Carburants: des prix records à prévoir

Le Maroc risque une flambée historique des prix à la pompe.

Revue de presseAlors que les cours du pétrole s’envolent et que les tensions géopolitiques menacent les approvisionnements, le Maroc risque une flambée historique des prix à la pompe. Houcine El Yamani, secrétaire général du Syndicat national du pétrole et du gaz (CDT), alerte sur les dysfonctionnements du système et les risques d’une hausse insoutenable. Cet article est une revue de presse tirée de Finances News.

Le 13/04/2026 à 20h10

Alors que les prix du pétrole atteignent des sommets sous l’effet des craintes de pénuries, le Maroc s’interroge sur sa capacité à maîtriser la flambée des carburants. Dans un entretien avec le magazine Finances News Hebdo, Houcine El Yamani, secrétaire général du Syndicat national du pétrole et du gaz (CDT), alerte que les fragilités du système actuel laissent présager une hausse insoutenable pour les consommateurs. «Les données sur les stocks des carburants sont détenues exclusivement par l’État», explique-t-il, soulignant que les 617.000 tonnes annoncées par la ministre de la Transition énergétique correspondent à une consommation d’un peu plus d’un mois. «Mais ce chiffre inclut les chargements en instance de livraison, alors que le stock légal doit couvrir au moins 60 jours de consommation», affirme-t-il. Une situation qui, selon lui, expose le pays à des risques de rupture en cas de crise prolongée.

La dépendance aux importations et l’absence de raffinerie opérationnelle aggravent encore la vulnérabilité du Maroc. «Quand la Samir était en activité, elle permettait d’atténuer les chocs pétroliers. Aujourd’hui, nous payons le prix de sa privatisation, une erreur stratégique», déplore le syndicaliste. Sans capacité de raffinage locale, le pays subit de plein fouet les fluctuations des cours internationaux, avec un impact direct sur les prix à la pompe. «Le Maroc perd 3 dirhams par litre à cause du coût du raffinage à l’étranger», déplore le syndicaliste.

Autre sujet de préoccupation, le décalage entre les prix internationaux et ceux pratiqués au Maroc. «Quand le gouvernement a libéralisé les prix des hydrocarbures, il a donné aux distributeurs le droit de fixer leurs tarifs indépendamment du marché», explique Houcine El Yamani. Résultat, des ajustements lents et des pratiques jugées anticoncurrentielles. «À l’étranger, les prix sont indexés quotidiennement sur les cours du brut. Au Maroc, ils sont révisés toutes les deux semaines, et souvent avec retard», constate-t-il. Un système qui profite aux distributeurs, selon lui. «Quand les cours baissent, ils prennent le temps d’écouler leurs stocks achetés au prix fort avant de répercuter la baisse. Mais quand les cours montent, ils anticipent immédiatement la hausse», lit-on dans Finances News.

«Avec l’envolée actuelle, le litre de gasoil pourrait atteindre 16 à 18 dirhams. Le consommateur marocain sera-t-il capable de le supporter ?» s’interroge-t-il.

Pour contenir la flambée, plusieurs solutions existent, estime le syndicaliste. «Certains pays ont réduit la marge des distributeurs. D’autres, comme l’Espagne, ont baissé la fiscalité sur les produits pétroliers», illustre le syndicaliste. Une piste rejetée par le ministère des Finances, qui craint un manque à gagner pour l’État.

Par La Rédaction
Le 13/04/2026 à 20h10