Rentrée sociale: bras de fer en perspective entre syndicats et gouvernement

Marche d'enseignants protestataires, à l'appel des syndicats qui les représentent, à Rabat, au début de l'année 2026.

Revue de presseDes centrales syndicales aux bases sectorielles de travailleurs, la contestation gagne du terrain. La question du pouvoir d’achat reste le principal point de discorde, dans un contexte de hausse persistante des prix. À cela, s’ajoutent les controverses autour de plusieurs projets touchant au travail et à la fonction publique, ainsi que l’incertitude entourant la mise en œuvre de la loi organique sur le droit de grève. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Assabah.

Le 06/10/2026 à 19h05

Au premier rang des contestations des syndicats, le pouvoir d’achat est central dans un contexte de hausse persistante des prix de nombreux produits et services. Les organisations syndicales estiment que les augmentations de salaires obtenues lors des précédents rounds de dialogue social n’ont pas suffi à alléger la pression qui pèse sur les fonctionnaires et les salariés du secteur privé, face à la cherté de la vie. Les syndicalistes revendiquent l’application des accords déjà conclus pour plusieurs secteurs d’activité, ainsi que la réactivation des dossiers catégoriels gelés depuis un certain temps, relaie Assabah de ce mercredi 7 octobre.

Cette dynamique intervient dans le contexte de la persistance de controverses autour de plusieurs projets touchant au travail et à la fonction publique. Les syndicats les considèrent comme lourds de conséquences pour l’avenir des relations entre salariés et employeurs, mais aussi pour les conditions d’exercice du droit syndical et du droit de grève. Dans ce contexte, ils suivent de près le sort réservé à la mise en œuvre de la loi organique relative à l’exercice du droit de grève, qui a été l’un des principaux points de tensions avec le gouvernement.

Pour les centrales syndicales, toute régulation de l’exercice de la grève doit garantir ce droit constitutionnel et non se muer en restrictions limitant la capacité des travailleurs et des fonctionnaires à défendre leurs revendications. Les mouvements annoncés ne se limitent toutefois pas aux syndicats. Dans plusieurs secteurs, des bases professionnelles ont commencé à faire pression pour faire valoir leurs revendications spécifiques, après s’être assurés que certains accords n’ont pas été appliqués. Cette dynamique est particulièrement sensible dans les secteurs où le climat de tension professionnelle ne cesse de s’alourdir, plaçant les syndicats devant un double impératif: concilier la négociation institutionnelle et les pressions sur le terrain, écrit Assabah.

Les semaines à venir s’annoncent ainsi comme un nouveau test pour le dialogue social. Les syndicats y sont appelés à démontrer leur capacité à traduire les revendications de leurs bases en actions concrètes. En face, le gouvernement cherche à préserver les canaux de négociations et à éviter que les tensions sociales ne se transforment en une vaste vague de protestations.

Par Hassan Benadad
Le 06/10/2026 à 19h05