Carburants: le Conseil de la concurrence exige la fin des révisions synchronisées des prix

Ahmed Rahhou, président du Conseil de la concurrence.

Ahmed Rahhou, président du Conseil de la concurrence. . Khadija Sabbar - Le360

Revue de presseLe Conseil de la concurrence appelle les distributeurs de carburants à abandonner la pratique des ajustements tarifaires simultanés, héritée de l’ère pré-libéralisation, afin d’écarter tout risque de collusion. Une mesure exceptionnelle de surveillance renforcée a par ailleurs été mise en place, face à la flambée des cours. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Ahdath Al Maghribia.

Le 14/04/2026 à 19h16

Le Conseil de la concurrence avertit les entreprises de distribution des carburants du fait que la modification uniforme des tarifs du gasoil et de l’essence super par l’ensemble des sociétés ne se justifie plus, annonce Ahdath Al Maghribia de ce mercredi 15 avril, relayant une déclaration du président de cette institution.

Ahmed Rahhou a insisté sur le fait que «cette pratique de révision synchronisée des prix des carburants était un héritage de la période précédant la libéralisation du marché. Il est désormais temps d’y mettre fin, afin d’éviter tout soupçon de collusion entre ces entreprises», quand bien même les contrôles permanents menés par le Conseil n’ont révélé aucune preuve de concertations. Pour autant, Ahmed Rahhou tient à rappeler que cette harmonisation des calendriers de révision, bien qu’elle puisse offrir une certaine stabilité des prix pour le consommateur sur une période de quinze jours, contrairement à d’autres pays où les tarifs sont ajustés quotidiennement, n’en reste pas moins une pratique à abandonner. «Il est préférable de tourner cette page et de laisser chaque entreprise ajuster ses prix de manière individuelle», a-t-il expliqué.

Cependant, si la révision synchronisée des tarifs ne trouve plus grâce aux yeux du Conseil de la concurrence, une autre question se pose: la régularité du «Groupement des pétroliers marocains», une organisation dont le mode de fonctionnement pourrait entrer en contradiction avec les principes de la libre concurrence, ce à quoi Ahmed Rahhou a opposé un démenti: «je tiens à réitérer qu’aucun indice de collusion n’a été établi à ce jour. Par ailleurs, le fait que des entreprises d’un même secteur se regroupent au sein d’une organisation professionnelle est une pratique courante, tant au Maroc qu’à l’étranger. Ces structures servent d’interlocuteur unique face au gouvernement, à condition de respecter un certain nombre de règles», a-t-il expliqué.

Ahmed Rahhou a précisé qu’un «guide» encadrait ces groupements sectoriels, leur interdisant formellement d’aborder des activités sensibles comme la gestion des stocks, les politiques commerciales et, surtout, la fixation des prix.

Ces propos tenus par le président du Conseil de la concurrence interviennent dans un contexte marqué par des hausses spectaculaires des tarifs des carburants, liées à l’escalade des tensions au Moyen-Orient, rappelle le quotidien. C’est pourquoi cette institution a décidé d’intensifier exceptionnellement la périodicité de son suivi, qui passe d’une rythmique mensuelle à bi-mensuelle. «Cette mesure exceptionnelle est dictée par les augmentations record récemment enregistrées», a expliqué Ahmed Rahhou à Al Ahdath Al Maghribia, ajoutant que le Conseil avait publié, mardi 14 avril 2026, un rapport mensuel de manière anticipée, quinze jours seulement après la parution du précédent, début avril dernier. «Nous reviendrons ensuite à notre rythme habituel de rapports mensuels», a-t-il indiqué.

Par La Rédaction
Le 14/04/2026 à 19h16