Parution. «Paris-Téhéran, le grand dévoilement»: autopsie d’un aveuglement français

Les journalistes et auteurs Emmanuel Razavi (gauche) et Jean-Marie Montali (droite).

Dans leur dernier opus, Emmanuel Razavi et Jean-Marie Montali rouvrent le dossier de la révolution iranienne et de sa réception française. De l’exil de Rouhollah Khomeini à Neauphle-le-Château aux soulèvements de 2025-2026, ils instruisent le procès de cinquante années de récits idéologiques, réexaminent la dynastie des Pahlavi, remontent les filières marxistes, palestiniennes et islamistes qui ont nourri la révolution, puis interrogent l’avenir politique du pays. Livre d’enquête, réquisitoire et plaidoyer tout ensemble, cet ouvrage soutenu par les photographies d’Alfred Yaghobzadeh oppose à l’Iran des mollahs un autre Iran: celui des rois, des poètes, des femmes insurgées et d’une jeunesse qui veut reprendre possession de son histoire.

Le 14/08/2026 à 09h54

Publié aux Éditions du Cerf en mars 2026, ce volume de 240 pages ne dissimule ni son point de vue ni son ambition historique. Les auteurs, Emmanuel Razavi et Jean-Marie Montali, qui ont déjà commis un livre fondamental: «La pieuvre de Téhéran: l’enquête sur les espions et les agents d’influence iraniens en Europe et aux États-Unis» (Cerf, juin 2025), ne veulent pas seulement raconter comment la République islamique s’est imposée. Ils cherchent à comprendre comment une partie de l’intelligentsia, de la presse et de la diplomatie françaises a contribué à rendre cette victoire pensable, légitime, parfois même désirable, avant de prolonger ses erreurs jusqu’au présent.

Leur fil directeur tient dans un mot: falsification. Falsification par le mensonge explicite, certes, mais aussi par l’omission, le cadrage, la traduction infidèle, le romantisme révolutionnaire et l’acharnement à sauver un récit lorsque les faits l’ont déjà condamné.

Le dispositif est construit comme une remontée du mensonge vers ses conséquences. L’avertissement et le préambule fixent la position morale; les trois premiers chapitres reviennent sur Khomeini, la dynastie des Pahlavi et les alliances révolutionnaires; les deux suivants transportent la démonstration dans le présent, avant une conclusion écrite au bord de l’événement. Les annexes sur les révolutions marxistes, les mouvements sociaux occidentaux et la chronologie iranienne élargissent encore la perspective. Ce mouvement donne à l’ouvrage son unité, malgré l’abondance des témoignages, des portraits et des digressions historiques.

Le mensonge fondateur: Khomeini et les idoles françaises

Le cœur du réquisitoire se situe à Neauphle-le-Château, où Khomeini séjourna durant les derniers mois de 1978. Selon les auteurs, le futur guide y élabora une opération de séduction mondiale: promesse de pluralisme, liberté d’expression, respect des femmes, refus de la censure. Or ses écrits antérieurs, rappellent-ils, exposaient déjà le gouvernement du juriste-théologien, la primauté de la loi divine, la répression des minorités et une conception totalitaire de la vie privée. Le mensonge ne résiderait donc pas dans une dérive ultérieure, mais dans le masque démocratique porté avant la conquête du pouvoir.

Razavi et Montali font de Sartre, Foucault, Simone de Beauvoir, Serge July et quelques autres les figures emblématiques d’un aveuglement plus vaste. Ils ne leur reprochent pas seulement de s’être trompés, mais d’avoir préféré la cohérence de leurs convictions anti-impérialistes à la contradiction des faits.

«Sartre, Foucault, dont les noms sont encore aujourd’hui sanctifiés, se disaient libres-penseurs. On les a pris pour des guides mais, tout aveuglés qu’ils étaient par leurs propres certitudes idéologiques et convaincus d’avoir raison contre la réalité, ils nous ont perdus. Ils ont dressé leurs totems - la Dialectique, le Progrès, la Révolution - sur des charniers encore tièdes, ou ceux à venir, en pensant qu’un “homme nouveau” naîtrait sous les cadavres.»

