Le Zoo d’Aïn Sebaâ au cœur d’un programme inédit pour sauver le torillon andalou

Le Zoo d’Aïn Sebaâ accueille un premier noyau reproducteur dédié à la conservation du Turnix d’Andalousie.

C’est une première au Maroc. L’ANEF met en place, au Zoo d’Aïn Sebaâ à Casablanca, un premier noyau reproducteur du Turnix d’Andalousie, une sous-espèce fortement menacée dont la dernière population sauvage connue au Maroc se trouve dans la région de Oualidia.

Le 29/09/2026 à 13h05

Le Maroc renforce ses efforts pour préserver le Turnix d’Andalousie (Turnix sylvaticus sylvaticus), une sous-espèce d’oiseau dont la population sauvage est aujourd’hui réduite à une petite zone du littoral atlantique marocain. Dans un communiqué, l’Agence nationale des eaux et forêts (ANEF) annonce la mise en œuvre d’un programme de conservation ex situ combinant le suivi des populations sauvages, la reproduction en captivité et la préservation de la diversité génétique.

L’enjeu est particulièrement important pour le Maroc. Selon l’ANEF, une population subsiste encore sur le littoral atlantique, notamment dans la région d’Oualidia, où l’oiseau reste associé aux paysages agricoles traditionnels et aux habitats favorables à son maintien. L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) précise, de son côté, que la dernière population connue du Turnix d’Andalousie subsiste dans une petite zone du littoral atlantique marocain, principalement liée aux paysages agricoles traditionnels.

C’est dans ce contexte que le zoo d’Aïn Sebaâ, à Casablanca, accueille le premier noyau reproducteur marocain du programme. L’ANEF le présente comme un «réservoir de sécurité pour l’espèce» et une base destinée à développer de futures actions de conservation, notamment en matière de reproduction et, à terme, de renforcement des populations sauvages.

Les premières opérations engagées en 2026 ont porté sur la prospection et le suivi des populations sauvages. Elles ont notamment permis de collecter des œufs, puis de procéder à leur incubation et à leur éclosion en captivité au Maroc.

La gestion du noyau d’Aïn Sebaâ repose sur un suivi de la reproduction, de l’état sanitaire et des caractéristiques génétiques des individus. L’objectif est de préserver au mieux la diversité génétique de cette population captive et de disposer progressivement d’un dispositif capable d’accompagner les efforts de conservation dans le milieu naturel.

Le cas marocain est particulier à plus d’un titre. Le Turnix d’Andalousie a connu un important recul de ses populations au cours des dernières décennies et a disparu de plusieurs territoires où il était historiquement présent. L’UICN indique notamment que la sous-espèce a disparu de la péninsule Ibérique et de la majeure partie de son ancienne aire de répartition méditerranéenne.

Au Maroc, sa population sauvage est aujourd’hui cantonnée à la région d’Oualidia, ce qui confère au Royaume une responsabilité particulière dans sa conservation. La préservation des habitats agricoles traditionnels et le suivi de l’évolution de cette population constituent donc un volet essentiel du programme.

L’objectif de la conservation ex situ n’est pas de se substituer à la protection de la sous-espèce dans son milieu naturel, mais de créer une population de sécurité susceptible de soutenir, à terme, les actions menées dans la nature.

Une coopération avec l’Andalousie

Le programme marocain s’inscrit dans une coopération plus large entre le Maroc et l’Espagne. En parallèle du noyau d’Aïn Sebaâ, un second dispositif de conservation ex situ est mis en place au Zoobotánico de Jerez, en Andalousie.

Dix-huit jeunes Turnix provenant du Maroc y sont arrivés le 9 septembre dernier, après leur transfert via le port d’Algésiras. Ils doivent servir au lancement d’un programme de reproduction en captivité destiné à constituer une population de sécurité et, à terme, à préparer de possibles opérations de réintroduction en Andalousie.

Selon l’UICN, une partie des oiseaux issus des opérations menées au Maroc est maintenue à Aïn Sebaâ pour contribuer au renforcement de la population cantonnée dans la région d’Oualidia, tandis que 18 individus ont été transférés à Jerez. Les deux noyaux d’élevage doivent ainsi contribuer à la conservation de la sous-espèce sur les deux rives de la Méditerranée.

Les dispositifs marocain et espagnol doivent être coordonnés, avec notamment un suivi généalogique de la population captive. Cette approche vise à maintenir une diversité génétique suffisante et à éviter les risques liés à la consanguinité.

Le programme associe les autorités marocaines et espagnoles, l’UICN, le Zoobotánico de Jerez, ainsi que plusieurs organismes scientifiques et spécialisés. L’UICN souligne que cette coopération a permis de rapprocher les équipes techniques des deux pays autour de méthodes communes de conservation des espèces menacées.

Au Maroc, cette initiative s’inscrit dans la mise en œuvre de la stratégie «Forêts du Maroc 2020-2030», qui accorde une place importante à la conservation de la biodiversité et à la protection des espèces menacées.

Par La Rédaction
Le 29/09/2026 à 13h05