Alors qu’une mobilisation citoyenne inédite s’amplifie contre le maintien de GMT+1, la ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, Amal El Fallah Seghrouchni, a rappelé lundi que l’heure légale au Maroc obéit à des dispositions juridiques et non à une décision sectorielle. «L’heure légale du Royaume est régie par des textes clairs et ne relève ni d’une mesure conjoncturelle ni d’une décision isolée», a-t-elle affirmé lors d’une réponse à une question orale à la Chambre des représentants, posée par le Groupe du Progrès et du Socialisme ainsi que par des députés non affiliés.
«Cette mise au point intervient dans un contexte de contestation grandissante, à quelques mois des élections législatives de 2026», rapporte le quotidien Les Inspirations Eco du 23 avril. Une pétition en ligne, déjà signée par des centaines de milliers de personnes, exige le retour à l’heure normale, tandis qu’une coordination nationale s’organise pour déposer une demande officielle via la plateforme eparticipation.ma, conformément à la loi organique 70-21.
La ministre a cité les textes encadrant cette question: le décret n° 455.67 du 2 juin 1967 et le décret n° 2.18.855 du 26 octobre 2018, qui prévoit l’ajout d’une heure à l’heure légale, avec la possibilité de suspendre cette mesure si nécessaire. «Le gouvernement traite ce dossier selon une approche institutionnelle, en tenant compte des exigences économiques et des attentes des citoyens», a-t-elle précisé.
Pour répondre aux critiques, la ministre a souligné que des mesures d’accompagnement ont été mises en place, notamment l’adaptation flexible des horaires de travail dans les administrations publiques et l’ajustement du temps scolaire selon les spécificités territoriales. «L’Exécutif mesure pleinement l’impact de cette question sur la vie quotidienne des familles, de l’école et des activités économiques», a-t-elle assuré, ajoutant que le dossier est géré «de manière participative, dans le respect de la loi et de l’intérêt général».
Cette déclaration officielle intervient alors que le débat sur GMT+1 prend une tournure inédite. Comme chaque année, le retour à l’heure d’été après le ramadan a ravivé les critiques, mais cette fois, la mobilisation est structurée. Une coordination nationale, présente dans les douze régions du Royaume, cherche à franchir le seuil légal de 4 000 signatures pour déposer une pétition officielle.
Parallèlement, le Centre africain d’études stratégiques et numériques (CAESD) a publié une note intitulée «La souveraineté temporelle au Maroc», dont les conclusions sont sans appel: «L’alignement sur l’Europe a un coût sanitaire, social et sécuritaire». Selon cette étude, vivre à l’ouest du fuseau GMT+1 entraînerait une perte moyenne de 19 minutes de sommeil par nuit, avec un impact direct sur les performances scolaires des adolescents. Les matins sombres augmenteraient de 21,8% les accidents mortels, tandis que l’argument des économies d’énergie serait remis en cause dans un climat chaud, où le coucher tardif alourdit la consommation de la climatisation.
Alors que le débat s’intensifie, le gouvernement maintient sa position, rappelant que toute modification de l’heure légale devra passer par une révision des textes en vigueur. Une question qui pourrait bien s’inviter dans la campagne électorale à venir.