Le grief essentiel est celui de la paresse intellectuelle. Il aurait suffi, affirment les auteurs, de lire Khomeini au lieu de l’écouter. Ses traités de jurisprudence, ses conférences sur le gouvernement islamique et ses fatwas annonçaient déjà ce que deviendraient le contrôle des corps, la criminalisation de l’homosexualité, l’assujettissement des femmes et la réduction de la politique à une théologie de l’obéissance.

«La triste vérité, c’est que ces intellectuels, ces journalistes, par paresse, par bêtise ou pire encore par complaisance ou complicité idéologique, n’ont pas travaillé “leur sujet”. Khomeini n’a jamais caché ses projets, ni ses ambitions djihadistes, ni même ses conceptions sociales. Il les avait proclamées sur tous les tons, et même écrites, bien avant de se réfugier en France.»

Et encore: «Sous la bannière du sacré, Khomeini rêvait donc d’un ordre si total qu’aucun désir, aucun souffle ne pourrait lui échapper. Ça n’était pas seulement une obsession politique ou religieuse: ça en devenait organique. Il lui fallait domestiquer le désir, les caresses et codifier l’amour, traduit en lois et en interdits.»

Le témoignage de Mohsen Sazegara, cofondateur repenti des Gardiens de la révolution, fournit à cette démonstration sa pièce la plus accusatrice. Il rapporte que Khomeini assumait lui-même le recours à la tromperie pendant son séjour français: «Un autre de ses défauts est apparu lorsqu’il est revenu sur les nombreuses déclarations qu’il avait faites durant son exil à Neauphle-le-Château. Quand on le lui faisait remarquer, il répondait qu’à cette époque, il avait eu recours à la ruse et à “la tromperie”.»

La thèse du livre devient alors celle d’une responsabilité partagée. Le futur ayatollah a menti, mais son mensonge n’aurait pas acquis une telle puissance sans le désir occidental de le croire, nourri par l’anti-américanisme, la fascination tiers-mondiste et la détestation de la monarchie.

«En d’autres termes, Khomeini a menti à la terre entière, en pleine conscience et par calcul. Mais le plus troublant n’est pas tant le mensonge en lui-même, qui aurait pu et aurait dû être dénoncé très rapidement, que l’écho qu’il a trouvé. Car ce mensonge n’aurait pas prospéré sans une volonté collective d’y croire aveuglément, par naïveté, par complaisance, par idéologie.»

Retrouver l’Iran long et relire les Pahlavi

Pour défaire le récit de 1979, les auteurs replacent la République islamique dans le temps long. L’Iran n’est ni arabe ni réductible au chiisme politique. Il est persan, multiethnique, traversé par les mémoires achéménide, sassanide, zoroastrienne, musulmane et moderne. Cette profondeur n’est pas un ornement érudit: elle permet d’interpréter la théocratie comme une tentative de mutilation identitaire.

Pour les auteurs, «l’Iran ne commence pas avec l’islam et ne se réduit pas à l’islam! La République islamique n’est qu’une parenthèse d’à peine 50 ans dans une histoire plurimillénaire demeurée vivante, et à laquelle les Iraniens sont très attachés. Effacer l’histoire d’un pays, c’est le mutiler.»

Dans cette fresque, la dynastie des Pahlavi est réévaluée sans être entièrement absoute. Reza Shah puis Mohammad Reza Shah modernisent l’armée, l’école, les infrastructures, le droit, l’industrie et la condition féminine. Mais le livre reconnaît aussi la brutalité des réformes, la corruption, le parti unique et l’erreur capitale d’avoir modernisé la société sans ouvrir réellement le système politique.

Le Shah apparaît comme un bâtisseur visionnaire et un souverain incapable de comprendre que le silence imposé n’est pas l’adhésion. La modernité qu’il apporte travaille aussi contre lui: «Il règne, il avance, il tranche. Il modernise comme on avance à la baïonnette. Il y a bientôt autant de grues dans le ciel qu’il y a de minarets.»

