Flambée des prix des carburants: la crise, une source de recettes fiscales

Embout d'un pistolet de distribution de carburant, dans une station-service.

La montée des tensions au Moyen-Orient a entraîné une hausse marquée des prix du pétrole et du gaz, exerçant une pression sur le pouvoir d’achat. . DR

Revue de presseLe conflit au Moyen-Orient a provoqué une envolée des cours du pétrole et du gaz, pesant sur le pouvoir d’achat. Pourtant, cette crise a aussi dopé les recettes de l’État, notamment via la TVA et la taxe intérieure de consommation (TIC). Entre subventions coûteuses et rentrées fiscales supplémentaires, le bilan financier reste contrasté. Cet article est une revue de presse tirée de Challenge.

Le 15/04/2026 à 20h10

Le conflit au Moyen-Orient et la flambée des prix de l’énergie ont eu un impact contrasté sur les finances publiques. «Si l’État a dû mobiliser des milliards de dirhams pour atténuer les répercussions sur les ménages et les entreprises, cette crise a également généré des recettes fiscales supplémentaires, notamment via la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et la taxe intérieure de consommation (TIC)», indique le magazine hebdomadaire Challenge.

Dès le début de la crise, les prix des produits pétroliers ont connu une hausse brutale. Le baril de pétrole est passé de 70 à 100 dollars (+44%), tandis que la tonne de gasoil a bondi de 717 à 1.260 dollars (+75%). Le gaz butane a suivi la même tendance, avec une augmentation de 547 à 751 dollars la tonne (+38%). Ces hausses se sont répercutées sur les recettes fiscales, en particulier sur la TVA, dont le taux de 10% s’applique aux importations et aux ventes locales.

En 2025, la TIC sur les produits énergétiques a rapporté 20,53 milliards de dirhams, contre 17,98 milliards en 2024, soit une progression de 14,2%. Cette hausse s’explique par l’augmentation de la consommation, elle-même liée à la reprise économique post-Covid. La TVA sur les importations a, quant à elle, généré 63,16 milliards de dirhams en 2025, contre 58,47 milliards en 2024 (+8,2%). Cependant, la TVA sur les produits énergétiques importés a enregistré une baisse de 3,9 % (-370 millions de dirhams), en raison d’une diminution temporaire des prix sur le marché international avant l’escalade du conflit.

Les prévisions de la loi de finances 2026 avaient été établies sur la base d’un baril de pétrole à 65 dollars. La TIC devait rapporter 23,16 milliards de dirhams, et la TVA sur les importations 71,03 milliards. Mais avec la flambée des prix, ces estimations sont devenues obsolètes, note Challenge. En 2024, la TVA sur les produits énergétiques avait représenté 11,38 milliards de dirhams, soit près de 20% des recettes totales de TVA sur les importations. Pour 2026, cette part devait atteindre 14,20 milliards, mais, dans le contexte actuel, elle pourrait dépasser 21 milliards de dirhams, soit un surplus de 6,8 milliards par rapport aux prévisions initiales.

Parallèlement, l’État a mis en place des mesures de soutien pour limiter l’impact de la hausse des prix. La subvention sur la bouteille de gaz butane de 12 kg a été portée de 30 à 78 dirhams, pour un coût mensuel de 600 millions de dirhams. Les tarifs de l’électricité ont été gelés, ce qui représente un effort de 400 millions de dirhams par mois. Enfin, une aide directe de 3 dirhams par litre de carburant a été accordée aux professionnels du transport, pour un coût mensuel de 648 millions de dirhams. Au total, ces mesures représentent un engagement financier de 1,648 milliard de dirhams par mois.

Cependant, ces dépenses sont en partie compensées par les recettes fiscales supplémentaires générées par la hausse des prix. Si les subventions sont maintenues jusqu’à la fin de l’année 2026, leur coût total s’élèverait à 16,48 milliards de dirhams. En déduisant les 6,8 milliards de recettes exceptionnelles de TVA sur les importations de produits pétroliers, le coût net pour l’État serait ramené à moins de 10 milliards de dirhams.

Ainsi, malgré les dépenses engagées pour soutenir les ménages et les entreprises, la crise énergétique a également permis à l’État d’engranger des recettes fiscales supplémentaires. La TVA, en particulier, a joué un rôle clé dans ce mécanisme, transformant en partie la hausse des prix en ressources budgétaires. Reste à savoir si ces recettes suffiront à couvrir l’intégralité des dépenses engagées, ou si des ajustements supplémentaires seront nécessaires.

Par La Rédaction
Le 15/04/2026 à 20h10