Le Maroc table sur plus de 1,8 milliard de m³ d’eau dessalée par an d’ici 2031

La station de dessalement d'eau de mer de Jorf Lasfar.

D’ici 2031, le Maroc entend produire plus de 1,8 milliard de m³ d’eau dessalée par an. Le gouvernement veut aussi bâtir une filière industrielle nationale, avec un taux d’intégration locale visé de 45 à 55% à moyen terme, selon la note de présentation du PLF.

Le 23/10/2026 à 18h31

Le Maroc veut porter sa production à plus de 1,8 milliard de mètres cubes d’eau dessalée par an à l’horizon 2031. C’est ce qu’indique la note de présentation du projet de loi de finances 2027.

La note relève que le dessalement répond au Nouveau modèle de développement, qui «préconise de réserver les ressources conventionnelles aux zones continentales et de satisfaire les besoins des zones côtières par le recours au dessalement».

Un parc déjà en service

Le document rappelle «la réalisation des stations d’Agadir, du Jorf et de Safi». Il recense aussi «186 stations monoblocs de dessalement d’eau de mer et d’eaux saumâtres mises en service, d’une capacité de 35 millions de mètres cubes par an pour 2,94 milliards de dirhams». La note y voit des «ressources non conventionnelles mises au service des zones en stress hydrique».

La note annonce, par ailleurs, la «mise en service des stations de dessalement de Dakhla, de l’extension de celle de Safi destinée à alimenter Marrakech ainsi que de la première phase du projet de la station du Grand Casablanca». Ces ouvrages «entreront en exploitation dans les prochains mois».

La note ajoute que «le développement de la nouvelle génération des autres stations alimentées par les énergies renouvelables, prévus dans l’Oriental, Souss-Massa, Tanger, Guelmim-Tantan et Rabat, pour une mise en exploitation entre 2029 et 2030».

Parallèlement, le volet Énergie «porte l’alimentation renouvelable des stations de dessalement (environ 1.000 MW réservés, dont les parcs éoliens de Bir Anzarane et de Jraïfia et le parc de Dakhla déjà en service)».

20,8 milliards de dirhams pour le transport

La note évoque, par ailleurs, «le lancement des ouvrages de transport des eaux dessalées, d’un coût de 20,8 milliards de dirhams, depuis les stations de Casablanca, de Safi, de Souss-Massa, de l’Oriental, de Rabat et de Tanger, dont deux projets sont en phase d’essais à savoir l’alimentation de Casablanca et celle de Marrakech à partir de la station de Safi».

La priorité de 2027 est «la sécurisation prioritaire de l’alimentation de Marrakech à partir de la station de Safi et de celle des villes du Grand Casablanca».

Quant au volet Agriculture, il «décline les partenariats public-privé de dessalement agricole et l’efficacité hydrique des périmètres irrigués», selon la note.

Elle cite «le partenariat public-privé de dessalement de Chtouka (15.000 ha en exploitation)», qui «préserve une valeur ajoutée estimée à 9 milliards de dirhams et près d’un million de journées de travail». Le projet de Dakhla permettra la production de près de 500.000 tonnes de maraîchage primeur et de près de 10.000 emplois permanents.

En 2027, le gouvernement prévoit l’«achèvement des travaux du projet de dessalement d’eau de mer de Dakhla (5.000 ha)». Il engage aussi des négociations pour des «réseaux d’irrigation à partir de l’eau dessalée dans le cadre de partenariats public-privé». Ils visent le périmètre de Sidi Rahal (8.000 ha, station de Casablanca) et celui de la Moulouya, à partir de la future station de l’Oriental.

La note rattache la souveraineté nationale au «développement d’une filière industrielle marocaine du dessalement et des métiers de l’eau, avec ses groupements qualifiés et le développement des compétences nationales dans ce domaine stratégique».

Le volet industrie vise «un taux d’intégration locale cible de 45 à 55% à moyen terme» pour l’écosystème du dessalement.

Par Hajar Kharroubi
Le 23/10/2026 à 18h31