Les recettes fiscales marocaines s’envolent: l’IS pulvérise les records

Le siège de la Direction générale des impôts (DGI), à Rabat.

Revue de presseLe premier trimestre 2026 confirme une tendance spectaculaire : les recettes de l’impôt sur les sociétés (IS) atteignent 44,9 milliards de dirhams, un niveau proche du total annuel de 2019. Cette performance, fruit d’une réforme fiscale ambitieuse, redessine le paysage des finances publiques et interroge sur la pérennité de cette dynamique. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien L’Economiste.

Le 21/04/2026 à 20h21

Le premier trimestre 2026 marque un tournant historique pour les finances publiques marocaines. Avec 44,9 milliards de dirhams encaissés au titre de l’impôt sur les sociétés (IS), l’État a déjà frôlé le total annuel enregistré en 2019, avant la pandémie et la grande réforme fiscale. «Une performance qui s’inscrit dans le sillage d’une refonte profonde du système, engagée en 2023 et achevée cette année, avec pour objectif un taux cible de 20%, tout en respectant le plancher de 15% fixé par l’OCDE», indique le quotidien L’Economiste dans son édition du mercredi 22 avril.

L’IS s’impose désormais comme le pilier des recettes ordinaires nettes du budget général, représentant 37,3% du total. Un chiffre qui place cet impôt loin devant la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et l’impôt sur le revenu (IR), illustrant l’ampleur des transformations en cours. «Cette concentration des recettes invite à surveiller de près les prochains trimestres», soulignent les observateurs, alors que la dynamique pourrait bien redessiner les équilibres budgétaires à moyen terme.

Si l’IS bat des records, l’impôt sur le revenu affiche, lui, un recul de 9,7%, à 18,9 milliards de dirhams. Une baisse qui ne doit cependant pas alarmer. «Les encaissements de mars 2025 intégraient 3,8 milliards de dirhams issus de la régularisation fiscale volontaire, une opération ponctuelle sans équivalent cette année», explique un expert. Hors ce phénomène exceptionnel, la tendance reste stable, voire légèrement positive.

Derrière l’IS, la TVA confirme son rôle de deuxième pilier des recettes, avec 27,8 milliards de dirhams collectés, en hausse de 6,4 % en brut. La TVA intérieure, en particulier, progresse de 9,9% à 13,7 milliards, signe d’une consommation des ménages qui résiste et d’une collecte qui s’améliore. À l’inverse, la TVA à l’importation ne croît que de 3,3%, à 14,1 milliards, reflétant une demande d’importation plus modérée. «Cette divergence entre TVA intérieure et TVA à l’importation suggère une demande intérieure solide, ou du moins une meilleure efficacité dans la collecte», souligne L’Economiste.

Pourtant, ce tableau idyllique cache une réalité plus complexe: les remboursements de TVA s’accélèrent. À fin mars 2026, les restitutions de TVA intérieure ont atteint 5 milliards de dirhams, en hausse de 18,2% sur un an. En 2025, le Trésor a remboursé 25 milliards de dirhams au titre des crédits de TVA, contre une moyenne annuelle de 7 milliards avant la réforme. «La Direction générale des impôts (DGI) affiche désormais l’objectif zéro arriéré, avec des délais de remboursement ramenés à deux mois en moyenne», précise une source officielle. La retenue à la source, introduite dans le cadre de la réforme, a joué un rôle clé dans ce basculement, en sécurisant la collecte tout en fluidifiant les restitutions.

Du côté de l’IS, les remboursements chutent de 39,5%, à 1,4 milliard de dirhams. «Le recul des restitutions d’IS et la hausse des remboursements de TVA obéissent à des logiques distinctes: le premier stock a été largement apuré l’an dernier, tandis que le second est encore en cours de résorption», explique un fiscaliste. Une situation qui reflète les ajustements en cours, entre assainissement des comptes et modernisation du système fiscal.

Par La Rédaction
Le 21/04/2026 à 20h21