Bourse de Casablanca: les investissements étrangers en hausse de 21% à 220 milliards de dirhams

La bourse de Casablanca.

Les investisseurs étrangers ont renforcé leur présence à la Bourse de Casablanca en 2025, portant leur portefeuille d’actions cotées à 220 milliards de dirhams, en hausse de 21,2% sur un an. Selon l’AMMC, cette progression, liée principalement à la forte appréciation des cours, s’accompagne d’une recomposition géographique des investissements, marquée par la montée du Moyen-Orient, qui représente désormais 47,9% de l’encours étranger, devant l’Europe (44,5%).

Le 07/11/2026 à 16h30

Les investissements étrangers prennent de l’ampleur sur le marché boursier marocain. À fin 2025, les investisseurs étrangers détenaient pour 220 milliards de dirhams (MMDH) d’actions cotées à la Bourse de Casablanca, soit une hausse de 21,2% par rapport à 2024. C’est ce que montre le rapport de l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) sur l’investissement étranger en instruments financiers au titre de 2025. Le document porte sur trois classes d’actifs, les actions cotées, les titres de créance et les OPCVM, ainsi que sur les transactions réalisées en Bourse.

Cette progression tient essentiellement à la hausse des cours des titres détenus par les étrangers, dans le sillage du MASI, qui a gagné 27,57% en 2025. L’encours des investissements étrangers à la Bourse de Casablanca a suivi une trajectoire ascendante ces dernières années, enregistrant une progression d’environ 41% entre 2022 et 2025.

La part des étrangers dans la capitalisation boursière globale recule néanmoins, à 21,2% contre 24,1% en 2024. Sur la même période, la capitalisation globale est passée de 752,4 à 1.040,7 MMDH, tandis que la capitalisation flottante est passée de 206,8 à 280,4 MMDH.

Chiffres clés du rapport de l’AMMC sur l’investissement étranger en instruments financiers en 2025.

Les 80 sociétés cotées comptent toutes des investisseurs étrangers dans leur capital, contre 77 en 2024. Trente d’entre elles sont détenues à plus de 10% par des étrangers, et douze à plus de 50%. Par secteur, quatre branches sont détenues à plus de 40% par des étrangers. L’électricité arrive en tête avec 85,9%, devant les télécommunications (55,2%), les boissons (54,7%) et le pétrole et gaz (48,8%).

La répartition sectorielle de l’encours des investissements étrangers à la Bourse de Casablanca est très concentrée. Les télécommunications, l’électricité, les banques et le bâtiment et matériaux de construction représentent ensemble plus des trois quarts de l’encours total. Le pétrole et gaz (6,9%) et les assurances (3,5%) viennent ensuite, et les autres secteurs totalisent près de 14%.

L’encours étranger a augmenté de 38,6 MMDH entre fin 2024 et fin 2025. L’électricité y contribue pour 15,8 MMDH et les télécommunications pour 12,8 MMDH, soit près des trois quarts de la progression totale. Le bâtiment et matériaux de construction fait exception, avec un léger repli, lié notamment au retrait de la Banque islamique de développement de LafargeHolcim Maroc.

L’Europe cède du terrain

La région d’origine dominante varie selon les secteurs. Il s’agit du Moyen-Orient à 99% dans les télécommunications et à 100% dans l’électricité, et l’Europe à 94% dans les banques et à 95% dans le bâtiment. Dans le pétrole et gaz, l’Europe pèse 64% et le Moyen-Orient 36%. Dans les assurances, l’Afrique représente 35%.

La répartition de l’investissement étranger global à la Bourse de Casablanca en 2025 montre que l’encours provenant du Moyen-Orient a progressé de 34%, s’élevant à 105,5 MMDH, ce qui représente une part de 47,9%. L’encours européen s’est accru de 9% à 98 MMDH, soit une part dans l’investissement étranger de 44,5%.

Pour le Moyen-Orient, le rapport de l’AMMC cite la performance des actions détenues par les investisseurs émiratis, qui ont généré un effet positif de 29,3 MMDH. Itissalat Al-Maghrib y contribue pour 12,6 MMDH et Taqa Maroc pour 15,8 MMDH. Parmi les personnes morales non résidentes, les Émirats arabes unis détiennent 101,5 MMDH, soit 47,2% du total.

Côté européen, le rapport note que pour les personnes morales non résidentes, la France détient 41 MMDH (19,1%), la Suisse 14,1 MMDH (6,6%), l’Allemagne 13,6 MMDH (6,3%) et le Luxembourg 10,8 MMDH (5%). L’encours africain atteint 12,6 MMDH, en hausse de 2,3 MMDH. L’appréciation des cours y contribue pour 2 MMDH, dont 1,1 MMDH pour Sanlam. L’Amérique du Nord progresse de 86% à 4,1 MMDH. Les autres régions du monde représentent 1,9% de l’investissement étranger.

Les investisseurs étrangers non résidents représentent près de 97,8% de l’investissement étranger en actions, avec la domination des personnes morales. Les Marocains résidant à l’étranger détiennent 1,76 MMDH. En titres de créance, l’encours détenu par les étrangers et les MRE atteint 3,1 MMDH. Les bons du Trésor restent prépondérants avec une part de 57,6%, devant les obligations (30,9%) et les certificats de dépôt. L’encours étranger en titres d’OPCVM atteint 7,5 MMDH, représentant 0,96% de l’actif net global des OPCVM.

En Bourse, les étrangers ont généré 17,3 MMDH de volumes en 2025, soit 6,3% du volume transactionnel global sur le marché central (avec une part de 79%) et le marché de blocs (21%). Par origine géographique, les investisseurs européens totalisent près de 38% du volume transigé par les étrangers, devant les Africains avec 34,6% et les Moyen-Orientaux avec 19%. L’Amérique du Nord représente 8,2% du volume étranger.

Chez les personnes morales, l’Égypte arrive en tête avec 3,53 MMDH (avec une part de 21%), devant l’Arabie saoudite (18,2%), le Royaume-Uni (17%) et l’Afrique du Sud (13,8%). Malte (9,5%) et les États-Unis (7,5%) suivent. Cinq secteurs concentrent près de 85 % du volume: le bâtiment et matériaux de construction (31,2 %), la santé (22,9%), les banques (19,5%), les télécommunications (5,9%) et les services de transport (5,4%).

Par Lahcen Oudoud
Le 07/11/2026 à 16h30