La BERD investit 400 millions de dirhams dans l’emprunt obligataire historique de la région Casablanca-Settat

La ville de Casablanca. (Photo d'illustration)

La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) a souscrit à hauteur de 400 millions de dirhams à l’emprunt obligataire d’un milliard de dirhams émis par la région de Casablanca-Settat, une première pour une collectivité régionale marocaine. Cette opération ouvre la voie à un marché des obligations territoriales plus profond au Maroc, tout en ancrant la région dans le Programme green cities de la BERD.

Le 17/04/2026 à 16h24

La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) franchit un cap symbolique sur les marchés de capitaux marocains. L’institution a investi 400 millions de dirhams dans un emprunt obligataire d’un milliard de dirhams émis par la région de Casablanca-Settat, une opération inédite, qui constitue la première émission obligataire jamais réalisée par une région du royaume.

Libellée en dirham marocain et réalisée sur le marché local, cette émission permettra à la région de financer des investissements structurants inscrits dans son Plan de développement régional 2022-2027. Elle s’inscrit également dans une stratégie de diversification des sources de financement, faisant appel aux marchés de capitaux en complément des canaux de financement traditionnels.

L’opération est d’autant plus significative qu’elle constitue un investissement déclencheur: grâce à cette souscription, la région de Casablanca-Settat intègre le Programme green cities de la BERD, le programme phare de la Banque destiné à aider les territoires à relever leurs défis environnementaux les plus urgents. Dans ce cadre, la région mettra en œuvre un plan d’action pour une région verte, ainsi qu’une initiative pilote de planification de la mobilité, visant des solutions de transport plus vertes, plus intelligentes et plus inclusives.

L’investissement de la BERD sera complété par une enveloppe de coopération technique de 2 millions d’euros, intégrant un financement des Pays-Bas au titre du Partenariat à fort impact pour l’action climatique (HIPCA). Cette enveloppe financera l’élaboration du plan d’action pour une région verte, ainsi qu’un plan d’amélioration des performances financières et opérationnelles de la région, comprenant un cadre de transformation numérique et une feuille de route pour le déploiement d’un progiciel de gestion intégré.

Pour Haytham Eissa, directeur de la BERD au Maroc, cette opération dépasse le seul cadre financier: «Cela représente une importante avancée pour les marchés de capitaux du Maroc et la diversification des sources de financement de ses régions. En investissant dans cette opération et en soutenant la participation de la région au Programme green cities, nous contribuons à mobiliser des financements durables pour le développement urbain tout en renforçant la confiance des investisseurs dans les emprunteurs municipaux et régionaux.»

Le Président du Conseil régional, Abdellatif Maâzouz, a pour sa part souligné la portée de cette opération: «Cette émission obligataire est une source de financement innovant, conforme aux orientations de Sa majesté le roi Mohammed VI exprimées lors des Assises de la régionalisation avancée de Tanger. Elle témoigne de la confiance du marché et des investisseurs envers les projets de développement durable et inclusif portés par la région, en partenariat avec ses acteurs locaux et internationaux.» Il a également rappelé que cette émission intervient après un assainissement profond de l’encours de la dette régionale, renforçant ainsi la crédibilité financière de la collectivité et sa capacité à mobiliser des ressources au service du développement territorial.

Deuxième émission d’obligations territoriales au Maroc et première pour une région, cette opération marque un tournant pour les marchés de capitaux du pays. La région de Casablanca-Settat, qui représente plus de 31% du PIB national et concentre une part importante de l’activité industrielle, des exportations et des investissements du Royaume, place la résilience climatique, la mobilité durable, la numérisation et l’inclusion territoriale au cœur de son Plan de développement régional.

Par La Rédaction
Le 17/04/2026 à 16h24