L’alliance du Rouge et du Noir

La révolution, dans ce livre, n’est jamais un pur soulèvement populaire. Elle est une coalition instable d’islamistes, de communistes du Toudeh, d’islamo-marxistes, de guérillas, de réseaux palestiniens et d’intérêts soviétiques. Les auteurs ne prétendent pas que Moscou aurait créé Khomeini, mais qu’il a exploité tout ce qui pouvait affaiblir un allié majeur des États-Unis. L’OLP de Yasser Arafat joue, elle, un rôle de passeur: camps d’entraînement, apprentissage militaire, circulation des cadres et légitimation symbolique.

Cette reconstitution est guidée par une théorie générale de la propagande. Une révolution triomphe aussi parce qu’elle sait distribuer les rôles, fabriquer des martyrs, sanctifier sa violence et offrir au public étranger une dramaturgie immédiatement lisible: «Toute révolution, fût-elle islamique, s’accompagne de la fabrication d’un récit destiné à façonner les opinions publiques. C’est purement et simplement de la “propagande”, et la propagande ne se limite jamais à expliquer ou justifier un combat. Elle lui confère une légitimité morale et politique, parfois en établissant des récits qui n’ont rien à voir, ni de près ni de loin, avec la réalité.»

La bataille politique devient alors bataille d’images. Le Shah doit être transformé en monstre absolu; Khomeini en sage libérateur. La SAVAK, dont les abus ne sont pas niés, devient le symbole unique d’un régime désormais privé de toute nuance: «La méthodologie suivait trois étapes: créer un monstre imaginaire, jusqu’à convaincre chacun de l’avoir vu, transformer un vrai monstre en ange, jusqu’à ce que l’on jure l’avoir vu… Et lancer la machine médiatique, en décrivant une SAVAK fantasmée, exactement comme la République islamique le fera ensuite. La SAVAK était un service de renseignement et de sécurité comparable à ceux de nombreux États.»

Le «syndrome de Foucault» et la fabrication médiatique

Le livre accorde une place centrale aux erreurs de récit devenues vérités admises. Deux épisodes servent de laboratoire. Le premier est l’incendie du cinéma Rex d’Abadan, longtemps imputé à la SAVAK alors que l’ouvrage en attribue la responsabilité à des militants islamistes. Le second est le «Vendredi noir» du 8 septembre 1978. Les auteurs ne minimisent pas la tuerie, mais montrent comment le chiffre de quelques dizaines de morts fut transformé, chez Foucault, en plusieurs milliers: «Se basant sur les informations produites par les révolutionnaires, il raconte dans un article que “l’armée a tué trois à quatre mille personnes sur la place Djaleh”. Pourtant, les estimations historiques considérées comme les plus fiables rapporteront qu’il y a eu en réalité entre 64 et 87 personnes tuées. Mais le fait de gonfler les chiffres déforme la réalité et donne la supposée mesure de ce qui se passe en Iran: une révolte contre l’impérialisme matée dans le sang.»

La critique vise moins l’erreur ponctuelle que la méthode. Claude Tastet, témoin d’un entretien conduit à Téhéran par Foucault et deux journalistes français, décrit des questions orientées et une écoute sélective: «Buvant du petit-lait, ils entendaient ce qu’ils voulaient entendre. À la fin de l’entretien, quand les pilotes les ont interrogés à leur tour sur les événements, les journalistes et Foucault ont éludé les questions, et sont partis sans exprimer la moindre compassion sur ce que vivait l’Iran. Ils s’en fichaient.»

Le plus saisissant est que plusieurs reporters de l’époque ont, depuis, reconnu leur ignorance. Le livre cite ces aveux non pour accabler toute une profession, mais pour distinguer ceux qui ont corrigé leur jugement de ceux qui persistent à sanctuariser l’erreur: «On ne connaissait rien au chiisme. Nous n’avions pas lu les écrits de Khomeini, on ne maîtrisait pas le sujet. Les intellectuels se disaient convaincus que les religieux allaient retourner dans leurs mosquées.»

