GISS 2026: le Maroc s’allie à l’OACI pour former l’élite mondiale de l’aviation et doubler sa capacité d’accueil

Abdessamad Kayouh, ministre marocain du Transport et de la Logistique, entouré des directeurs généraux de l'aviation civile lors du symposium à Marrakech. (K.Sabbar/Le360)

Le 14/04/2026 à 18h56

VidéoMarrakech devient, du 14 au 16 avril 2026, la capitale mondiale de l’aviation civile. À l’occasion du Global Implementation Support Symposium (GISS 2026), le Maroc et l’OACI ont scellé deux accords stratégiques majeurs pour transformer le secteur. Entre la formation de 100 inspecteurs par an et le déploiement de la biométrie avancée, le Royaume s’appuie sur ses records de trafic pour s’imposer comme le hub aérien de demain.

Le rideau s’est levé ce mardi 14 avril sur Marrakech. La cité ocre, fidèle à sa réputation de ville-monde, accueille le Global Implementation Support Symposium (GISS 2026). Sous le Haut patronage du roi Mohammed VI, cette rencontre internationale, co-organisée par le ministère du Transport et de la Logistique et l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), s’impose d’emblée comme un tournant stratégique pour le secteur aérien mondial.

Plus de 1.500 participants, venus de 130 pays, ont convergé vers le Maroc. Parmi eux, une quarantaine de ministres, 60 directeurs généraux de l’aviation civile et les figures de proue de l’industrie aéronautique mondiale.

En ouvrant les travaux, Abdessamad Kayouh, ministre du Transport et de la Logistique, a souligné l’importance de cette rencontre pour le Royaume: «Il nous plaît d’accueillir cet événement dans la ville ocre; nous espérons que votre séjour sera l’occasion de découvrir la vitalité renouvelée de cette cité.»

Pour le Maroc, l’aviation représente bien plus qu’un secteur de transport: c’est un levier de développement national et un trait d’union stratégique entre l’Europe, l’Afrique et les Amériques. Dans cette optique, le ministre a rappelé la volonté du pays de transformer les défis actuels en opportunités durables en plaçant l’humain et l’innovation au cœur de sa stratégie.

«Nous sommes résolument engagés à consolider notre position de hub aérien régional, en parfaite harmonie avec les standards de l’OACI», a affirmé le ministre. Pour lui, le temps des théories est révolu: l’heure est à l’action et à la mise en œuvre effective sur le terrain. Cette ambition se traduit par des projets d’envergure, portés par l’échéance de la Coupe du monde 2030, qui serviront de test grandeur nature pour les infrastructures du pays.

Les objectifs sont clairs: l’ONDA prévoit de doubler la capacité aéroportuaire nationale pour atteindre 80 millions de passagers par an d’ici 2030, tandis que la Royal Air Maroc projette de quadrupler sa flotte pour atteindre environ 200 appareils en 2037.

Pour le ministre, le thème choisi pour cette édition: «Solutions régionales, bénéfices mondiaux» est une réalité tangible pour le Maroc. Fort d’un taux de conformité de 87% aux normes de sécurité de l’OACI (USOAP), le Royaume joue désormais dans la cour des grands, il enseigne et partage. En s’inscrivant pleinement dans l’initiative «No Country Left Behind», le pays s’affirme comme un acteur clé pour combler le fossé entre les nations.

Cette volonté d’agir s’est rapidement traduite par la signature de deux conventions majeures avec l’OACI. Le premier accord place le Maroc en qualité de centre international de formation stratégique, avec l’engagement de préparer 100 inspecteurs de l’aviation civile chaque année, prioritairement pour les pays en développement. L’objectif est de bâtir, depuis Marrakech, un socle de compétences solide pour sécuriser le ciel mondial.

Le second partenariat mise sur la modernisation technologique. Il porte sur la généralisation de solutions de pointe dans les aéroports nationaux, notamment via la biométrie avancée et l’intégration des systèmes de données passagers (API/PNR). Ces outils permettront de fluidifier le parcours voyageur tout en renforçant la cybersécurité des infrastructures critiques.

Point d’orgue de cette ouverture, les pilotes de la patrouille «Marche Verte» des Forces royales air ont offert un show aérien saisissant au-dessus de la cité ocre. Dans une chorégraphie de haute précision, cette démonstration a illustré avec force l’excellence technologique marocaine, réaffirmant la volonté du Royaume de s’imposer comme une référence incontournable sur l’échiquier aéronautique mondial.

En marge des expositions d’innovations, une table ronde ministérielle à huis clos et sept panels thématiques — traitant de la connectivité, de la sécurité, du financement et des ressources humaines — sont venus rythmer ce symposium. Pour les 130 États membres présents, l’enjeu est désormais de traduire ces échanges en politiques nationales concrètes pour accompagner l’évolution du secteur.

Par Najwa Targhi et Khadija Sabbar
Le 14/04/2026 à 18h56