d’art, impressionnant, constitue l’un des maillons centraux du projet d’extension de la Ligne à grande vitesse (LGV) reliant Kénitra à Marrakech, représentatif de la modernisation des infrastructures ferroviaires au Maroc.
Conçue pour répondre aux normes techniques les plus strictes, cette infrastructure s’inscrit dans le cadre d’un investissement massif évalué à près de 900 millions de dirhams, indique le quotidien Al Ahdath Al Maghribia. Sur le plan technique, la réalisation de ce géant de béton et d’acier mobilise des ressources d’une ampleur exceptionnelle. Reposant sur 29 piliers en béton armé espacés de 50 mètres et formant 28 travées, l’ouvrage s’élève à des hauteurs variant entre 6 et 36 mètres, afin de surmonter le relief de la région, et de garantir une fluidité optimale pour la circulation des trains. Sa construction nécessite l’utilisation de 7.700 tonnes de structures métalliques robustes ainsi que 62 500 mètres cubes de béton armé, complétés par l’enfoncement de pieux dans le sol sur une longueur totale de 9,5 kilomètres pour assurer une stabilité parfaite des fondations.
Ce viaduc ferroviaire a été spécifiquement dimensionné pour supporter des vitesses d’exploitation pouvant atteindre 350 km/h. Il s’intègre au grand projet d’extension du réseau de lignes à grande vitesse, qui s’étend sur une longueur globale de 430 kilomètres depuis Tanger jusqu’à Marrakech en passant par Kénitra, Rabat et Casablanca. Ce tronçon stratégique passant par la ville de Settat permettra de réduire de manière significative les temps de trajet entre les principales métropoles du Royaume, tout en garantissant un niveau maximal de sécurité et de confort pour l’ensemble des voyageurs, lit-on dans Al Ahdath Al Maghribia.
Selon les données communiquées par le ministre du Transport et de la Logistique, Abdessamad Kayouh, le taux d’avancement global des travaux atteignait 30% à la date du 25 mai 2026, avec un engagement d’achèvement et de livraison officielle prévu pour septembre 2029. Le programme global de développement du secteur, d’un montant global approchant 53 milliards de dirhams hors acquisition de matériel roulant, intègre également un ensemble étendu d’infrastructures comprenant des ponts, des tunnels et des équipements de signalisation de pointe destinés à fluidifier le réseau ferroviaire national.
En parallèle, des investissements majeurs évalués à 96 milliards de dirhams ont été engagés, comprenant une enveloppe de 29 milliards de dirhams pour l’acquisition de 168 trains de nouvelle génération et 14 milliards de dirhams réservés à la modernisation et à la maintenance du réseau existant. Cette impulsion décisive avait été donnée par le Roi Mohammed VI lors du lancement officiel des travaux de ce projet ferroviaire, marquant le départ d’une transformation profonde de l’offre de transport ferroviaire à travers le pays.
Au-delà de la prouesse d’ingénierie qu’il représente, l’ouvrage de Settat illustre la dynamique économique, touristique et sociale globale du Maroc. Il répond à la demande croissante pour des moyens de transport modernes, sûrs et durables, tout en préparant le pays à l’échéance majeure de l’organisation de la Coupe du Monde 2030. La finalisation de ces projets d’envergure viendra renforcer la connectivité entre le Nord et le Sud, affirmant le rôle du réseau ferroviaire comme levier stratégique du développement du Royaume.




