Taxis à Agadir: la colère des professionnels face aux dysfonctionnements de l’aide financière

Petits taxis d'Agadir (Photo d'illustration).

Des taxis à Agadir. . DR

Revue de presseA Agadir, les professionnels des taxis haussent le ton à cause de l’exclusion des véritables conducteurs, de l’opacité dans la distribution des aides et des répercussions de la hausse des carburants. Ils dénoncent un système de subventions jugé inefficace et veulent des réformes structurelles urgentes pour protéger leur pouvoir d’achat et garantir l’équité de la distribution des fonds publics. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 04/10/2026 à 19h16

A Agadir, la tension monte parmi les taximen qui expriment leur rejet catégorique de la formule actuelle de soutien financier instaurée par le gouvernement pour faire face à la flambée des prix des carburants. Selon les protestataires, cette aide de l’État n’est qu’une solution superficielle qui se contente d’apaiser temporairement la crise, sans pour autant offrir de résolution structurelle et définitive, relaie Al Akhbar de ce lundi 5 octobre.

Lors d’un récent sit-in de protestation organisé par plusieurs instances professionnelles sur l’avenue Mohammed V, les chauffeurs de taxi et les acteurs du transport routier ont souligné que le véritable salut du secteur résidait dans le plafonnement des prix des carburants et la préservation effective du pouvoir d’achat des citoyens, tout en réitérant leur vive exigence de voir la raffinerie de SAMIR reprendre ses activités afin de réguler durablement le marché des hydrocarbures.

Au cœur de cette contestation, il y a également la profonde injustice ressentie par les chauffeurs quant à la répartition de l’aide exceptionnelle. Actuellement, cette subvention est versée aux propriétaires des licences de taxi plutôt qu’aux conducteurs effectifs qui supportent pourtant au quotidien le coût et l’effort de l’exploitation sur le terrain, y compris l’achat du carburant, lit-on dans Al Akhbar.

Cette situation alimente des conflits persistants entre les deux parties, les propriétaires exigeant souvent le monopole des versements tandis que les chauffeurs réclament l’application stricte de la circulaire n°1026 émise le 1er décembre 2022 par le ministère de l’Intérieur et adressée aux walis et gouverneurs des provinces, laquelle stipule explicitement que les exploitants non-conducteurs refusant de rétribuer les conducteurs du soutien direct se voient priver de cette aide financière publique.

Devant la persistance de ces litiges et les craintes grandissantes des professionnels quant au détournement de leurs parts d’indemnisation par certains intermédiaires, les revendications s’intensifient pour que le versement du soutien soit directement versé aux mains des conducteurs actifs. Les syndicats et représentants professionnels rappellent que de nombreux chauffeurs subissent des pressions excessives, voire de l’abus d’autorité de la part de certains exploitants.

Ce mouvement de protestation intervient dans un contexte où le ministère du Transport et de la Logistique a récemment annoncé une revalorisation de la valeur du soutien direct destiné aux professionnels du transport routier de personnes et de marchandises, confirmant ainsi sa volonté de poursuivre l’opérationnalisation de cette aide exceptionnelle indexée sur l’évolution des cours mondiaux des carburants, tout en laissant entière la question épineuse de la gouvernance locale de sa distribution.

Par La Rédaction
Le 04/10/2026 à 19h16