Dans leur programme électoral, tous les partis politiques citent la culture, mais aucun ne lui attribue le même rôle. Sur les 27 formations engagées dans le scrutin, les principaux partis politiques, le PAM, le PPS, le PJD, l’UC et l’Istiqlal, présentent chacun leur point de vue.
Le PAM présente cinq pactes et 20 engagements chiffrés à 350 milliards de DH sur cinq ans. Le patrimoine et la création y sont envisagés comme des instruments de rayonnement du Maroc. Le parti traite la culture comme un ingrédient de ses autres axes et non comme une politique à part. Il y a aussi un angle fort. Le bilan de Mohamed Mehdi Bensaïd, dirigeant du PAM et ministre sortant de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, en dit sans doute plus que le programme de son parti.
Pour la gauche, la culture est d’abord un service public. Le Parti du progrès et du socialisme veut porter la dépense culturelle de 0,4 % à 1 % des dépenses publiques. Il annonce 20 milliards de DH supplémentaires sur cinq ans et un Conseil national des arts et de la culture. Il prévoit 300 institutions culturelles et 100 espaces multifonctionnels dans les territoires ruraux.
L’USFP fixe le même seuil de 1 % du budget général et promet 50 salles de cinéma, 50 théâtres et 200 bibliothèques. Elle ajoute une carte nationale de la justice culturelle pour réduire l’écart entre Rabat et Casablanca d’un côté et les autres territoires de l’autre. L’Alliance de la gauche propose un centre culturel et une bibliothèque publics dans chaque commune, avec 1 % du budget à l’horizon 2031. Elle met aussi l’accent sur la lutte contre le clientélisme et la rente culturelle, ainsi que sur des critères transparents pour les subventions.
La culture et l’économie
D’autres textes regardent la culture par son poids économique. Les industries culturelles et créatives marocaines représentent déjà environ 43 milliards de DH de revenus et plus de 116 000 emplois selon l’étude IFC. Le PPS vise 150 000 emplois, 100 startups culturelles et une contribution de 4 % du PIB.
Il imagine aussi un «chèque culture» de 1 000 DH par an pour deux millions de ménages à revenus modestes. Cela coûterait jusqu’à 2 milliards de DH par an à plein régime. L’idée est de soutenir la demande, et pas seulement les producteurs.
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La culture et l’identité
Le PJD propose une charte nationale de la culture et des valeurs. Il veut réhabiliter les maisons de jeunes et les centres culturels. Il prévoit aussi un fonds pour les contenus jugés structurants ou à forte valeur éducative, comme les films, les documentaires et les productions historiques.
L’Istiqlal choisit une autre porte d’entrée avec un «Passeport qualité de vie des jeunes». Ce passeport donne accès aux activités culturelles et artistiques, au sport, à la formation et aux échanges. La culture n’est plus un secteur budgétaire autonome. Elle devient un ingrédient d’une politique de jeunesse.
Le numérique et l’IA, l’omerta
Le silence le plus lourd concerne les droits d’auteur à l’ère numérique et l’intelligence artificielle générative. Les programmes en disent très peu alors que ces deux sujets vont probablement transformer le secteur dans les cinq prochaines années.
La vraie question du scrutin n’est donc pas de savoir qui promet le plus. Elle est de savoir ce que chacun veut faire de la culture: un droit, un marché, une identité ou une politique de jeunesse.