Le «syndrome de Foucault» désigne donc une pathologie durable: remplacer la contradiction par le consensus de plateau, puis présenter l’absence de voix dissidente comme une preuve. La falsification contemporaine est souvent moins grossière que celle de 1978. Elle procède par amputation.

«Le silence des voix discordantes passe pour une unanimité. On ne ment pas, du moins pas frontalement: les faits ne sont pas toujours falsifiés, mais ils sont incomplets. Ce n’est pas la vérité, mais une opinion sans relief, sans aspérité, sans contradiction, et le public peut alors prendre cette absence de débat pour un consensus.»

Au milieu du volume, le cahier photographique renforce cette démonstration. Khomeini à Neauphle-le-Château, le Shah quittant l’Iran, Arafat accueilli à Téhéran, Ahmad Khomeini armé dans un camp palestinien, les miliciens du Bassij, les Pasdarans piétinant les drapeaux américain et israélien, puis Farah et Reza Pahlavi et la diaspora parisienne: ces images composent une contre-chronologie visuelle, de l’illusion révolutionnaire à la contestation du régime.

Une théocratie vieillissante face à un peuple vivant

La seconde moitié du livre revient au présent. Pour les auteurs, la République islamique n’est pas un État ayant connu des dérives; elle est un système dont la violence, la corruption et le mensonge sont constitutifs. Son appareil religieux s’est transformé en oligarchie militaire et financière, dominée par les Gardiens de la révolution, tandis que la société, plus jeune, instruite et connectée, s’éloigne de lui jusqu’à la rupture: «Le pouvoir et le peuple ne se comprennent plus. Le fossé qui les sépare est bien davantage que politique ou générationnel: il est existentiel. L’un et l’autre vivent dans une temporalité différente: le peuple parle de l’avenir quand le régime reste recroquevillé sur le passé et ses acquis.»

La jeunesse devient le véritable sujet héroïque de l’ouvrage. Elle ne se définit pas seulement par la protestation de rue, mais par une culture parallèle: musique clandestine, soirées et booms secrètes où les filles peuvent être avec des garçons, cinéma bricolé, poésie, sciences, désir d’aimer et de créer hors du contrôle théocratique: «La jeunesse iranienne ne se reconnaît pas dans la culture officielle. Elle en crée une autre, en marge, et chaque chanson non autorisée, chaque film tourné avec trois bouts de ficelle, chaque livre distribué sous le manteau, chaque poème récité au vent est une respiration, un acte de résistance. La jeunesse iranienne ne veut plus qu’on pende ses poètes, ses musiciens, ses créateurs.»

À cette vitalité répond l’enrichissement obscène d’une caste qui condamne l’Occident en public tout en y plaçant ses fortunes, ses enfants et ses propriétés. Le contraste entre les corps et les capitaux donne aux pages les plus fortes leur violence sèche: «La deuxième vérité est encore plus obscène: le pays crève et pendant ce temps les familiers du régime ont continué de s’engraisser. En Iran, les morgues se remplissent. À l’étranger, les coffres se remplissent.»

Le récit des manifestations de 2025-2026 est présenté à travers des témoins, des avocats, des médecins et des militants. Les chiffres avancés sont ceux du dossier constitué par les auteurs; leur objectif est moins de produire une histoire déjà stabilisée que de documenter, dans l’urgence, ce qu’ils décrivent comme une guerre intérieure menée contre la population: «Les événements des 8 et 9 janvier 2026 en Iran ne sauraient être réduits à une simple opération de maintien de l’ordre face à une insurrection urbaine. Ce fut, en réalité, une campagne militaire d’envergure contre une population civile, conçue avec un objectif double: l’élimination physique de masse et l’infliction d’un traumatisme psychologique paralysant à l’échelle nationale. Depuis le soulèvement de novembre 2019, les cercles de réflexion sécuritaires n’ont cessé d’alerter le régime sur les conséquences explosives de l’inflation galopante, de la pauvreté et du chômage.»

