Selon le relevé effectué ce vendredi matin par Le360 dans plusieurs stations du centre de Casablanca, Shell et Petromin affichent le gasoil à 16,18 DH le litre et l’essence à 15,63 DH. Chez Winxo, le litre de gasoil se vend à 16,15 DH, contre 15,62 DH pour l’essence.
Chez Afriquia, les tarifs affichés sont de 16,10 DH le litre pour le gasoil et de 15,59 DH pour l’essence.
Ces tarifs interviennent après la nouvelle révision à la hausse appliquée à partir du 1er octobre, avec une augmentation de 80 centimes par litre pour le gasoil et de 39 centimes pour l’essence sans plomb.
Le niveau atteint par le gasoil se rapproche ainsi du record historique enregistré à Casablanca en 2022. Le litre avait alors atteint 16,57 DH le 5 juillet 2022, soit seulement 39 centimes de plus que le tarif actuellement affiché chez Shell et Petromin.
Pour l’essence, le record reste plus élevé: 17,78 DH le litre, relevé à Casablanca le 15 juin 2022.
Cette nouvelle flambée intervient après plusieurs relèvements successifs depuis la mi-juillet. Pour le gasoil, les hausses ont atteint successivement 69 centimes à la mi-juillet, un dirham début août, 65 centimes à la mi-août, 6 centimes début septembre, puis 34 centimes le 16 septembre. Avec la nouvelle hausse de 80 centimes, l’augmentation cumulée atteint désormais environ 3,54 dirhams par litre depuis la mi-juillet.
Le gasoil demeure ainsi plus cher que l’essence, avec un écart qui s’est encore creusé après cette dernière révision. À Casablanca, la différence atteint désormais environ 55 centimes par litre entre les deux carburants.
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Cette nouvelle hausse intervient alors que les marchés internationaux des produits pétroliers raffinés restent sous tension. Houcine El Yamani, secrétaire général du Syndicat national des industries du pétrole et du gaz, affilié à la CDT, et président du Front national pour la sauvegarde de la raffinerie Samir, affirme que le prix du gasoil sur le marché international a atteint plus de 1.400 dollars la tonne, contre environ 700 dollars avant le déclenchement des récents conflits au Moyen-Orient.
Selon lui, cette évolution s’explique notamment par le recul de l’offre mondiale de produits raffinés, les perturbations affectant certaines capacités de raffinage et les difficultés sur plusieurs routes d’approvisionnement.
Le responsable syndical estime que le marché connaît désormais un découplage marqué entre le pétrole brut et les produits raffinés, en raison d’un déficit d’offre de carburants. Il affirme notamment que le litre de gasoil se négocie actuellement avec une prime de près de 6 dirhams par rapport à un litre de pétrole brut, ce qui témoignerait, selon lui, de la forte rentabilité du raffinage dans le contexte actuel.
Pour le Maroc, El Yamani évalue à plus de 40 milliards de dirhams par an la facture liée aux importations de gasoil, sans compter les autres produits pétroliers raffinés, notamment l’essence, le carburéacteur, le fuel industriel ou encore le bitume.
Il relie cette dépendance à l’arrêt de la raffinerie Samir de Mohammedia. Selon lui, si la raffinerie avait été reprise par l’État après son placement en liquidation judiciaire en 2016, elle aurait pu contribuer à sécuriser une partie de l’approvisionnement national et à réduire la pression sur les prix à la pompe. Yamani rappelle à ce titre que le Syndicat national des industries du pétrole et du gaz avait notamment défendu une reprise des actifs de Samir par l’État à travers une compensation avec les créances publiques. Il affirme que cette proposition avait été rejetée par la majorité gouvernementale sortante lors de son examen au Parlement.
El Yamani met enfin en garde contre les conséquences d’une prolongation des conflits au Moyen-Orient ainsi que de la guerre en Ukraine et en Russie. Selon lui, ces tensions pourraient accentuer les difficultés d’approvisionnement sur le marché international et faire peser un risque supplémentaire sur les prix de l’énergie.
Dans ce contexte, El Yamani plaide pour une relance rapide de l’activité de raffinage à Mohammedia, estimant que le site ne devrait pas être cantonné au stockage des produits pétroliers. Il appelle également à un allègement de la fiscalité sur les carburants, à hauteur, selon lui, d’environ 4 DH par litre pour le gasoil et 5 DH pour l’essence, dans l’attente d’un reflux des cours internationaux.




