À l’issue de trois journées de live, deux projets ont été distingués dans chaque catégorie pour leur univers, leur proposition artistique et leur capacité à la faire exister sur scène.
Nouveauté de cette édition: les noms des lauréats ont été annoncés le jour même à l’issue de chaque soirée de compétition, ce qui a permis au public de découvrir sans attendre les projets distingués par les jurys. Les six lauréat se sont de nouveau réunis dimanche 20 septembre à l’occasion de la cérémonie de remise des prix en clôture de cette édition 2026 du Tremplin L’Boulevard.
Palmarès 2026
En Rap/Hip Hop, le premier prix revient à Shinohidden de Berkane. Après avoir pris le temps de construire son identité, il commence à publier ses morceaux en 2024. Son rap joue avec les langues, change de cadence et garde une diction nette sur des prods trap ou atmosphériques. Avec plusieurs titres en ligne et des morceaux avec le rappeur Achflan, il élargit son terrain de jeu au raï, au blues, au rock et à la musique gnaoua et cite notamment Hoba Hoba Spirit parmi ses repères, pour une fusion personnelle et ancrée dans le vécu.
Le deuxième prix est attribué à BrownY Original de Casablanca, qui inscrit sa drill dans une énergie frontale nourrie de trap, d’old school et des discographies de 2Pac, Snoop Dogg, Dizzy Dros ou encore Lil Baby. Repéré avec «3erfti Chno!!!» et «Lah Idir Chi Tawil “Ratatata”», il mise sur des textes directs et des prods sombres. Passé par l’Uzine et un showcase à Fès, il est arrivé au Tremplin avec un univers déjà identifié, entre récit de terrain et esthétique street.
Dans la catégorie Fusion/Autres musiques actuelles, le premier prix va à Metrotune de Casablanca/Settat. Formé en mars 2026, le groupe réunit six musiciens autour d’une fusion marocaine actuelle entre salsa, rock et gnaoua. Son identité naît de la rencontre entre les membres: guitare et basse marquées par le rock et le metal, piano latino, percussions gnaoua et batterie nourrie de chaâbi. D’abord passé par le réarrangement de morceaux existants, il travaille aujourd’hui ses propres compositions avec l’envie de faire bouger les contours de la fusion marocaine.
Le deuxième prix revient à Arinass de Fès, qui explore la richesse des traditions musicales marocaines en les ouvrant à des grooves plus actuels. Entre rythmes gnaoua, aïta et chaâbi et influences reggae, rock et musiques du monde, le groupe construit une fusion portée par les voix, les instruments traditionnels et l’énergie du live. Le collectif cite parmi ses influences Aziz Sahmaoui, Nass El Ghiwane, Tinariwen, Hoba Hoba Spirit, Alpha Blondy et Bob Marley.
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Côté Rock/Metal, le premier prix est décerné à Lixivia de Salé. Formé à Salé en 2024, le groupe pratique un crossover thrash lancé à pleine vitesse. Il mêle agressivité thrash old school et urgence hardcore punk dans le sillage de Municipal Waste, D.R.I. ou Toxic Holocaust. Riffs serrés, tempo nerveux, énergie de fosse et esthétique de contamination: Lixivia joue la collision frontale entre metal et punk.
Le deuxième prix échoit à Darih de Casablanca. Formé dans la métropole en 2024, le groupe plonge son Black/Death Metal dans les angles morts de l’histoire, les conflits effacés et le folklore ésotérique d’Afrique du Nord. Entre rigueur death et atmosphères black, avec des textes hantés par les Maures, la colonisation ou les légendes locales, il cite Mgła, Bathory, Sepultura ou encore Kreator. Passé par L’Uzine et le First Stage du Tricinty Fest 2026, il compte déjà plusieurs titres dont «1907» et «Liberation».
Le Tremplin, une scène avant d’être un prix
Depuis 1999, le Tremplin accompagne les scènes émergentes marocaines en leur donnant accès à une scène équipée, à un public et à une écoute professionnelle. Avec cette 24ème édition, plus de 765 groupes et artistes marocains auront foulé sa scène depuis sa création.
Cette année, les dotations ont été revues à la hausse: les premiers prix de chaque catégorie ont reçu 15.000 dirhams et les deuxièmes prix 10.000 dirhams. Mais l’accompagnement ne s’arrête pas au palmarès. À partir d’aujourd’hui lundi 21 septembre et jusqu’ au 26 du même mois, les six lauréats suivront une semaine de formation au Boultek autour du travail scénique et vocal, de l’enregistrement, des droits d’auteur, de la communication et distribution digitale, de la santé des musiciens et du développement de carrière. Chacun des six projets aura également l’opportunité d’enregistrer un morceau au Studio Hiba, qui est partenaire du festival.




