À Jazzablanca, certaines soirées semblent arriver au moment idéal. Celle de jeudi en faisait incontestablement partie. D’un côté, Charlotte Cardin et sa pop sensible, lumineuse et enveloppante. De l’autre, Mika, véritable concentré d’énergie venu offrir au public ce dont il avait visiblement besoin: deux heures de fête, de chants et de légèreté.
Lorsque la chanteuse québécoise apparaît sur la scène Casa Anfa, entièrement vêtue de blanc, le ton est donné. Sans mise en scène spectaculaire ni effets superflus, elle capte immédiatement l’attention. Sa voix, grave et puissante avant de se faire soudainement plus fragile, remplit l’espace avec une aisance remarquable.
Alors que ses musiciens évoluent volontairement en retrait, Charlotte Cardin occupe pleinement la scène. Elle la traverse sans cesse, danse, saute, échange des sourires avec les festivaliers, tout en conservant une maîtrise vocale impressionnante.
La connexion avec le public s’installe presque instantanément. Les refrains sont repris en chœur dès les premiers morceaux. «Feel Good», «Main Girl», «Take Me Back», «Tant pis pour elle» ou encore «Ensemble», interprété à l’origine avec son compagnon Aliocha Schneider, s’enchaînent avec une grande fluidité. Entre deux titres plus énergiques, la chanteuse ralentit le rythme et installe des parenthèses plus intimistes, avant de surprendre le public avec une reprise inspirée de «Voyage, voyage» de Desireless, qu’elle s’approprie avec une étonnante évidence.
Lors du concert de Charlotte Cardin à Jazzablanca le 9 juillet 2026 (Jazzablanca).
Quelques heures plus tard, changement radical d’atmosphère. De retour sur la scène de Casa Anfa, où il s’était déjà produit en 2023, Mika transforme immédiatement le festival en gigantesque piste de danse. Dès les premières notes de «Relax, Take It Easy», les festivaliers se lèvent d’un seul mouvement. Vingt ans après sa sortie, le morceau conserve intact son pouvoir fédérateur.
À l’image de son répertoire, le chanteur déborde d’énergie. Il multiplie les allers-retours sur scène, enchaîne les changements de costumes, alterne piano, chorégraphies et échanges avec le public. Entre deux chansons, il prend le temps de lire les pancartes brandies au premier rang, accepte avec humour d’enfiler un tee-shirt «Relax Habibi» offert par une fan et partage plusieurs anecdotes sur la genèse de ses morceaux.
Puis, fidèle à son goût du spectacle, Mika brouille une nouvelle fois les frontières entre la scène et le public. Il descend parmi les festivaliers, improvise quelques pas de danse au milieu de la foule et déclenche une véritable vague d’euphorie. Un moment de proximité qui restera sans doute comme l’un des temps forts de cette édition.
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«Grace Kelly», «Big Girl (You Are Beautiful)», «Popular Song», «Lollipop», «Elle me dit» — sans doute le morceau le plus attendu de la soirée au regard de la réaction du public — puis «Love Today» ponctuent un concert où chaque titre semble repousser un peu plus l’idée de la fin. À plusieurs reprises, les voix des milliers de spectateurs couvrent presque celle de Mika. Le déluge de confettis qui accompagne le final parachève cette célébration collective.
En l’espace de quelques heures, Charlotte Cardin et Mika auront offert deux lectures très différentes de la pop contemporaine: l’une, tout en retenue, en émotion et en élégance; l’autre, spectaculaire, théâtrale et résolument festive. Deux prestations saluées par un public conquis, qui font de cette soirée l’un des grands moments de cette édition de Jazzablanca.













