Stress hydrique: le ministère de l’Intérieur restreint les cultures de pastèques dans l’oasis de Tata

Des pasteques. DR

Revue de presseÀ cause de l’épuisement alarmant des nappes phréatiques et d’une sécheresse persistante, le gouverneur de la province de Tata a pris une décision radicale: interdire temporairement la culture des pastèques, très hydrivores. L’initiative, dont la fermeté est sans précédent, relance le débat sur la durabilité des modèles agricoles dans les zones oasiennes, et accentue la pression sur les provinces voisines, dont Zagora, dont les agriculteurs doivent être incités à adopter des mesures d’urgence similaires, pour préserver cette ressource. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Assabah.

Le 13/10/2026 à 21h23

Pour contrer l’aggravation du stress hydrique dans le sud, le ministère de l’Intérieur intensifie sa lutte contre l’exploitation excessive des ressources en eau, et cible particulièrement les cultures hydrivores. Dans la province de Tata, le gouverneur a ainsi publié un arrêté préfectoral imposant des mesures d’urgence pour préserver le domaine public hydraulique, une décision qui acte l’interdiction temporaire des cultures saisonnières à forte consommation hydrique, dont la pastèque. En rupture avec les habituels appels à la rationalisation de cette ressource, l’arrêté préfectoral place cette mesure parmi les priorités dans cette province, en mettant en œuvre une approche dont la fermeté permettra de protéger les nappes phréatiques, relaie Assabah de ce mercredi 14 octobre.

Sur le plan légal, comme à un niveau organisationnel, cette mesure s’appuie sur un cadre réglementaire de gestion de l’eau ainsi que sur les recommandations émises par la commission provinciale compétente en la matière. Elle intervient dans un contexte alarmant dans cette région, marqué par une sécheresse persistante, une absence de pluies et une baisse continue des réserves souterraines. C’est pourquoi l’arrêté spécifie que la mobilisation de l’ensemble des autorités et des services concernés sera requise, afin d’assurer l’application stricte de l’ensemble des interdictions signalées, ce qui garantira, en premier lieu, l’approvisionnement en eau potable, fondamental, à l’ensemble de la population locale.

L’initiative prise à Tata relance encore une fois les débats sur l’avenir de ces cultures fortement consommatrices d’eau dans les zones oasiennes, très vulnérables devant les changements climatiques. Alors que les réserves hydriques continuent de baisser, sous l’effet combiné d’épisodes de sécheresse répétée et de ces pressions sur ces ressources, la décision récemment prise permettra d’étendre cette mesure à d’autres provinces, confrontées à un péril similaire. La province de Zagora, limitrophe à celle de Tata, est aujourd’hui prioritaire, la pression accrue sur ses ressources phréatiques étant là aussi devenue préoccupante, à cause de l’extension continue des champs de pastèques, affirme Assabah.

Alors que les inquiétudes augmentent à cause de la raréfaction des ressources en eau, des ONG et des défenseurs des écosystèmes oasiens à Zagora veulent que des actions concrètes et immédiates soient entreprises. De nombreux habitants et des acteurs civils ont adressé une lettre au gouverneur de la province, où ils demandent l’adoption d’un arrêté interdisant la culture des pastèques hors des oasis, calqué sur la décision prise à Tata. Ils insistent sur l’urgence d’abandonner les simples restrictions de superficies qui ont été édictées, et de faire adopter, en lieu et place, des règles claires. Ils appellent également au développement d’alternatives agricoles durables et adaptées aux réalités climatiques territoriales dans cette région semi-aride.

La mise en œuvre réussie de ces restrictions reposera aussi sur la capacité de l’État à accompagner les agriculteurs impactés par ces nécessaires modifications de leurs habitudes. L’arrêté récemment signé par le gouverneur de Tata permet donc de signaler que la gravité de la crise hydrique exige désormais que des arbitrages courageux et fermes soient entrepris, pour préserver l’avenir de ces territoires avant qu’une pénurie en eau ne devienne irréversible.

Par La Rédaction
Le 13/10/2026 à 21h23