Casablanca: laissée à l’abandon, la place L’baladia devient un point noir

La place L’baladia à Derb Sultan envahie par les déchets. (S.Bouchrit/Le360)

Le 19/09/2026 à 11h25

VidéoPrès de deux ans après le relogement des commerçants du souk L’baladia à Casablanca, la place Sidi Mohammed Ben Abdellah reste toujours inachevée. Alors qu’un jardin et un espace de loisirs devaient y être aménagés, le site demeure vide, occupé de manière anarchique par des voitures, des charrettes et des déchets, avec des nuisances qui préoccupent riverains et commerçants.

Près de deux ans après le relogement des commerçants du souk L’baladia, à Casablanca, la place Sidi Mohammed Ben Abdellah, qui occupait l’emplacement de l’ancien marché, reste toujours en l’état. Il avait pourtant été décidé de la transformer en place publique verdoyante avec un espace de loisirs destiné aux habitants du quartier Derb Sultan.

Depuis, le projet est au point mort et le site a été laissé vide, ce qui l’expose à une occupation anarchique par des voitures et des charrettes de déchets. Il sert aussi de refuge à des sans-abri. Cette situation nuit à l’aspect du nouveau marché qui lui fait face et s’accompagne d’odeurs nauséabondes et d’une prolifération d’insectes.

Abdelfattah Zaki, acteur associatif, indique, dans une déclaration pour Le360, que «les habitants du quartier souffrent du grand retard pris par le second volet du projet de la place Sidi Mohammed Ben Abdellah. Après la restructuration de la place pour accueillir le marché des bouchers et des grilladeries, le jardin et le parc n’ont pas été aménagés, comme cela était prévu».

Il rappelle que le wali de Casablanca avait proposé, lors de sa récente visite consacrée à la remise des clés aux commerçants, la construction d’un parking souterrain. «À ce jour, le projet n’a pas démarré», relève-t-il.

«La situation est aujourd’hui catastrophique: il n’y a ni jardin ni parking. Le lieu est devenu une source d’inquiétude pour les habitants et pour les visiteurs du marché, en raison des odeurs nauséabondes, de l’accumulation d’ordures et de l’arrivée de sans-abri la nuit», affirme l’acteur associatif.

Il évoque un incident survenu récemment quand un sans-abri a mis le feu à des déchets et à des affaires entassés sur place. «Sans l’intervention rapide des autorités locales et de la protection civile, un drame humain majeur aurait eu lieu», soutient-il.

En guise de solution, Abdelfattah Zaki a lancé un appel urgent aux responsables concernés, en particulier au conseil de la région Casablanca-Settat, afin qu’ils interviennent et trouvent des solutions tranchées sur le devenir de cet espace.

Il souligne que Derb L’baladia est un quartier commerçant dynamique, où les citoyens viennent régulièrement acheter de la viande et des produits de consommation.

Ce qui impose, selon lui, de veiller à son aspect, de respecter les conditions sanitaires et les règles de propreté qu’exigent les activités commerciales de la zone, et de mettre fin aux nuisances subies par les habitants.

De son côté, Abdelouahed Boukhit, président de l’association des bouchers de la place Sidi Mohammed Ben Abdellah, indique que «ce projet a été attendu pendant dix-huit ans» et qu’il a suscité une grande joie chez les professionnels lorsqu’il a enfin vu le jour. Toutefois, l’achèvement des autres parties du projet, de l’autre côté de la place, reste en suspens. Un parking devait être réalisé, mais l’exiguïté de l’espace l’a rendu impossible. Il a été décidé par la suite de se limiter à un jardin, dont les travaux devraient reprendre prochainement.

Selon lui, la difficulté ne tient pas seulement au retard du projet. Elle tient aussi au comportement quotidien de citoyens qui ne contribuent pas à l’entretien du lieu. Il appelle chacun à faire preuve de responsabilité et d’esprit d’initiative pour nettoyer son environnement, plutôt que de compter en permanence sur l’intervention des autorités et des administrations pour tout réparer.

Par Hafida Ouajmane et Said Bouchrit
Le 19/09/2026 à 11h25