Crédit du Maroc: le résultat net progresse de 19,4% au premier semestre 2026

Le siège de Crédit du Maroc à Casablanca.

Le résultat net part du groupe Crédit du Maroc atteint 532 millions de dirhams à fin juin 2026, soutenu par la progression du produit net bancaire, l’accélération des financements aux entreprises et la forte réduction du coût du risque. La hausse des créances en souffrance et le repli des opérations de marché constituent toutefois les principaux points de vigilance.

Le 28/07/2026 à 11h44

Crédit du Maroc clôt le premier semestre 2026 sur une progression simultanée de son activité commerciale et de sa rentabilité. Selon le communiqué financier examiné par le Conseil de surveillance le 27 juillet, le résultat net part du groupe s’est établi à 532 millions de dirhams, contre 445 millions de dirhams une année auparavant, soit une hausse de 19,4%.

La banque attribue cette évolution à «la croissance soutenue de l’activité commerciale, à la maîtrise des charges d’exploitation et à la gestion rigoureuse des risques». Les comptes arrêtés au 30 juin montrent, plus précisément, que la capacité bénéficiaire a progressé plus rapidement que les revenus, grâce à la hausse du produit net bancaire, à un rythme contenu des charges et à une nette diminution du coût du risque.

Le produit net bancaire consolidé atteint 1,914 milliard de dirhams au premier semestre, en progression de 7,8% par rapport aux 1,775 milliard enregistrés à fin juin 2025. Le principal moteur de cette croissance reste la marge nette d’intérêt, qui augmente de 13,1% pour s’établir à 1,478 milliard de dirhams.

Le communiqué relie cette performance au «développement commercial, à la maîtrise du coût de la ressource ainsi qu’à la contribution de la filiale Crédit du Maroc Leasing et Factoring». La progression des revenus repose ainsi principalement sur l’activité traditionnelle de financement, renforcée par les métiers de crédit-bail et d’affacturage.

La marge sur commissions ressort, pour sa part, à 259 millions de dirhams. Crédit du Maroc indique qu’elle a bénéficié du développement des activités de Crédit du Maroc Assurances et de Crédit du Maroc Patrimoine, ainsi que du lancement de CDM Pay. La diversification des revenus par les filiales et les paiements contribue donc à la formation du produit net bancaire, sans toutefois égaler l’apport de la marge d’intérêt.

En revanche, le résultat des opérations de marché recule de 13,8%, à 226 millions de dirhams. Le communiqué explique cette contraction par «le recul de l’activité obligataire au vu du contexte géopolitique», dont l’effet a été partiellement compensé par la dynamique de l’activité de change. La progression globale des revenus absorbe ainsi une baisse significative sur les activités de marché.

Un effet de levier opérationnel favorable

Les charges générales d’exploitation augmentent de 5,4%, passant de 809 à 853 millions de dirhams. Leur progression reste inférieure à celle du produit net bancaire, ce qui permet au résultat brut d’exploitation de croître de 9,9% pour atteindre 1,061 milliard de dirhams, contre 965 millions un an auparavant.

Ce différentiel entre la croissance des revenus et celle des charges améliore le coefficient d’exploitation de 104 points de base, à 45%. Selon le communiqué, cette évolution traduit «la croissance solide du PNB consolidé, conjuguée à la maîtrise des charges générales d’exploitation». La banque convertit ainsi une hausse de 7,8% de ses revenus en une progression de 9,9% de son résultat brut d’exploitation.

Parallèlement, Crédit du Maroc a consacré 108 millions de dirhams aux investissements au cours du semestre. L’essentiel de cette enveloppe a porté sur le renforcement du socle technologique, un choix cohérent avec l’accélération des services digitaux présentée dans le communiqué.

L’encours global des crédits progresse de 7,1% sur douze mois, passant de 59,998 à 64,276 milliards de dirhams à fin juin 2026. La hausse est principalement portée par les financements destinés aux entreprises, dont l’encours augmente de 12,7% pour atteindre 41,069 milliards de dirhams.

