Cheptel: après la fête, un nouveau programme de reconstitution est lancé

Des moutons.

Revue de presseÀ la suite des dysfonctionnements constatés lors de l’Aïd al-Adha, une série de mesures d’urgence se dessine pour préserver le cheptel ovin national. Le gouvernement est désormais appelé à réviser sa stratégie globale afin de pallier les insuffisances structurelles de l’offre et de stabiliser les prix face à la demande. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Assabah.

Le 29/05/2026 à 20h35

Bien que les statistiques officielles aient initialement confirmé l’autosuffisance du Maroc avec un cheptel disponible de 6 millions de têtes d’ovins pour un besoin estimé à 5,5 millions pour la fête de l’Aïd, plusieurs variables socio-économiques ont profondément altéré l’offre réelle sur le marché.

La baisse de la disponibilité des béliers s’explique principalement par la hausse continue des prix de la viande rouge, indique le quotidien Assabah dans son édition du week-end du 30 et 31 mai. Cette augmentation a incité de nombreux éleveurs à orienter prématurément leurs bêtes vers les abattoirs, une décision accentuée par le coût élevé des aliments pour bétail et par la propagation de rumeurs concernant une éventuelle annulation des célébrations pour la deuxième année consécutive.

De plus, les subventions accordées pour la préservation des femelles, y compris les brebis âgées, ont encouragé les éleveurs à les conserver au détriment des béliers traditionnellement réservés au sacrifice. Les données de recensement n’ont pas non plus pris en compte des critères physiologiques cruciaux: de nombreuses têtes recensées étaient inaptes au rituel en raison de leur âge (trop jeunes ou trop âgées) ou de défauts physiques, tandis qu’une part significative du cheptel avait déjà été consommée lors d’événements familiaux et de festivités locales.

Le secteur subit également les conséquences d’une transformation profonde du modèle de production en milieu rural. L’activité s’est concentrée entre les mains de grands producteurs qui privilégient l’engraissement intensif en enclos à base d’aliments industriels, délaissant ainsi le système de pâturage traditionnel à faible coût, lit-on dans Assabah.

Cette mutation a engendré une hausse directe des coûts de production et a favorisé une forme de spéculation et de contrôle des prix par ces grands opérateurs. Par ailleurs, l’analyse de la chaîne de distribution démontre que les intermédiaires jouent un rôle régulateur déterminant entre les régions, puisqu’ils disposent des capacités financières et logistiques nécessaires pour acheminer le bétail vers les zones de forte demande, comblant ainsi un déficit structurel dont souffrent les petits éleveurs.

Face à ce constat, les autorités publiques sont sollicitées pour réorienter leur feuille de route à travers trois leviers principaux. Le premier est le soutien à l’importation, visant à encourager l’introduction de brebis primipares tout en encadrant leur rétention afin de régénérer le cheptel national et d’intégrer de nouvelles souches génétiques, écrit Assabah.

La modernisation de la reproduction est le deuxième axe. Le préalable est de promouvoir l’insémination artificielle pour développer des races à forte productivité bouchère, permettant d’approvisionner la filière viande et de sanctuariser les béliers destinés à l’Aïd, en particulier la race «Sardi», hautement prisée par les consommateurs. Le troisième est la diversification et la résilience qui passent par la valorisation de l’élevage de races rustiques à faible coût de production, reconnues pour leur forte fertilité et leur capacité d’adaptation aux changements climatiques, telles que les races «D’man» et «Timahdite», dont le prix final demeure accessible au pouvoir d’achat des citoyens.

Par La Rédaction
Le 29/05/2026 à 20h35