C’est une première dans l’histoire des manœuvres «African Lion». Pour son édition 2026 qui a cours à Agadir jusqu’au 1er mai prochain, où se déroule la phase académique depuis le 20 avril dernier, l’exercice militaire, qui rassemble plus de 10.000 soldats de 20 pays à travers le Maroc, la Tunisie, le Sénégal et le Ghana, place la barre très haut en matière d’innovation. Cette année, il ne sera plus seulement question de combats conventionnels, mais de guerres hybrides, où le cyberespace et les satellites jouent un rôle aussi crucial que les chars ou les avions, écrit le quotidien Al Ahdath Al Maghribia dans son édition du jeudi 23 avril.
Au cœur de cette mutation, l’intégration des technologies de pointe dans les opérations militaires. «Les menaces évoluent, et nos armées doivent évoluer avec elles», souligne le site de l’US Army, qui coorganise ces manœuvres. Parmi les nouveautés de cette édition, l’accent mis sur la guerre électronique, l’utilisation des drones et la protection des infrastructures numériques, a-t-on pu lire dans Al Ahdath Al Maghribia. La formation dispensée à Agadir est à la hauteur des enjeux. Pas moins de 22 sessions intensives sont au programme, couvrant des domaines aussi variés que le pilotage de drones, la défense contre les cyberattaques ou l’exploitation des données satellitaires. «L’objectif est de préparer nos partenaires africains à affronter les défis du XXIe siècle», précise un responsable américain cité par le quotidien. «Cela va des bases du maniement des systèmes aériens non habités à leur intégration dans la planification opérationnelle quotidienne», a-t-il ajouté.
Un volet particulièrement ambitieux concerne les drones. Une première unité de formation, réservée à 16 militaires d’élite, a été mise en place. Répartis en deux groupes, les stagiaires alterneront entre théorie et pratique: le premier se concentrera sur l’intégration des drones dans la stratégie militaire, tandis que le second s’entraînera sur quatre systèmes différents, pendant huit à dix jours.
La cyberguerre, autre pilier de cette édition, fait l’objet d’un module de dix jours, supervisé par des experts américains. Les participants apprendront à protéger leurs infrastructures numériques, à détecter les intrusions et à riposter en cas d’attaque. Pour les Forces armées royales marocaines, comme pour les autres armées africaines présentes, cette formation est une occasion unique de se familiariser avec les dernières techniques de défense numérique.
Mais «African Lion 2026» ne se limite pas à la transmission de savoir-faire. C’est aussi un espace d’échange et de coopération. Une approche qui reflète la volonté des États-Unis de renforcer leurs liens avec les armées africaines, dans un contexte marqué par la montée des tensions régionales et la multiplication des cybermenaces. Le Maroc, choisi pour accueillir la première phase de ce programme, joue un rôle clé dans cette dynamique, écrit Al Ahdath Al Maghribia. Le pays a été sélectionné pour héberger le premier centre régional de formation aux drones en Afrique. Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large visant à créer un réseau de centres d’excellence à travers le continent. Une décision qui confirme la place du Maroc comme partenaire privilégié des États-Unis en matière de sécurité et de défense. Demain, la victoire se jouera autant sur le terrain que dans le cyberespace. Une leçon que les 10.000 militaires présents en Afrique du Nord et de l’Ouest auront tout le loisir d’assimiler, avant de passer à la phase pratique des manœuvres.