La ventilation de cette croissance révèle une accélération marquée des financements productifs et spécialisés. Le crédit-bail avance de 34,8%, les crédits à l’équipement de 24,9% et les crédits à la promotion immobilière de 15,8%. Ces évolutions expliquent l’écart de rythme entre les concours accordés aux entreprises et ceux destinés aux particuliers.

Les crédits aux ménages progressent plus modérément de 3,9%, à 22,742 milliards de dirhams. Leur évolution reste néanmoins différenciée selon les produits: les crédits à la consommation augmentent de 10,5%, passant de 4,237 à 4,681 milliards de dirhams, tandis que les crédits à l’habitat gagnent 2,3%, de 17,659 à 18,061 milliards de dirhams.

Les ressources à vue progressent de 14,6%

Les ressources bilantielles atteignent 63,903 milliards de dirhams, en hausse de 10,1% sur douze mois, contre 58,019 milliards à fin juin 2025. Le communiqué souligne que cette progression est «principalement portée par la bonne dynamique des ressources à vue», dont l’encours augmente de 14,6% pour atteindre 47,106 milliards de dirhams.

Les autres catégories évoluent peu. Les ressources à terme s’établissent à 5,348 milliards de dirhams, tandis que les ressources d’épargne ressortent à 10,092 milliards, contre 10,100 milliards une année auparavant. La croissance des ressources repose donc essentiellement sur les dépôts immédiatement disponibles, les ressources à terme et d’épargne demeurant stables.

La rentabilité bénéficie également d’une forte amélioration du coût du risque. Celui-ci s’établit à 28 millions de dirhams, contre 130 millions au premier semestre 2025, soit une baisse de 78,4%. Crédit du Maroc y voit le résultat d’«une bonne maîtrise de la sinistralité» et d’«une performance remarquable des actions de recouvrement mises en œuvre».

La lecture du risque reste toutefois nuancée par l’évolution des créances en souffrance. Leur encours augmente de 8,2%, à 4,259 milliards de dirhams. Cette hausse s’accompagne néanmoins d’un recul de 50 points de base du taux de créances douteuses et litigieuses, ramené à 6,6%, ainsi que d’une amélioration du taux de couverture, porté à 86,2%.

La baisse du taux de créances douteuses malgré l’augmentation de leur montant traduit l’effet de la croissance de l’encours global de crédits. L’amélioration du taux de couverture renforce parallèlement la protection constituée face aux créances en souffrance, tandis que le recul du coût du risque soutient directement la progression du résultat net.

Une solvabilité stable, au-dessus du minimum indiqué

Le ratio de solvabilité s’établit à 13,70% à fin juin 2026, contre 13,66% un an auparavant. Il demeure ainsi supérieur au minimum de 12% mentionné dans le communiqué. La stabilité de cet indicateur accompagne une croissance de 7,1% des crédits et une hausse de 19,4% du résultat net part du groupe.

L’accélération commerciale s’est doublée de plusieurs lancements digitaux. Crédit du Maroc a conclu deux partenariats lors de sa première participation au GITEX Africa 2026: l’un avec Adria Business & Technology autour de la transformation digitale et du potentiel de l’intelligence artificielle, l’autre avec S2M Worldwide pour proposer un service d’émission instantanée de cartes bancaires à l’ouverture du compte.

L’offre de paiement a également intégré Apple Pay et Google Pay pour les porteurs de cartes Visa. La banque a, en parallèle, digitalisé les transferts de scolarité sur myCDM, permettant aux clients d’effectuer leur demande sans déplacement en agence. Le communiqué inscrit ces réalisations dans «l’amélioration continue de l’expérience client» et l’enrichissement de l’offre digitale.

Au terme du semestre, la progression de Crédit du Maroc repose donc sur trois mécanismes clairement identifiés dans ses comptes: une croissance des financements dominée par les entreprises, une marge d’intérêt en hausse de 13,1% et une réduction de 78,4% du coût du risque. Le repli des opérations de marché et la hausse de 8,2% des créances en souffrance tempèrent néanmoins la performance, sans empêcher le résultat net d’avancer plus de deux fois plus rapidement que le produit net bancaire.

Par La Rédaction
Le 28/07/2026 à 11h44