GMT+1: Le gouvernement admet son inefficacité énergétique, mais maintient le statu quo

La ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leila Benali, répond à une question orale à la Chambre des représentants, le 9 décembre 2021.

La ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leila Benali, répond à une question orale à la Chambre des représentants, le 9 décembre 2021. . MAP

Revue de presseAu Parlement, la ministre de la Transition énergétique, Leïla Benali, a reconnu que l’heure d’été permanente ne permettait pas de réduire significativement la consommation d’électricité. Pourtant, malgré les critiques croissantes et une pétition citoyenne dépassant les 300.000 signatures, le gouvernement persiste à défendre ce dispositif. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Ahdath Al Maghribia.

Le 14/04/2026 à 19h28

La ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leïla Benali, a révélé que des données préliminaires disponibles indiquaient que l’adoption de l’heure d’été pendant la saison hivernale ne générait pas d’économie d’énergie notable. Lors de sa réponse à une question orale au Parlement, posée lundi dernier par le groupe du Mouvement populaire (MP) concernant «l’impact de l’heure d’été sur l’économie nationale et la rationalisation de la consommation énergétique», Leïla Benali a reconnu la portée limitée de cette mesure, alors que les demandes de l’opposition et la pression sociale s’intensifient pour trancher ce dossier controversé, indique Al Ahdath Al Maghribia de ce mercredi 15 avril.

«Il n’y a pas de réduction effective et tangible de la demande globale en électricité», a-t-elle précisé, soulignant au contraire une hausse de cette demande au cours de l’année 2026. Selon Leïla Benali, l’évaluation de l’impact réel de cette mesure se heurte à des complexités, notamment en raison de la nécessité de mettre à jour l’étude précédente. Cette révision s’impose d’autant plus que les comportements des consommateurs et des acteurs économiques ont évolué, tout comme le secteur de la distribution d’électricité, désormais géré par des entreprises régionales multiservices. Ce changement a fait de la gestion de ce dossier davantage une question régionale qu’une problématique nationale.

La ministre a insisté sur le fait que l’étude antérieure sur les effets de l’heure d’été sur la consommation énergétique devait être actualisée par son département. Elle a d’ailleurs indiqué avoir discuté de cette question avec la ministre déléguée auprès du chef du gouvernement, chargée de la Réforme de l’administration et de la Fonction publique. Les deux responsables gouvernementales se sont accordées sur la nécessité de réviser cette étude, compte tenu de la complexité d’évaluer les différents impacts et de l’évolution des comportements des citoyens et des acteurs économiques, écrit Al Ahdath Al Maghribia.

Ce débat intervient dans un contexte de polémique grandissante autour de l’heure d’été, alors qu’une pétition citoyenne réclamant son abolition a dépassé les 300 000 signatures, un nombre qui reflète le passage du dossier d’une simple question technique à un enjeu central lié à la qualité de vie des citoyens, tout en illustrant la montée de la colère populaire face à l’insistance du gouvernement à maintenir le fuseau horaire estival (GMT+1) de manière permanente. La pétition a d’ailleurs acquis une légitimité constitutionnelle après avoir franchi le seuil légal de 5 000 signatures, conformément aux dispositions de l’article 15 de la Constitution, qui garantit aux citoyens le droit de présenter des pétitions aux autorités publiques.

Les articles 8 et 9 de la loi organique 44.14 stipulent que le chef du gouvernement transmet la pétition déposée ou reçue à la commission des pétitions, qui examine sa conformité avec la Constitution et les lois en vigueur avant de formuler un avis. Celui-ci est ensuite soumis au chef du gouvernement pour décision finale, et le porteur de la pétition est informé de la suite réservée à sa demande. Les militants à l’origine de cette initiative estiment que le maintien du fuseau GMT+1 constitue un défi permanent, perturbant l’horloge biologique et affectant négativement la qualité de vie dans ses multiples dimensions. Ils soulignent que les familles marocaines subissent une désorganisation chronique, qui altère leur équilibre interne et affaiblit la performance professionnelle des salariés et des fonctionnaires.

Par La Rédaction
Le 14/04/2026 à 19h28