Du premier remplissage aux dernières pannes et interventions: ce que le registre des barrages doit consigner

Le barrage Al Massira. (K.Essalak/Le360)

Surveillance, maintenance, incidents naturels, anomalies structurelles... rien ne devra être omis. Le décret n° 2.25.502 fixe le contenu du registre des barrages et renforce les obligations de transparence des exploitants de ces infrastructures. Les détails.

Le 27/05/2026 à 17h15

Le décret n° 2.25.502 a été publié au Bulletin officiel. Il définit le contenu du registre spécial que tout exploitant de barrage est tenu de tenir en application de l’article 20 de la loi n° 30.15 relative à la sécurité des ouvrages hydrauliques.

Le registre doit être disponible sous forme papier et sur support électronique. Il comprend les données relatives au premier remplissage du barrage, les détails de son exploitation, les opérations de surveillance, les résultats des observations de terrain, les mesures d’inspection, les travaux de maintenance du génie civil, les travaux de maintenance des équipements électromécaniques et électriques, les opérations de modification des installations, les travaux réalisés à proximité du barrage, la description des événements extraordinaires d’origine naturelle et le suivi des pannes.

Le registre doit être accompagné de tous les documents techniques et administratifs relatifs à l’ouvrage, dont les rapports de surveillance, les rapports de visites d’inspection, les rapports de fin de travaux et les études d’évaluation de la sécurité.

L’exploitant est tenu de le mettre à jour après chaque opération de surveillance, d’inspection, de maintenance, de modification ou après tout autre incident. Chaque entrée doit être datée, signée et accompagnée des pièces justificatives nécessaires.

Le décret oblige également l’exploitant à informer sans délai l’autorité gouvernementale chargée de l’eau, l’autorité administrative locale et l’agence du bassin hydraulique concernée de toute mise à jour de la version électronique du registre.

Le texte vise à renforcer la traçabilité des interventions sur les ouvrages hydrauliques et à contribuer à la sécurité publique ainsi qu’à la protection des personnes et des biens.

Pour Amine Benjelloune, hydrologue, ce type de registre répond à un besoin technique fondamental. «Un barrage est un ouvrage vivant. Il subit des contraintes permanentes liées aux variations du niveau d’eau, aux séismes, aux cycles thermiques et au vieillissement des matériaux. Sans historique documenté et fiable, il est impossible de détecter une dégradation progressive ou d’anticiper une défaillance», explique-t-il.

L’expert souligne que la valeur du registre réside dans sa continuité. «Ce n’est pas une inspection isolée qui permet de juger de l’état d’un barrage, c’est la comparaison dans le temps. Une fissure qui s’élargit de quelques millimètres par an ne se voit pas à l’œil nu lors d’une seule visite. Elle apparaît dans les données», poursuit-il.

Il salue également l’obligation de transmission aux agences de bassin hydraulique, qui permet, selon lui, de croiser les données entre plusieurs ouvrages d’un même bassin versant et d’affiner les modèles de gestion du risque à l’échelle régionale.

Par Hajar Kharroubi
Le 27/05/2026 à 17h15