Yasmine Hamdan s’est produite hier, samedi 27 juin, dans le cadre de la 27e édition du Festival Gnaoua Musiques du monde, au Borj Bab Marrakech.
La chanteuse libanaise, épouse du réalisateur palestinien Elia Suleiman, exprime un attachement profond à la musique gnaoua. «La musique gnaoua, on sent que c’est une musique ancestrale, c’est une musique de la terre, une musique de la transe, une musique spirituelle. Je trouve que c’est une musique qui parle à tout le monde. C’est une musique qui te donne de l’énergie.»
C’est un album qui a ravivé son envie de continuer à faire de la musique. «À un moment donné, j’avais arrêté. Je n’étais pas sûre de vouloir faire un autre album. Donc cet album, “I Remember, I Forget”, m’a donné envie de continuer à faire de la musique. J’ai commencé à travailler toute seule au départ, j’ai travaillé avec un poète palestinien, Anas El Aini, sur le premier morceau sur lequel j’ai travaillé, “Houun”, et petit à petit, j’ai commencé à prendre de plus en plus de plaisir à travailler toute seule de mon côté, comme si je préparais quelque chose de secret toute seule dans ma chambre. Et à un moment, on a organisé avec Marc Aulin une session avec plusieurs musiciens et ça m’a complètement happée. Et finalement, j’ai découvert que la musique me procurait beaucoup de joie et cette joie me donne de la force, et c’est comme ça que j’ai commencé à travailler tout cet album.»
La langue arabe occupe une place centrale dans son rapport à la musique et à son identité. «J’ai commencé à prendre au sérieux la musique lorsque j’ai commencé à chanter en arabe, car à l’époque, j’avais envie de chanter en arabe en faisant des mélanges, j’étais dans une quête identitaire. J’étais de la génération d’après-guerre, on avait hérité d’une guerre civile et on n’avait jamais pu questionner nos parents, et il y avait un malaise. Quand je suis venue au Liban, je ne me sentais pas vraiment chez moi. Avec l’arabe, j’ai senti que je pouvais trouver ma place.»
La découverte de la vieille musique arabe a été un moment fondateur. «Lorsque j’ai découvert la vieille musique arabe, je me suis sentie active, on ressent et on reconstitue un passé qui est fragmenté.»




