Depuis plusieurs semaines, les professionnels et commerçants d’Al Ahbass et du quartier de Mers Sultan, à Casablanca, multiplient les actions de protestation. La fermeture de leurs magasins traduit une colère grandissante face à la récession économique et aux pertes financières accumulées, imputées au retard pris dans la réalisation du pont reliant la zone d’Al Ahbass à Mers Sultan. «Ce mouvement s’accompagne de demandes pressantes d’intervention des autorités pour sauver l’activité commerciale», rapporte Al Akhbar dans son édition du jeudi 15 octobre.
Les professionnels estiment que la situation a atteint une impasse. Ils déplorent l’absence de réactivité et de communication sur le terrain, tant de la part des élus que des autorités, pour accélérer les travaux du pont. Ce retard porte préjudice à ce marché historique, considéré comme un monument économique et culturel emblématique de la ville.
Les commerçants soulignent que la persistance de cette paralysie du développement révèle des dysfonctionnements manifestes dans le suivi des chantiers ouverts à Casablanca. Les projets de réhabilitation et d’aménagement, censés produire des effets positifs sur la structure économique locale, se sont transformés en obstacles sur le terrain qui asphyxient les activités professionnelles et portent atteinte aux intérêts des travailleurs comme des professionnels.
Les mêmes intervenants indiquent que de nombreux commerçants ne parviennent plus à s’acquitter de leurs loyers ni à payer les services essentiels, ce qui rend difficile la poursuite de leur activité dans ces conditions au cours des prochaines semaines, en l’absence d’une intervention urgente des autorités. «Celles-ci devraient imposer le respect des délais de réalisation des projets, indemniser les personnes affectées et alléger le fardeau financier accumulé en raison du retard pris dans la réalisation du pont», écrit Al Akhbar.
Les professionnels soulignent que la prolongation de ce chantier a paralysé la circulation, entravé les déplacements des visiteurs à l’intérieur du marché et totalement bloqué l’activité commerciale. Elle expose, en outre, des centaines de commerçants et de professionnels à des pertes matérielles considérables et à une accumulation de dettes qui les poussent vers la faillite.
C’est pourquoi ils lancent un appel à la wilaya de la région et aux assemblées élues afin qu’elles interviennent dans les plus brefs délais pour obliger les entreprises à accélérer le rythme des travaux et pour adopter des mesures de soutien et d’accompagnement en faveur des commerçants lésés.




