La Banque africaine de développement réaffirme son engagement en faveur du développement socio-économique du Maroc en lui accordant deux nouveaux financements d’un montant global de 405 millions d’euros, soit un peu plus de 4,4 milliards de dirhams. Ces engagements financiers majeurs ciblent deux axes névralgiques de la modernisation du Royaume, à savoir la consolidation des infrastructures de transport ferroviaire et la transformation en profondeur de l’appareil de formation professionnelle. «Grâce à cet appui massif, l’institution financière multilatérale accompagne le pays dans la concrétisation de ses grands chantiers stratégiques, qui visent simultanément une meilleure intégration territoriale et un renforcement durable du capital humain», rapporte le quotidien L’Economiste dans son édition du jeudi 15 octobre.
Le premier volet de cet accord prévoit l’affectation de 205 millions d’euros, soit près de 2,24 milliards de dirhams, au Projet d’appui au développement des infrastructures ferroviaires. Cette initiative ambitionne d’accroître significativement la capacité et l’efficacité opérationnelle de l’axe structurant reliant Kénitra à Marrakech, en passant par le nœud stratégique de Casablanca. En fluidifiant la circulation des trains et en réduisant les temps de trajet, ce programme vise à optimiser la mobilité interurbaine et métropolitaine. Au-delà du gain de confort pour les usagers, cette modernisation ferroviaire promet de stimuler la compétitivité logistique des territoires traversés tout en favorisant une transition écologique vers des modes de déplacement plus durables.
Sur le plan technique, les ressources mobilisées pour le secteur ferroviaire permettront la fourniture d’équipements de pointe destinés au plan de développement de l’Office national des chemins de fer. Il s’agit notamment de renouveler et de renforcer les voies au moyen de rails neufs sur la ligne Kénitra-Marrakech et au sein du hub casablancais, garantissant ainsi une meilleure fiabilité des installations. Les investissements portent également sur l’acquisition d’appareils de voie pour les lignes conventionnelles et la ligne à grande vitesse, ainsi que de dispositifs de dilatation pour les ouvrages d’art. L’ensemble de ces aménagements contribuera directement à l’absorption de flux de trafic croissants sur le corridor Tanger-Casablanca-Marrakech.
Le second accord consacre 200 millions d’euros, soit environ 2,18 milliards de dirhams, au financement de l’ambitieux programme Cap-compétences 2030, supervisé par le ministère de l’Emploi. Ce projet d’envergure aspire à refondre l’offre de formation professionnelle pour la rendre plus performante, diversifiée et adaptée aux exigences du marché du travail. Parmi les mesures phares figure la généralisation du programme Tadaroj, destiné à ouvrir l’apprentissage à 260 000 jeunes, dont la moitié sont des femmes, tout en intégrant activement les jeunes ne travaillant pas et ne suivant ni études ni formation. «Parallèlement, des partenariats public-privé seront consolidés pour soutenir des instituts sectoriels clés et orienter la main-d’œuvre vers des domaines porteurs tels que le digital, le tourisme, le bâtiment ou l’aéronautique», souligne L’Economiste.
La dimension technologique occupe une place centrale dans cette réforme des compétences, qui prévoit l’émergence d’un écosystème national de formation à distance. Le déploiement d’une plateforme hybride via l’Institut national de formation des formateurs et des tuteurs permettra de professionnaliser et de certifier les encadrants à grande échelle. Cette structuration d’un socle digital commun vise à harmoniser la qualité des enseignements et à élargir massivement l’accès à des parcours de formation modernes pour tous les acteurs publics et privés. En modernisant ainsi les outils pédagogiques, le pays entend combler rapidement les déficits de qualifications tout en préparant sa jeunesse aux métiers d’avenir.
Le volet du programme consacré à l’inclusion prévoit d’élargir le dispositif Taehil aux non-diplômés afin d’en faire bénéficier 60 000 jeunes chercheurs d’emploi, en s’appuyant sur des formations contractualisées et qualifiantes ajustées aux besoins immédiats des entreprises. Cet effort s’accompagne d’une mutation numérique profonde de l’Agence nationale de promotion de l’emploi et des compétences, appelée à devenir une structure hautement digitalisée. La création d’une agence virtuelle et d’applications mobiles sur mesure offrira un accompagnement personnalisé et interactif aux usagers. Grâce à cette vision intégrée alliant mobilité ferroviaire et valorisation des compétences, le partenariat entre le Maroc et la Banque africaine de développement pose les jalons d’une croissance inclusive et compétitive.




