La réforme de l’Impôt sur les sociétés génère des recettes historiques

La Direction générale des impôts (DGI), à Rabat.

Revue de presseL’alignement du taux de droit commun à 20% et le relèvement de la fiscalité à 40% pour le secteur financier permettent au Trésor marocain d’enregistrer une croissance spectaculaire de ses performances fiscales en 2026. Alors même que cette refonte renforce la compétitivité du Royaume devant ses concurrents européens dans l’automobile, le rendement budgétaire, quant à lui, reste fortement polarisé sur un noyau de 150 grandes entreprises. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Les Inspirations Éco.

Le 08/06/2026 à 18h19

La réforme profonde de l’Impôt sur les sociétés (IS) au Maroc, marquée par l’entrée en vigueur d’une nouvelle grille tarifaire, se traduit par une hausse substantielle des recettes fiscales du Trésor. En fixant son taux de droit commun à 20%, le Royaume maintient sa compétitivité internationale, notamment face à des concurrents directs comme la Pologne ou la Roumanie dans l’activité de la construction automobile. Cette orientation s’inscrit dans une tendance mondiale de détente de la fiscalité sur les bénéfices et s’accompagne d’une simplification des incitations fiscales ainsi que d’un alignement sur la moyenne internationale des taxes sur les dividendes, indique le quotidien Les Inspirations Éco.

Toutefois, les données mettent en évidence une forte concentration des recettes: l’essentiel du rendement repose sur un noyau de 150 grandes entreprises générant au moins 100 millions de dirhams de bénéfice imposable, alors que le pays compte 400.000 sociétés immatriculées. Ce phénomène de polarisation, qui reflète la structure du tissu productif national, soulève des questions relatives à l’équité fiscale. Ces mêmes entités soutiennent de surcroît la Contribution sociale de solidarité, un prélèvement initialement présenté comme temporaire qui a été maintenu.

«Le secteur financier fait l’objet d’un traitement distinct», souligne Les Inspirations Éco. Depuis le 1er janvier 2026, les banques, les compagnies d’assurances et les sociétés de financement sont assujetties à un taux d’impôt sur les sociétés de 40%, soit le double du taux de droit commun. Alors même que le débat sur le niveau de taxation s’est globalement apaisé dans les milieux économiques, les très petites entreprises, elles, manifestent des attentes quant à une éventuelle exemption, à l’instar du modèle nigérian qui exonère les structures réalisant un chiffre d’affaires inférieur à l’équivalent de 600.000 dirhams. Les autorités marocaines écartent cette perspective en raison de son coût budgétaire, puisque plus de 80% des entreprises immatriculées déclarent un chiffre d’affaires annuel moyen inférieur à 3 millions de dirhams.

Sur le plan budgétaire, les résultats enregistrés atteignent des niveaux historiques. Le produit de cet impôt a atteint 95 milliards de dirhams l’année dernière, frôlant le seuil des 100 milliards de dirhams. Cette progression de 29%, équivalente à six fois la croissance du produit intérieur brut, constitue la performance la plus élevée depuis la réforme fiscale de 1990. L’exercice 2026 affiche une dynamique similaire, accentuée par le relèvement du taux appliqué au secteur financier. Au premier trimestre de l’année 2026, les recettes se sont établies à 44,90 milliards de dirhams, ce qui représente une hausse de 21,9%, soit un gain additionnel de 8,05 milliards de dirhams par rapport à la même période de l’année précédente.

Cette évolution consolide l’impôt sur les sociétés comme la deuxième source de revenus de l’État, une position qui concurrence désormais la TVA. Les analystes attribuent cette performance à «la bonne santé financière des grands contributeurs traditionnels, parmi lesquels l’Office chérifien des phosphates, les opérateurs de télécommunications et les institutions financières, mais également à l’élargissement de l’assiette imposable induit par la baisse des taux, et au renforcement du contrôle fiscal favorisé par l’usage de nouvelles technologies», écrit Les Inspirations Éco.

Par La Rédaction
Le 08/06/2026 à 18h19