Elle est dirigée par Asma Lamrabet: l’Académie du Royaume lance la chaire «Femmes, Droits et Société»

Lors de la cérémonie de lancement de la chaire «Femmes, Droits et Société» (FDS), ce mardi 29 septembre 2026, à l’Académie du Royaume du Maroc.

Code de la famille, égalité, violences faites aux femmes, disparités économiques ou encore représentation politique... Autant de dossiers qui continuent d’animer le débat public au Maroc. Pour placer ces enjeux cruciaux au cœur de la réflexion, l’Académie du Royaume du Maroc a lancé, ce mardi 29 septembre, la nouvelle chaire «Femmes, Droits et Société», placée sous la direction du Dre Asma Lamrabet.

Le 29/09/2026 à 14h04

L’Académie du Royaume du Maroc a lancé, ce mardi 29 septembre 2026, la chaire «Femmes, Droits et Société» (FDS), dirigée par la Dre Asma Lamrabet, membre permanente de l’Académie. Son lancement intervient à un moment particulier, alors que le Maroc se prépare à une nouvelle réforme du Code de la famille.

Lors de la séance inaugurale, Asma Lamrabet a d’abord rappelé les principales étapes du processus de réforme engagé au Maroc en matière de droits des femmes et de la famille. Elle a cité la réforme du Code de la famille de 2004, celle du Code de la nationalité en 2007, ainsi que la Constitution de 2011, qui consacre le principe d’égalité.

Elle a également souligné l’évolution de la place des femmes dans le champ religieux, avec notamment l’arrivée des mourchidates, l’accès des femmes à la profession d’adoul et l’émergence de théologiennes. Autant d’évolutions qu’elle considère comme une révolution sociale, juridique et culturelle, après plusieurs décennies de mobilisation des femmes marocaines, notamment entre les années 1970 et 1990.

Pour la titulaire de la nouvelle chaire, le Maroc se trouve aujourd’hui à un tournant historique, avec la prochaine réforme du Code de la famille. Cette nouvelle étape doit, selon elle, permettre de consolider les acquis tout en répondant aux difficultés qui persistent.

Si des progrès indéniables ont été accomplis, certains chantiers restent à parachever pour traduire pleinement l’esprit de la Constitution et du Code de la famille dans les réalités sociales. Il s’agit notamment de compléter l’arsenal juridique, de lutter contre les stéréotypes, de réduire les disparités économiques, de prévenir les violences et de renforcer la représentation politique des femmes.

Car, au-delà des textes, l’enjeu est désormais de faire entrer davantage les principes d’égalité dans la réalité quotidienne. Asma Lamrabet plaide ainsi pour transformer l’élan constitutionnel en une véritable culture de l’égalité, en favorisant le dialogue entre les différents référentiels.

C’est précisément sur ce terrain que la chaire FDS entend intervenir. Pensée comme un espace académique pluridisciplinaire, elle mobilisera notamment les sciences humaines, juridiques, sociales et théologiques. Son approche se veut ancrée dans le contexte marocain, tout en restant ouverte aux expériences et aux débats internationaux.

La chaire s’intéressera notamment aux transformations que connaît aujourd’hui la famille marocaine, avec l’objectif de produire des travaux en prise avec les réalités sociales du pays. Elle entend également dépasser l’opposition souvent présentée entre les droits humains universels et le référentiel culturel et religieux.

Pour Asma Lamrabet, ce dialogue doit permettre de faire émerger une éthique commune fondée sur la justice et l’égalité. Elle défend, dans ce cadre, une lecture éthique, humaniste et éclairée de l’héritage culturel et religieux.

En clôture de son intervention, la titulaire de la chaire a repris les propos du roi Mohammed VI dans son discours du Trône de 2022: «Quand les femmes accèdent pleinement à leurs droits, elles ne portent aucun préjudice aux hommes... La condition sine qua non pour que le Maroc continue de progresser est qu’elles occupent la place qui leur échoit.»

Avec cette nouvelle chaire, l’Académie du Royaume entend ainsi faire de la question des femmes, des droits et de la famille un objet durable de recherche et de débat, avec pour ambition de contribuer à un développement sociétal «juste, durable et harmonieux» pour tous.

Par La Rédaction
Le 29/09/2026 à 14h04