Casablanca: parasols, chaises… Mhidia décrète la fin du «business» des plages

Parasols sur la plage de Ain Diab.

Revue de presseLe wali de Casablanca-Settat, Mohamed Mhidia, a décidé l’interdiction de toute exploitation commerciale des plages cet été. Un tournant dans la gestion des espaces publics côtiers. Cette mesure vise à restaurer le principe de gratuité et d’équité, mais son succès dépendra d’une vigilance sans faille. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Ahdath Al Maghribia.

Le 22/04/2026 à 18h51

C’est une révolution silencieuse qui s’annonce sur les côtes casablancaises. Le wali de la région Casablanca-Settat, Mohamed Mhidia, a pris une décision radicale: interdire purement et simplement la location de parasols et de chaises sur les plages de la côte casablancaise à l’été 2026. Mieux encore, tous les appels d’offres liées à l’exploitation des espaces balnéaires ont été gelées, scellant ainsi la fin d’un système où les «privilèges» côtoyaient trop souvent l’illégalité, indique le quotidien Al Ahdath Al Maghribia dans son édition du jeudi 23 avril.

Les plages de Casablanca doivent rester des espaces publics ouverts à tous, sans qu’aucun paiement ne soit exigé pour en profiter, a martelé le wali lors d’une réunion du conseil d’administration de la société de développement local Casa Baia. Une déclaration qui sonne comme un rappel à l’ordre, mais aussi comme une promesse, celle de mettre fin à des décennies de gestion opaque, où le domaine public maritime était souvent accaparé par des réseaux d’exploitation informels, au détriment des citoyens.

La mesure, aussi inattendue que symbolique, s’accompagne d’un arsenal de dispositions pour en garantir l’effectivité, relate Al Ahdath Al Maghribia. Les autorités locales ont été sommées de renforcer les contrôles et d’intensifier les interventions sur le terrain pour empêcher toute occupation illégale ou tentative de contournement. Aucune forme d’exploitation anarchique du domaine public maritime ne sera tolérée, a insisté Mohamed Mhidia, soulignant que la gratuité d’accès aux plages devait être un droit inaliénable pour tous les citoyens, sans distinction.

La consigne est claire: renoncer définitivement à l’ouverture de nouveaux appels d’offres pour l’exploitation des plages et explorer des alternatives qui concilient organisation et respect des droits des usagers. Une gageure. Il s’agit d’instaurer un nouveau modèle de gestion, fondé sur la transparence et l’équité et une opportunité de redonner aux plages leur vocation première: un bien commun, accessible sans contrepartie.

Cette rupture avec le passé n’est pas sans rappeler les tensions récurrentes entre les Casablancais et les concessionnaires, accusés de transformer les plages en espaces privatisés de fait. «Pendant des années, on a assisté à un véritable hold-up sur le littoral, où quelques-uns s’enrichissaient sur le dos du plus grand nombre», déplore un habitant du quartier d’Aïn Diab, selon lequel «aujourd’hui, on nous dit que les choses vont changer. Reste à voir si les promesses seront tenues».

Le défi est de taille: si la décision du wali envoie un signal fort, son succès dépendra de la rigueur avec laquelle elle sera appliquée. Les autorités devront notamment veiller à ce que les plages ne deviennent pas le théâtre de nouvelles formes de contournement, comme l’installation sauvage de stands ou la multiplication des activités informelles, a-t-on pu lire dans Al Ahdath Al Maghribia. La gratuité ne doit pas rimer avec anarchie. Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de reconquête des espaces publics, alors que plusieurs villes marocaines tentent de repenser leur rapport au littoral. À Casablanca, où les plages sont un enjeu à la fois social, économique et environnemental, la mesure pourrait faire école, à condition de prouver qu’elle n’est pas qu’un effet d’annonce. En attendant, les Casablancais peuvent déjà savourer une victoire, celle d’un droit retrouvé, celui de fouler le sable sans avoir à sortir le portefeuille. Une petite révolution, en somme, qui pourrait bien redéfinir la relation des Marocains à leur littoral.

Par La Rédaction
Le 22/04/2026 à 18h51