Reza Pahlavi et la pluralité de l’après-mollahs

Le livre refuse l’idée selon laquelle la chute du régime conduirait nécessairement à la guerre civile, à la partition ou à un scénario syrien. Cette peur serait, selon Emmanuel Razavi et Jean-Marie Montali, l’un des instruments les plus efficaces de la propagande de Téhéran. Pour la contester, les auteurs interrogent Reza Pahlavi, mais aussi des responsables kurdes, baloutches, azéris, libéraux et des figures de la société civile comme Nasrin Sotoudeh.

Reza Pahlavi occupe une place privilégiée. Razavi et Montali ne le présentent pas comme le restaurateur automatique de la monarchie, mais comme un possible fédérateur de la transition. Son programme, tel qu’il est exposé, repose sur un gouvernement provisoire, une assemblée constituante, le choix entre république et monarchie constitutionnelle, la laïcité, la reconstruction économique et le rétablissement des relations avec les voisins arabes, les États-Unis et Israël. Reza Pahlavi a confié à Razavi: «J’ai un objectif simple: donner à notre nation, peut-être pour la première fois de son histoire, la possibilité de décider de son propre avenir. Cela devra se faire grâce à la mise en place d’un processus démocratique, d’un processus de projet constitutionnel et d’une assemblée constituante qui permettront aux Iraniens de se prononcer sur le type de système politique qu’ils veulent choisir pour l’Iran. Nous ferons précisément l’inverse de ce qui a été fait lors de la révolution de 1979, lorsque la République islamique a été imposée aux Iraniens sans que personne n’ait la moindre idée de ce que cela voulait dire.»

Les passages consacrés aux minorités sont essentiels, car ils permettent aux auteurs de distinguer le fils du Shah de son père et de répondre à ceux qui le réduisent à un héritage dynastique: «La réponse à la question sur les minorités de genre, comme sur les minorités ethniques, repose sur les valeurs universelles des droits de l’homme, qui protègent contre toute discrimination basée sur l’ethnie, la religion, le comportement ou l’orientation sexuelle, y compris la communauté LGBTQ+. Cela implique d’incorporer ces protections dans nos lois pour garantir l’État de droit. Au-delà des mesures légales, il s’agit d’une question de principes et d’éducation.»

Le mérite du chapitre est toutefois de ne pas réduire l’opposition à Reza Pahlavi. Ainsi, les responsables baloutches défendent une transition laïque; les représentants azéris parlent de fédéralisme sans revendiquer la partition. Vahid Beheshti résume le contre-argument du livre: «Cette lecture alarmiste correspond exactement à l’argumentaire du régime iranien, qui instrumentalise la peur du chaos pour dissuader la communauté internationale de prendre des décisions fermes. C’est un discours soigneusement diffusé pour faire croire que toute alternative mènerait à l’effondrement du pays. Or, la réalité est tout autre en Iran.»

La force d’un livre de combat

«Paris-Téhéran» est une contre-histoire écrite dans l’urgence, portée par des reporters qui assument leur colère et travaillent par chevauchement: archives de presse, ouvrages historiques, entretiens, témoignages clandestins, portraits et scènes vécues. Il corrige une dramaturgie binaire, celle du Shah absolument mauvais et des révolutionnaires nécessairement émancipateurs. Les événements de 2025-2026 sont racontés au présent d’une histoire encore brûlante. L’ouvrage ne prétend pas être définitif. Il demande à être lu comme un dossier d’accusation, puissant par ses pièces.

Au terme du livre, une idée demeure, plus forte que les polémiques qu’il provoquera: la République islamique ne saurait être confondue avec l’Iran. Elle représente, dans la démonstration de Razavi et Montali, une captation de son histoire, de sa religion, de ses richesses et de sa voix. Réapparaît un peuple que le livre décrit non comme une victime passive, mais comme l’auteur possible de sa prochaine histoire…

«Paris-Téhéran, le grand dévoilement», Emmanuel Razavi et Jean-Marie Montali, 240 pages. Éditions du Cerf, 2026. Disponible en précommande dans les librairies.

Par Karim Serraj
Le 14/08/2026 à 09h54