Les experts de l’Office des changes viennent de repérer un réseau d’entreprises opérant dans l’import-export, impliquées dans la manipulation de factures d’achat et de justificatifs de paiement transmis aux banques afin de transférer illégalement des fonds à l’étranger.
Selon les sources du quotidien Assabah, qui aborde ce sujet dans son édition du mardi 29 septembre, une vérification approfondie de virements internationaux douteux liés à des importations a révélé une surfacturation destinée à conserver la différence à l’étranger.
La valeur réelle des articles et des produits importés serait également dissimulée dans les attestations bancaires fournies, afin de contourner les dispositifs de contrôle en place. Selon les sources du quotidien, des manipulations similaires concerneraient aussi bien les importations que les exportations et viseraient à échapper aux obligations fiscales et douanières.
La vérification menée par l’Office des changes aurait ainsi révélé que des transactions commerciales d’une valeur de l’ordre de 120 millions d’euros (1,2 milliard de dirhams) avaient été gonflées par rapport aux prix réels. Les entreprises impliquées dans ces manipulations de factures auraient, de ce fait, réussi à transférer illégalement à l’étranger une somme estimée à 400 millions de dirhams, précisent les sources du quotidien.
Les services compétents de l’Office des changes ont alors adressé des mises en demeure à certaines sociétés impliquées dans ces fausses déclarations, afin qu’elles régularisent leur situation ou présentent les justificatifs nécessaires. Par ailleurs, quatre dossiers ont été transmis à l’ADII en vue de poursuites judiciaires, poursuit la même source.
Ces affaires mettent en lumière le renforcement des mécanismes de contrôle et la coopération accrue entre les services de l’Office des changes et ceux de l’ADII pour endiguer les flux financiers illicites.


