Feux de forêt: une stratégie d’anticipation et une flotte de Canadair pour limiter les dégâts

Un feu de forêt qui s’était propagé, le jeudi 19 juin, à Aïn Lahcen, dans la province de Tétouan a été éteint grâce à quatre Canadair, en renfort avec les équipes au sol. (S.Kadry/Le360)

Revue de presseAlors que le bassin méditerranéen fait face à une multiplication des vagues de chaleur extrême, le Royaume enregistre une baisse significative des surfaces forestières brûlées cette saison. En appuyant le travail des troupes au sol par des frappes aériennes ciblées grâce à sa flotte de bombardiers d’eau Canadair, le dispositif national parvient à contenir rapidement les départs de feu et à préserver son patrimoine naturel. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Ahdath Al Maghribia.

Le 30/07/2026 à 18h39

Face à la recrudescence des aléas climatiques qui frappent de plein fouet l’ensemble du bassin méditerranéen, le Maroc parvient cette année à contenir de manière remarquable l’impact des incendies sur son patrimoine forestier. Les données récentes révèlent une nette baisse des surfaces brûlées, témoignant de l’efficacité de la stratégie nationale mise en œuvre pour faire face à ce fléau estival. Depuis le début de l’année jusqu’à la semaine dernière, 340 départs de feu ont été enregistrés à travers le territoire national, détruisant environ 2.150 hectares de couvert végétal. Ce chiffre marque un recul d’un tiers par rapport à la moyenne annuelle des incendies, qui s’était établie à 3.130 hectares en 2023, indique le quotidien Al Ahdath Al Maghribia de ce vendredi 31 juillet.

Cette performance s’explique par une approche globale et intégrée, axée sur l’anticipation, la prévention et la rapidité d’intervention. Commentant ces résultats, le directeur général de l’Agence nationale des eaux et forêts, Abderrahim Houmy, souligne que l’efficacité du dispositif marocain ne se mesure pas uniquement à sa capacité à éteindre les brasiers, mais surtout à sa réactivité pour les circonscrire dans des délais extrêmement brefs. En réduisant le temps de réaction, le système parvient à minimiser considérablement l’étendue des dégâts sur le terrain.

L’analyse de la typologie des surfaces touchées apporte un éclairage intéressant sur les dynamiques en jeu cette saison. Environ 55% des superficies sinistrées sont composées d’herbes sèches et de végétation secondaire, tandis que les forêts arborées ne représentent que 45% des pertes. Cette configuration s’explique notamment par les précipitations hivernales abondantes qui ont favorisé une pousse importante du couvert végétal. Avec l’arrivée de l’été et la succession des vagues de chaleur extrême, cette biomasse s’est rapidement desséchée, devenant un combustible hautement inflammable, écrit Al Ahdath Al Maghribia.

Pour anticiper ces risques majeurs, le Maroc s’appuie sur une ingénierie décisionnelle de pointe. L’Agence Nationale des Eaux et Forêts procède quotidiennement à l’analyse rigoureuse des données météorologiques, mesurant la température, l’humidité de l’air et la vitesse des vents. En croisant ces éléments avec des images satellites et des modèles scientifiques prédictifs, les services spécialisés émettent des bulletins d’alerte précoce identifiant avec précision les zones à haut risque. Cette cartographie dynamique permet de relever instantanément le niveau de vigilance et d’engager des mesures préventives sur le terrain avant même l’éclosion de la moindre étincelle.

Sur le plan opérationnel, la réponse marocaine repose sur une synergie exemplaire entre les moyens terrestres et aériens. Le dispositif de surveillance s’appuie sur un maillage territorial serré comprenant plus de 2.800 guetteurs et agents forestiers répartis dans toutes les régions du Royaume, prêts à donner l’alerte au moindre départ de fumée. Dans les airs, la frappe tactique est assurée par une flotte spécialisée comprenant des bombardiers d’eau Canadair d’une capacité de 6 tonnes chacun, complétés par des appareils de type Turbo Thrush pouvant transporter entre 1,5 et 3 tonnes d’eau, souligne Al Ahdath Al Maghribia.

Au sol, la mobilisation est tout aussi impressionnante. Les véhicules de première intervention de l’Agence Nationale des Eaux et Forêts opèrent au coude-à-coude avec les camions-citernes et les équipements de la Protection Civile, soutenus par des unités spécialisées des Forces Armées Royales, de la Gendarmerie Royale, des Forces Auxiliaires et des autorités locales. Tous ces acteurs interviennent sous un commandement unifié. Cette coordination instantanée garantit une orientation optimale des moyens matériels et humains en fonction de l’évolution des vents et de la topographie du terrain, le facteur temps demeurant essentiel au déploiement de toute la stratégie.

Grâce à cette organisation rigoureuse, le Maroc affiche aujourd’hui des taux de surfaces brûlées parmi les plus bas de la région méditerranéenne, alors même que l’ensemble du bassin fait face aux mêmes défis climatiques sévères. Cependant, la vigilance reste de mise, car la préservation des forêts constitue une responsabilité collective. Plus de 90% des départs de feu restant imputables à des comportements humains imprudents ou négligents, le directeur général de l’Agence nationale des eaux et forêts relance un appel solennel au civisme et à la prudence de chaque citoyen, les invitant à adopter une conduite responsable et à signaler sans délai toute anomalie afin de protéger ce patrimoine naturel inestimable.

Par La Rédaction
Le 30/07/2026 à 18h39