À l’occasion du Festival international «Tanger Photo», la galerie Dar d’Art ouvre ses portes à une exposition singulière de Rachid Ouatassi. À travers une sélection de clichés récents, le photographe propose une traversée poétique de la mémoire tangéroise, entre archives intimes, fragments de vie et regards portés sur l’âme d’une ville qui n’a cessé d’inspirer artistes et écrivains.
Tanger sous l’objectif: entre réalité et nostalgie envoûtante
À travers cette exposition, Rachid Ouatassi présente des archives photographiques vivantes qui racontent le quotidien de Tanger, capturant sa beauté, sa mélancolie, ses habitants, ses enfants et la diversité de ses espaces. Loin de se limiter à une simple documentation brute du réel, le style de Rachid Ouatassi réinvente la ville pour en faire un espace intime, profondément marqué par sa propre sensibilité et sa vision singulière.
Ses œuvres puisent leur force dans une immersion intime au cœur des ruelles et des dédales de Tanger, une ville où il a vécu et qui continue de nourrir son imaginaire. De cette relation profonde naît une nostalgie subtile et envoûtante, qui imprègne chaque cliché et témoigne d’un lien viscéral avec les lieux et leur mémoire visuelle. À travers ce travail, l’artiste invite le public à explorer les profondeurs de Tanger, ses secrets, ses strates et ses mondes à la fois dissimulés et révélés, dans un récit photographique intemporel qui interpelle le regard et éveille les sens.
Mémoire culturelle: cinq ans dans l’intimité de Mohamed Choukri
Au-delà de son talent pour capter l’âme des lieux et l’espace urbain, Rachid Ouatassi jouit d’une grande notoriété dans les milieux culturels grâce à sa capacité à sublimer le réel et à immortaliser les grandes figures littéraires et artistiques qui ont marqué l’histoire contemporaine de Tanger.
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La collection réunit également des portraits rares de grandes figures de la littérature et de la pensée ayant vécu ou séjourné à Tanger, parmi lesquelles l’écrivain américain Paul Bowles et la cinéaste Farida Benlyazid.
Mais c’est sans doute dans son évocation de Mohamed Choukri que le travail de Rachid Ouatassi atteint sa dimension la plus intime. Compagnon de route du romancier durant les cinq dernières années de sa vie, le photographe a constitué un fonds d’archives aussi précieux qu’exceptionnel. Ses images saisissent avec une grande justesse les traits de l’auteur du «Pain nu», tout en préservant la mémoire de ses derniers instants à travers un regard empreint d’humanité, de proximité et d’une profonde sensibilité artistique.




