L’Observatoire marocain de la protection du consommateur (OMPC) tire la sonnette d’alarme. Dans un contexte de multiplication des escroqueries en ligne, l’instance met en garde contre une technique particulièrement insidieuse: l’échange frauduleux de cartes SIM, communément appelé «SIM Swap». Ce procédé permet à des criminels, munis de données personnelles dérobées ou de documents falsifiés, d’obtenir une carte SIM de substitution associée au numéro de leur victime.
Une fois cette nouvelle carte activée, le véritable propriétaire de la ligne se retrouve brutalement privé de tout accès au réseau, rapporte Al Ahdath Al Maghribia de ce lundi 28 septembre. L’escroc, lui, devient alors le récepteur exclusif des appels et des messages, y compris les codes de vérification temporaires destinés à sécuriser l’accès aux comptes bancaires, à la messagerie électronique et aux plateformes de réseaux sociaux.
Le danger de cette fraude ne se limite pas à une simple interruption temporaire du service téléphonique. Il ouvre grande la porte à une usurpation d’identité numérique: le numéro détourné devient un sésame permettant de réinitialiser des mots de passe, de pirater des comptes et d’exécuter des virements ou des achats au nom de la victime.
Pour endiguer cette menace, l’OMPC appelle les opérateurs de télécommunications à renforcer drastiquement les procédures de vérification d’identité des demandeurs de cartes SIM de remplacement. L’Observatoire recommande également d’informer immédiatement le titulaire de la ligne de toute demande de changement de carte SIM, et d’instaurer un délai de sécurité ainsi que de multiples règles de vérification avant toute activation.
Les institutions bancaires et les fournisseurs de services numériques sont également interpellés. L’OMPC les exhorte à ne plus considérer le numéro de téléphone comme un moyen d’authentification suffisant, à renforcer leurs systèmes de détection des opérations inhabituelles et à mettre en place des canaux rapides pour geler les comptes et les transactions en cas de doute, écrit Al Ahdath Al Maghribia.
L’Observatoire insiste, enfin, sur l’urgence d’une coordination efficace entre opérateurs, établissements bancaires et autorités compétentes. Cette lutte commune doit s’accompagner d’un accompagnement des victimes et d’une définition claire des responsabilités en cas d’escroquerie.



