Tarfaya: la plage Boura, une destination familiale prisée pour la pêche et la détente

Vue sur la plage Boura, un site préservé prisé des estivants au nord de Tarfaya. (H.Yara/Le360)

Le 11/08/2026 à 10h15

VidéoSituée à environ neuf kilomètres au nord de Tarfaya, la plage Boura attire chaque été de nombreux estivants. Son cadre naturel, son ambiance familiale et ses activités de pêche en font un rendez-vous apprécié des habitués. Plusieurs familles y reviennent ainsi chaque année pour passer leurs vacances au bord de l’océan. Reportage.

Niché à quelques kilomètres au nord de Tarfaya, le littoral d’Al Boura attire chaque été des vacanciers venus de Tarfaya, de Laâyoune, de Es-Semara et d’autres provinces du Sud. Certains y séjournent quelques jours, tandis que d’autres élisent domicile pendant plusieurs semaines dans des campements aménagés à proximité du rivage.

Munis de provisions et de tout le matériel nécessaire, les estivants recréent sur place un véritable cadre de vie. Malgré l’éloignement des centres urbains, le confort reste au rendez-vous grâce notamment à des installations alimentées par des panneaux solaires, qui permettent de faire fonctionner les réfrigérateurs et de répondre aux besoins essentiels du quotidien.

Mais plus encore que le paysage ou le calme, c’est l’esprit de convivialité qui fait le charme de Boura. Au fil des baignades, des soirées sous les tentes et des échanges entre voisins, les vacanciers profitent d’une ambiance familiale et apaisée. La présence des autorités locales renforce ce sentiment de sérénité en veillant à la sécurité du site.

«Nous remercions les autorités locales pour les bonnes conditions qui nous sont offertes ici. Les gens viennent avec leurs enfants, installent leurs tentes et restent plusieurs jours dans le calme et en toute sécurité. On peut partir à la plage ou se déplacer sans avoir à s’inquiéter pour nos affaires. Ici, tout le monde se connaît et il y a beaucoup de confiance entre les familles», témoigne Salek Chihab, natif de Tarfaya et président de la section locale de l’Association des amis de l’océan.

Cette confiance dépasse le simple voisinage entre campeurs. Les estivants se rendent service et n’hésitent pas à partager leurs provisions ou le produit de leur pêche avec ceux qui en ont besoin. Une solidarité que ce même habitué décrit comme l’une des particularités du campement.

«Ici, les familles vivent comme si elles n’en formaient qu’une. Quand quelqu’un manque de quelque chose, les autres sont toujours là pour l’aider. On partage les repas, le poisson et tout ce qu’on a. Au fil des jours, des liens se tissent entre les campeurs et chacun finit par considérer l’autre comme un frère. C’est cette solidarité et cette convivialité qui nous donnent envie de revenir chaque année», raconte-t-il.

La vie du campement ne s’interrompt pas au coucher du soleil. À la tombée de la nuit, les familles se retrouvent sous les tentes, tandis que les hommes s’adonnent à des parties de dominos, de cartes ou de «sig». Les discussions se prolongent entre voisins et les soirées s’étirent souvent jusque tard dans la nuit.

La pêche occupe également une place centrale dans le quotidien des estivants. Nombre d’entre eux choisissent Al Boura précisément pour la richesse de cette portion du littoral.

«Nous venons ici depuis plusieurs années et, chaque été, nous revenons passer nos vacances, surtout pour pêcher. On y trouve différentes espèces de poissons, notamment la courbine. Nous venons entre amis ou en famille et chacun profite de la mer à sa façon. Certains pêchent à la ligne, d’autres utilisent d’autres techniques, tandis que certains préfèrent ramasser des coquillages. Au final, chacun repart avec sa récolte et la mer se montre généreuse avec tout le monde», témoigne Hassan, un habitué des lieux.

Cette tradition estivale se transmet également aux plus jeunes, qui accompagnent leurs parents et découvrent à leur tour la pêche ainsi que les différentes activités du bord de mer. Pour certains visiteurs, le séjour à Al Boura est aussi l’occasion de retrouver des proches qu’ils ne voient que rarement au cours de l’année.

C’est notamment le cas de Brahim Kaziza, un jeune Marocain résidant en France, qui revient chaque été à Al Boura depuis trois ans.

«Je viens ici tous les étés depuis trois ans. J’aime beaucoup cette plage parce qu’on y trouve tout ce qu’il faut et, surtout, parce qu’on s’y retrouve en famille. On passe la journée ensemble à profiter de l’océan et, le soir, on sort se promener tranquillement. Il n’y a pas beaucoup d’éclairage public, mais ce n’est pas vraiment un problème. On peut quand même se balader et passer du temps dehors entre amis», raconte-t-il.

Une fois la nuit tombée, les jeunes se retrouvent autour de différents jeux. Pour ce jeune vacancier, ces moments ont surtout le mérite de les éloigner des écrans et de leur permettre de profiter pleinement de leurs retrouvailles.

«La nuit, je joue avec mes amis à peu près à tout. On fait des parties de domino, de cartes, du Monopoly… On rigole beaucoup. Et surtout, ça nous permet de nous déconnecter du téléphone. Des fois, je l’oublie complètement. Je le laisse loin de moi et je profite vraiment du moment avec mes amis et ma famille», poursuit Brahim.

Facilement accessible via la route nationale reliant le nord du Royaume au sud — baptisée «President Donald J. Trump Highway» —, la plage Boura reste à l’écart de l’urbanisation. Cette accessibilité routière, combinée au calme des lieux et à leur caractère familial, en fait une escale appréciée des estivants et des habitués.

Par Hamdi Yara
Le 11/08/2026 à 10h15