Impôts: la DGI généralise les téléservices pour les déclarations annuelles et confirme l’échéance du 1er mai

Le siège de la Direction générale des impôts (DGI), à Rabat.

Fixée au 1er mai 2026, la date limite de dépôt des principales déclarations fiscales au titre de 2025 concentre plusieurs obligations clés. L’administration fiscale renforce, à travers cette échéance, la traçabilité des revenus et la discipline déclarative, dans un cadre désormais entièrement digitalisé.

Le 23/04/2026 à 14h01

La Direction générale des impôts (DGI) rappelle que le 1er mai 2026 constitue le terme légal pour le dépôt de plusieurs déclarations couvrant l’impôt sur le revenu, la TVA et certaines obligations annexes. Sont notamment concernés les contribuables soumis à l’IR selon le résultat net réel (RNR) ou le résultat net simplifié (RNS), ainsi que les titulaires de revenus professionnels et les assujettis à la TVA.

Cette convergence calendaire répond à une logique de rationalisation administrative et permet de regrouper les flux déclaratifs sur une période unique, facilitant ainsi leur traitement et leur contrôle par l’administration.

En parallèle, le champ des contribuables concernés s’étend au-delà des seules activités professionnelles. Les personnes disposant de revenus fonciers, les auto-entrepreneurs ayant opté pour la déclaration trimestrielle ainsi que les contribuables effectuant des paiements à des non-résidents figurent également parmi les catégories visées.

Une telle extension traduit une volonté explicite d’intégrer des flux économiques diversifiés dans le champ fiscal. L’administration cherche ainsi à mieux capter les revenus issus de l’immobilier, des services et des transactions internationales.

Par ailleurs, la DGI impose des obligations documentaires précises. Les contribuables relevant du RNR ou du RNS doivent notamment joindre un état des ventes mentionnant l’identifiant commun de l’entreprise pour chaque client.

Ce niveau de détail répond à un objectif clair qui est d’améliorer le recoupement des données déclaratives. En structurant l’information à l’échelle des transactions, l’administration renforce sa capacité à identifier les incohérences et à limiter les marges d’opacité. Dans le même mouvement, les contribuables déclarant un résultat nul ou déficitaire sont tenus de fournir un état explicatif précisant l’origine de cette situation. À défaut, les dispositions prévues par le Code général des impôts s’appliquent.

Ce mécanisme introduit une exigence qualitative dans la déclaration fiscale. Le déficit n’est plus une simple donnée comptable, mais un élément soumis à justification, ce qui renforce la crédibilité des informations transmises.

En outre, les obligations déclaratives s’accompagnent d’une exigence de paiement concomitant. Les contribuables doivent, avant la même échéance, déclarer leurs revenus et s’acquitter de l’impôt correspondant. Cette synchronisation améliore l’efficacité du recouvrement fiscal et réduit les délais entre déclaration et encaissement, tout en limitant les risques de défaillance.

TVA, une gestion différenciée selon les régimes

S’agissant de la TVA, la DGI distingue les obligations selon le régime d’imposition. Les assujettis au régime trimestriel doivent déclarer le chiffre d’affaires du premier trimestre 2026, tandis que ceux relevant du régime mensuel sont tenus de déclarer celui du mois de mars 2026. Cette différenciation permet d’adapter la fréquence déclarative à la taille et à la nature de l’activité économique, tout en maintenant un suivi régulier des flux de taxe.

De surcroît, les contribuables percevant des revenus fonciers doivent fournir des informations détaillées portant sur l’identité des locataires, la localisation des biens et les montants déclarés.

Dans le même temps, les rémunérations versées à des non-résidents font l’objet d’une déclaration spécifique. Cette obligation vise à encadrer les flux financiers transfrontaliers et à sécuriser la base imposable.

L’ensemble des démarches doit être effectué via les plateformes électroniques «SIMPL-IR» et «SIMPL-TVA». Ce recours exclusif au digital traduit une transformation profonde de la gestion fiscale.

La dématérialisation améliore la fiabilité des données, réduit les délais de traitement et permet un suivi plus précis des obligations. Elle ouvre également la voie à des contrôles automatisés fondés sur le croisement des informations.

Au-delà de l’aspect procédural, cette échéance révèle un enjeu plus large de discipline fiscale. L’administration cherche à renforcer la conformité déclarative tout en élargissant l’assiette à des revenus auparavant moins visibles, une stratégie qui contribue à une mobilisation plus efficace des recettes publiques et participe également à une meilleure équité entre contribuables, en limitant les écarts liés aux pratiques déclaratives.

La centralisation des déclarations et la digitalisation des procédures traduisent une évolution vers une fiscalité fondée sur l’exploitation des données. L’administration dispose désormais d’outils lui permettant d’affiner son analyse des flux économiques.

Cette transformation ouvre la voie à des contrôles plus ciblés et à des politiques fiscales mieux ajustées, fondées sur une information plus complète et plus fiable.

Par Mouhamet Ndiongue
Le 23/04/2026 à 14h01