Le Maroc et les États-Unis signent une feuille de route militaire pour la décennie à venir

Le ministre délégué chargé de l’Administration de la Défense nationale, Abdellatif Loudiyi et le sous-secrétaire américain à la Guerre, Elbridge Colby.

Rabat et Washington ont officialisé au Pentagone un nouveau cadre régissant leur partenariat de défense pour les dix prochaines années. L’annonce a été faite par le sous-secrétaire américain à la Guerre, Elbridge Colby, sur X.

Le 16/04/2026 à 09h48

Les États-Unis et le Maroc ont formalisé un nouveau cadre de coopération militaire lors d’une rencontre au Pentagone entre le sous-secrétaire américain à la Guerre, Elbridge Colby, et une délégation marocaine conduite par le ministre délégué chargé de l’Administration de la Défense nationale, Abdellatif Loudiyi, et le général de corps d’armée Mohammed Berrid, inspecteur général des Forces armées royales.

Les deux parties ont signé la nouvelle feuille de route de coopération en matière de défense entre les États-Unis et le Maroc, un document destiné à structurer le partenariat militaire bilatéral pour la période 2026-2036. Dans une déclaration publiée sur X à l’issue de la réunion, Elbridge Colby a salué la profondeur historique de cette relation, rappelant que le Maroc avait été la première nation à reconnaître les États-Unis, il y a 250 ans.

«J’ai eu le plaisir de rencontrer aujourd’hui au Pentagone M. Abdellatif Loudiyi, ministre délégué chargé de l’Administration de la Défense nationale, et le général de corps d’armée Mohamed Berrid, inspecteur général des Forces armées royales, afin de signer la nouvelle feuille de route de coopération en matière de défense entre les États-Unis et le Maroc», a-t-il écrit.

«Cette feuille de route guidera notre relation de défense historique pour la prochaine décennie, en s’appuyant sur un partenariat qui a débuté il y a 250 ans, lorsque le Maroc fut la première nation à reconnaître les États-Unis», a-t-il souligné.

Cette signature est intervenue en marge de la 14ème réunion du Comité consultatif de défense maroco-américain, à l’occasion de laquelle la délégation marocaine avait également été reçue par Pete Hegseth, secrétaire américain à la Guerre, en présence des ambassadeurs des deux pays, Youssef Amrani et Duke Buchan III.

Les discussions ont notamment porté sur le renforcement et le rehaussement des relations bilatérales entre les deux pays, notamment en matière de défense, d’industrie de défense et de cybersécurité, indique un communiqué de l’état-major général des Forces armées royales (FAR).

Les travaux ont par la suite couvert les divers aspects de la coopération militaire, avec un bilan jugé très satisfaisant dans plusieurs domaines de partenariat, notamment la formation des cadres, l’échange d’expertises et d’expériences, l’organisation d’exercices conjoints d’envergure tels qu’«African Lion», ainsi que les questions liées aux capacités et équipements militaires.

La coopération militaire entre le Maroc et les États-Unis repose sur un équilibre d’intérêts mutuels qui en fait l’un des partenariats les plus solides de la région. Washington y trouve un ancrage stratégique aux portes de l’Afrique, tandis que Rabat consolide ses capacités de défense grâce à un accès privilégié aux équipements et aux technologies militaires américaines.

African Lion, vitrine d’une coopération opérationnelle rodée

Sur le plan opérationnel, les FAR tirent de cette alliance un gain capacitaire concret: formation des cadres dans les académies militaires américaines, transfert de savoir-faire dans les domaines du renseignement et de la lutte antiterroriste, acquisition d’armements de pointe.

Et c’est dans l’exercice African Lion que cette réciprocité trouve son expression la plus lisible. L’édition 2026 est programmée du 20 avril au 8 mai sur plusieurs villes (Agadir, Tan-Tan, Taroudant, Kénitra et Benguérir) et s’annonce comme un cru particulier. Le général Anderson, d’Africom, a souligné que cette édition revêt une signification symbolique forte, coïncidant avec le 250ème anniversaire des États-Unis et la reconnaissance du Maroc comme première nation à avoir reconnu la jeune république américaine.

Plus de 40 entreprises technologiques américaines se joindront aux troupes pour valider des outils de combat de nouvelle génération, faisant du sol marocain un banc d’essai grandeur nature pour des systèmes d’intelligence artificielle tactique, de commandement avancé et de frappe en profondeur.

La préparation de cette édition a également été marquée par une avancée technique importante. Les FAR et les forces américaines ont testé le 3 février à Agadir le système de communication tactique Link-16, une technologie sécurisée jusqu’alors réservée aux membres de l’OTAN, permettant l’échange en temps réel de données opérationnelles entre unités terrestres, aériennes et navales.

Par La Rédaction
Le 16/04/2026 à 09h48